Les identités numériques

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Le filtre humain

Je suis en train de réfléchir à un papier suite à un appel à communiquer, mais qui concerne l’intelligence collective (Chapitre français de l’ISKO, organisé par l’ENSSIB de Lyon). Or il n’y est que très peu question de l’individu :

Nous pouvons aussi nous interroger sur le rôle donné à l’usager au sein de ces nouveaux dispositifs informationnels.

Ainsi, je me demandais comment insérer les problématiques de l’identité numérique dans le thème de l’intelligence collective.

j’ai trouvé un début de piste chez David Armano (sur son site Logic+Emotion) : Comment Twitter et les réseaux sociaux filtrent le bruit pour produire du signal. Il nomme ce filtre l’Human feed et l’illustre ainsi :

Human algorithm

Human algorithm

Je synthétise son développement :

  • Nous avons depuis longtemps dépassé notre capacité à gérer et retenir l’information.
  • C’est pourquoi nous nous équipons d’outils (comme Google ou delicious).
  • Mais aujourd’hui les composants humains de Twitter (les followers) sont plus susceptibles de me fournir des infos pertinentes que les moteurs traditionnels.
  • Et si j’enrichis le flux humain avec mes réponses, il m’enrichit en retour à mes questions.

The human feed—human beings will become even more essential in helping us all filter signal from noise so we can make the most of the medium. It will be messy, organic and serendipitous in some ways, combining conversation with content. But context will be key.

As we dive into streams, that’s where our attention will be. If our trusted peers are swimming in those streams as well, we will look to them to help us stay afloat.

Si je souligne les trusted peers (pairs de confiance), c’est bien pour indiquer que l’intelligence collective qui se co-construit ici ne peut reposer que sur la confiance, et la réputation de ses agents.

2 commentaires pour Le filtre humain

  1. Yann Leroux dit :

    C’est drôle cette histoire de signal / bruit : déjà, sur Usenet, c’était l’occasion de débats.

    Ce qui est perçu comme « bruit » c’est ce qui ne peut être utilisé pour le travail que l’on pense devoir effectuer : suivre une conversation ou obtenir des éléments d’information, par exemple. Je voudrais faire plusieurs remarques
    * La première est que ce qui est bruit pour l’un est signal pour l’autre. Normalement, le cyberespace est assez grand pour que chacun puisse trouver sa nourriture
    * Il arrive parfois que le cyberesapce ne soit pas assez grand : ce sont les situation bien connues de flames wars, ou le groupe est saturé par l’agressivité ou la violence. Tout autre signal a disparu, ainsi que les occasion de travail psychique
    * Ensuite, toute activité de communication est productrice de bruit. De ce point de vue, le shéma me semble bien idéalisé : les activités humaines sont sources d’entropie, autant, sinon plus, que les machines. Nous sommes tous dans la situation des protistes décrits par Freud dans Au dela du Principe de Plaisir (1921) : par nos activités, nous produisons de nouveaux signaux qui accroissent davantage la charge de travail que nous avons a faire. Il n’y a qu’a voir la somme d’applications qui se développent autour de twitter : chacune d’entre elle est là pour nous assister, chacune d’entre elles provoquent de nouvelles traces – inscriptions, notifications mails – et de nouvelles informations qu’il nous faut traiter !

    Comme les protistes, nous baignons dans nos propres déchets. Et comme les protistes, nous avons trois solutions
    1. psychiser ces déchets. C’est ce qui nous arrive lorsque nous nous sentons dépassés par nos environnement numériques. C’est ce que j’ai décrit sous le nom du syndrome de la tunique de nessus
    2. changer l’eau dans laquelle nous baignons. Mais qui renonce durablement a l’immersion dans le cyberespace ?
    3. nous différencier : ce qui est toxique pour les uns deviens bénéfique pour les autres. Mais contrairement aux protistes, nous pouvons nous faire aider/assister par un environnement non-humain, logiciel. C’est ce que les applications que nous utilisons tentent de faire en ordonnant l’information.

    Vieille histoire.

    Il faudrait de que rédige qlq chose pour cet AAP !

  2. Julien PIERRE dit :

    Le bruit, ou l’entropie, sont contraire à la logique de résultat : tout doit être rentable, ou valorisable. Les termes proviennent du schéma canonique, conçu par des ingénieurs (Shannon et Weaver). Le bruit devient une espèce de nouveau Mal absolu. Et donc, si on quitte cette logique, le bruit n’est pas forcément négatif. Comme vous dites : chacun peut trouver son bonheur dans le bruit. Voire s’y repaître à loisir (troll, loi de Godwin, protistes).
    Ainsi sur les solutions proposées, je réenclenche avec l’identité numérique : traces, empreintes numériques et droit à l’oubli ; si l’on ne veut pas avoir d’identité numérique, se tenir éloigner d’un clavier suffit-il ? ; se distinguer par l’identité numérique avec les services qui prolifèrent.
    (faut que je file, je pousuivrais la réflexion plus tard…)

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