Les identités numériques

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Le geek est-il un animal social ?

donald is a busy duck
Creative Commons License photo credit : iammikeb

Sociogeek est un jeu en ligne développé conjointement par la FING/identitesactives, OrangeLabs et Fabernovel. Et c’est le buzz du moment !!!

Il s’agit de dévoiler son profil 2.01 à travers un sondage ? une expérience ? un jeu ? Un peu tout ça en même temps.

  • Et si ces photos étaient les vôtres ? 20 séries de 4 photos, de la plus neutre et pudique à la plus exubérante ou intime (on y voit un gars en train de vomir dans les WC) avec à chaque fois cette question : étant sur cette photo, la diffuseriez-vous sur Internet ?
  • Puis une sorte de loft virtuel avec 6 personnes masquées qui se proposent d’être mes ami(e)s. Ils se dévoilent petit à petit, et en fonction de ce qu’on découvre, on les élimine petit à petit.
  • Temps total annoncé = 20 minutes.
  • On peut préférer certaines photos (mais selon quel critères ? esthétique, parce que l’image a du sens ?) et en éliminer 5.
  • Comme tout sondage, certaines questions sont orientées (5 critères pour choisir un ami, quand 2 me suffisent – le choix photo apparaît en premier pour filtrer les candidats, combien vont cliquer dessus par facilité ?)

On retrouve la prépondérance de l’image (indicielle, discriminante), mais dans le même temps, les « amis communs » disparaissent (cf. le billet de Palpitt).

L’idée est de chercher à savoir en quoi le web 2.0 et les réseaux sociaux déplacent les limites de la pudeur et de l’intimité. Voilà pour l’expérience sociologique (que l’informatique récente rend d’ailleurs possible, cf. I&O(s) et la plasticité du questionnaire).
Les résultats, anonymes, seront synthétisés et envoyés par mail à tous les participants. De même, des conférences seront organisés autour de ces résultats.
Par contre, à la fin du jeu (puisque c’est aussi de ça qu’il s’agit), on obtient un web appeal : un mix situé entre exhib et discrétion pour les photos, et casanier et aventurier pour les relations. (Pas d’info sur l’algo).
Les pourcentages abondent en commentaires de billets présentant le jeu. Certains se reconnaissent dans les photos, d’autres sont déçus du faible chiffre obtenu, alors que d’autres encore exultent face à leur potentiel de star. Une commentatrice sur Facebook parle de mensurations 2.0. On est à la limite du privacy paradox.
On retrouve encore cette logique de score (voir les whuffies), cette course à la weblebrity. Est-ce un jeu finalement, ou une idéologie ? L’expérience scientifique est-elle valide quand elle se dissimule ainsi sous des atours sexy et ludiques ? N’est-ce pas dommage avec un tel potentiel ?

Idem, on associe exposition de soi et stratégie relationnelle. Y a-t-il donc un lien entre les 2 ? C’est la question qu’on se pose chez OrangeLabs.

Nouvelle impudeur ? La « réussite » dans les réseaux sociaux de l’Internet semble exiger l’exhibition de soi. Les pudiques, les discrets ou les timides n’ont guère de chance sur le web. Leurs blogs ou leurs pages sont mornes. Leur exposition fantomatique ne fait pas de vagues. Les signaux qu’ils propagent sont si subtils qu’ils se perdent dans le silence de la toile. En revanche, les hyper-visibles, ceux qui accumulent des contacts dans leurs réseaux, n’ont de cesse d’afficher leur différence et leur originalité afin d’accroitre leur chance d’être identifié par d’autres. Une étude statistique conduite sur les pages personnelles de Facebook montre que le nombre d’amis est étroitement corrélé au nombre d’informations que les utilisateurs ont renseigné sur leur fiche [Lampe, Cliff, Ellison, Nicole, and Steinfeld, Charles. (2007).  A Familiar Face(book): Profile Elements as Signals in an Online Social Network.]. Bref, l’exposition de soi est une technique relationnelle… qui semble « efficace ».

La réponse semble évidente, et navrante.

En ce qui me concerne, je suis copain avec:

  1. Tabatha, graphiste de 24 ans ;
  2. Ravachol, anarchiste de 52 ans cuisinier dans la Marine ;
  3. Adrien, dandy bisexuel et avocat de 30 ans ;

Normal, j’ai choisi d’abord

  • A propos de moi,
  • Ce que je cherche,
  • Ce que mes amis disent de moi,
  • Les groupes auxquels j’appartiens
  • Mes livres préférés.

J’ai un web appel de 66% (38% en expo, 75% en relations) et des commentaires limite insultants (et très aléatoires). Je suis discret (certes) et aventurier (alors là pas du tout) : vu mes réponses, et me connaissant, je pensais faire 100% en casanier ! Bref, ça ressemble quand un peu beaucoup au test à la con qu’on trouve dans Cosmo ou Biba. Divertissant…

via l’annonce sur identitesactives.net

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Notes

  1. et mon profil 1.0, c’est quoi ?

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