C’est arrivé près de chez vous : Google Latitude

Dernier né des pro­jets : Google Latitude.

Il s’agit d’une appli­ca­tion pour télé­phone mobile qui per­met de géo­lo­ca­li­ser vos contacts ( de Maps + Mail + mobiles der­nière géné­ra­tion). Vous savez où se trouvent vos contacts (et inver­se­ment, ils savent où vous êtes). Vous pou­vez même asso­cié un contenu (billet, photo) à votre posi­tion, et consul­tez les publi­ca­tions géo­lo­ca­li­sées de vos contacts. Un réseau social ancré dans l’espace local. (chose qui existe déjà).

Le roi du

Sur , la nou­velle est diver­se­ment appré­ciée : enthou­siasme du geek ; au niveau on entre­voit les pos­si­bi­li­tés d’exten­sion de l’application vers des niches, ou inquié­tude sur la confi­den­tia­lité des don­nées.

Car évidem­ment, une telle appli­ca­tion, au-​delà d’une adop­tion peut-​être limi­tée par la tech­no­lo­gie requise (smart­phones GPS) pose des ques­tions sur la confi­den­tia­lité des données.

Tout le monde peut savoir où vous êtes, vous pou­vez savoir où sont les autres : on ima­gine les qui­pro­quos au sein des couples, dans une , entre parents et enfants, au niveau de la (ce posi­tion­ne­ment a-​t-​il valeur de preuve ?). Encore un outil de géné­ra­li­sée (lit­tle sis­ters). Quel dif­fé­rence alors entre Latitude et un dis­po­si­tif de vidéo­sur­veillance (contrôlé par un pou­voir public, local ou natio­nal) ? Le pre­mier indique où je suis (ma pré­sence), le second ce que je fais (mes actions).

, l’ogre 2.0

Finalement, ce qui gêné dans cette démarche, c’est que (le nou­veau Microsoft) a accès à de nou­velles don­nées concer­nant les inter­nautes : en pre­mier lieu notre numéro de télé­phone. Associé à toutes les autres don­nées, le ris­qué est de voir débar­quer sur notre mobile une publi­cité ciblée, non plus contex­tuelle mais géo­lo­ca­li­sée. Ça peut être utile comme par­ti­cu­liè­re­ment intru­sif : un dès que je passé devant une bou­tique, une petite annonce dès que je croise un dans la rue.

The price of total per­so­na­li­sa­tion is total

Seth Finkelstein, Do you have any idea who last loo­ked at your data? the Guardian, le 15/​11/​2007

Pour vivre heu­reux, faut-​il resté caché ? Connecté ?

En fait le châ­teau s’effondre dès qu’on prend connais­sance de cer­taines fonc­tion­na­li­tés appor­tées par . Conscient des limites morales que pose cette tech­no­lo­gie, a prévu des modes pour se cacher : soit je peux né pas appa­raitre (invi­si­bi­lité) ; soit je peux indi­quer que je me trouve à un autre endroit que celui où je suis réel­le­ment (ubi­quité). Quel est l’intérêt alors ? On ima­gine là aussi les jeux de cache-​cache : voir sans être vu, jouer au chat et à la sou­ris, etc..

Quelle cer­ti­tude aurons-​nous de l’existence des autres si l’on sait qu’ils peuvent faus­ser leur posi­tion ? Comment construire un réseau social et local si en fait les membres peuvent s’extraire du local, peuvent don­ner l’apparence d’une pré­sence ? Est-​ce qu’on est là sur la défi­ni­tion, l’ entre réel et virtuel ?

Quo vadis ?

Bön, la ques­tion vaut pour n’importe quelle pré­sence dans un réseau social numé­rique (à dis­tance, à tra­vers un arte­fact) : qui se cache der­rière le pseudo et l’ ? De même que je peux me cacher dans l’espace GPS, je peux me cacher der­rière une iden­tité numé­rique. Or né risqué-​t-​on pas la dis­so­lu­tion de l’identité en l’étiolant sur la Toile ?

Souvent la réponse à cette ques­tion est qu’il est néces­saire de construire une iden­tité numé­rique conforme à l’, que les 2 né doivent pas être oppo­sées mais en adé­qua­tion, en har­mo­nie. Que si l’on veut res­ter caché (et heu­reux), c’est qu’on a des choses à cacher. J’ai l’impression (et c’est un avis très per­son­nel) qu’à tra­vers tous ces dis­po­si­tifs on nous force à une espèce de morale : « « 

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One Response to “C’est arrivé près de chez vous : Google Latitude”

  1. 1
    (réflexions)> Entre strip-tease et coming out, le dévoilement ne conduit qu’au spam ? + les identités numériques Says:

    […] l’argument de trans­pa­rence qui assi­mile celui qui se cache à celui qui a quelque chose à cacher (”don’t be evil“) ; […]

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