Les identités numériques

carnet de recherche vie privée données personnelles identité numérique dispositif identitaire sciences de l'information et de la communication facebook google réseaux socionumériques

Barcamp eReputation : le retour !

Message rédigé dans le train de retour.
J’ai participé hier au barcamp eReputation, qui se déroulait à la Cantine sous les bons offices de Nicolas Bermond, Christophe Ducamp, Jean Mariotte et Emilie Ogez.

  • D’abord, je signale l’excellente organisation, le très bon état d’esprit et les excellents petits plats qui nous ont accompagné toute cette journée.
  • Ensuite, liste largement non exhaustive des participants.

Bref, ensemble, nous avons un peu refait le monde de demain, autour de la question de l’avenir de l’identité dans une société numérique. Dingue comme ça ressemble à mon sujet de thèse !
Une petite synthèse ici des grands axes abordés, et maintenant celle des ateliers auxquels j’ai participé :

  1. éthique des acteurs du numérique
  2. nouvel apprentissage
  3. nouveaux comportements
  4. open currency

Éthique des acteurs du numérique

Face au Google Masterplan, à son crédo « Don’t be evil » ; face à l’incurie des contrôleurs financiers mondiaux ; face au lobbyisme que dénoncent les BigBrothers Awards, qui avaient lieu le soir même, il est nécessaire que les entreprises adoptent une éthique.
La question a notamment été soulevée autour de la certification numérique et des tiers de confiance. Pour savoir avec qui je discute sur Internet (Fadhila en sait quelque chose), l’identité de l’internaute a besoin d’être certifiée. Par un tiers : l’État, les banques (qui disposent de cette certitude car elles connaissent de visu leurs clients) ou une entreprise comme MyID.is. Or, le problème est de savoir si l’on peut avoir confiance en ce tiers.
Le proverbe « Qui gardera les gardiens ? » s’applique tout autant à la finance mondiale qu’à ces tiers de confiance.

Nouvel apprentissage

Les Geemiks sont partis d’un constat qui démystifie la génération Y. Elle n’est pas si connectée que cela, ou au mieux elle n’a qu’un usage très ludique des applications web typée 2.0 (Youtube, Facebook). Ce que je confirme au vu du comportement de mes propres étudiants. Il est donc nécessaire de faire mûrir les usagers de ces outils, notamment dans une approche professionnalisante.
On retrouve l’idée des nouveaux formats de CV, ou ePortfolio (portefeuille de compétences). Mais aussi la nécessité de faire comprendre d’abord aux candidats le potentiel attractif de leur parcours et leurs expériences, quel qu’elles soient, sans à priori de ce que les recruteurs pourraient attendre, et donc l’effacement d’une forme d’autocensure au profit d’une correspondance entre leur personnalité (avec toutes ses composantes) et leur profil affiché. Les Geemiks revendiquent le droit à l’erreur (sortie de boîte un peu bourré), les profils non lissés (rien de plus inquiétant qu’un individu qui n’aurait rien à cacher), tout autant que la revendication de passions désuètes (le Feng-shui, les fraises Tagada). Il faut tendre vers une porosité entre le personnel et le professionnel. A compétences égales, ce sont ces détails qui feront la différence. Comme je l’explique souvent à mes étudiants, c’est la capacité à parler d’autre chose que boulot autour de la machine à boulot qui motivera votre recrutement ! Même salarié, vous restez des êtres humains. Il faut veiller par contre à ne pas afficher un comportement exclusif (le fêtard, l’engagement politique) à moins de l’assumer et ne pas s’en plaindre (si l’on affiche un engagement politique, il faut accepter l’idée qu’il soit discriminant).
Ensuite, cet accompagnement doit aussi être mené auprès des managers et recruteurs, qui doivent accepter les erreurs de jeunesse, la spécificité des profils, et l’exploit(ation) qu’on peut réaliser avec.

Nouveaux comportements

Qu’il s’agisse d’éthique professionnelle ou de congruence dans l’identité numérique, le web et les technologies électro-numériques induisent des nouveaux comportements, ou en catalysent d’autres déjà ancrés socialement :

  • profilage du comportement à des fins commerciales par les traces de consommation (historique d’achat, géolocalisation) mais aussi par l’analyse sémantique (lecture des mails, historique des requêtes). Un individu est inscrit dans des bases de données dont le nombre moyen varie entre 600 et 800.
  • rapports parents/enfants : ou comment couper le cordon numérique ? plusieurs anecdotes sur les punitions ou chantage en mode 2.0 : changer le mot de passe du facebook des enfants pendant x semaines, menace de diffusion en ligne de photo compromettantes de l’adolescent (en train de faire pipi sur la plage à 3 ans).
  • hésitation/panique dès qu’apparait un APN : où cette photo va-t-elle se retrouver ?
  • Schizophrénie numérique : un individu gère plusieurs profils, parfois sur des plateformes identiques (« j’ai plusieurs profils Facebook, un trash, un soft »). Mais en cas de profil unique, celui-ci se lisse. La réputation est une forme de pression sociale, de violence symbolique, encore plus quand elle est couplée avec un dispositif de surveillance (mené par l’Etat, les entreprises ou les parents). Avec le risque d’une dérive vers la radicalisation de comportements extrèmes et offline.

Il est là aussi nécessaire d’évangéliser sur les enjeux sociopolitiques de l’identité numérique (rhoo, ça me rappelle quelque chose).

open currency

Dernier point que j’aimerai aborder. Même si je n’ai pas assisté au dernier atelier dédié à ce sujet, j’ai eu l’occasion d’en parler avec Marc et d’autres au cours du lunch qui a précédé le barcamp. Le sujet est si vaste, complexe, et prometteur que je me garde ça pour un autre jour !

7 commentaires pour Barcamp eReputation : le retour !

  1. thib39 dit :

    Merci Julien pour ce post. C’est dommage on aurait pu rentrer ensemble.
    au plaisir.
    Thibaut

  2. JJ dit :

    Salutations
    J’ai été ravi de rencontrer tout ce joli monde, pas seulement en tant que lauréat du concours youontheweb, mais aussi pour la convivialité du workshop « retour d’expérience » : modeste mais plein de perspectives.
    J’ai publié mon petit compte rendu moi aussi 😉

    Bonne veille

  3. Julien PIERRE dit :

    Merci les gars pour vos commentaires, en plus ça me fait des blogs en plus à lire, cool !
    J’espère à plus dans le prochain barcamp, et bon surf à vous !

  4. Merci pour ces infos !
    Je suis en phase de recherche en vue de la rédaction de mon mémoire de fin d’étude sur la e-réputation… Des idées de problématique à proposer ?

  5. Je suis en fin d’étude à l’ESCE (Ecole de Commerce) et apprenti chez Linkeo (Agence Web) où je fais majoritairement du référencement. Afin d’allier ces 2 éléments j’oriente mon mémoire vers les enjeux au niveau marketing pour une entreprise et moins vers le personnal branding, pouvant apparaitre comme une autre facette de l’e-réputation.
    Voici une idée de problématique mais qui ne me convient pas tout à fait dans sa formulation :
    Quels sont les enjeux de l’identité numérique dans la gestion de l’image de marque d’une entreprise ?

    Je reste ouvert à toutes propositions !

    • Julien PIERRE dit :

      Marketing des organisations – personal branding = dans quelles mesures les nouveaux usages du web (par exemple la conversation en temps réel : twitter, wave, buzz) modifie la tactique des entreprises dans la gestion de leur réputation en ligne ?

Laisser un commentaire