Les identités numériques

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MIEGE B., La pensée communicationnelle

Les Sciences de l’Information et de la Communication sont une discipline relativement récente au regard des autres sciences qui composent l’Université (et le CNRS). Il a donc été nécessaire, pour une génération de chercheurs, de fonder la légitimité des SIC en motivant ses emprunts, ses méthodes et ses champs de recherche.

C’est le sens de l’ouvrage La pensée communicationnelle, de Bernard Miège. On trouvera une lecture critique de cet ouvrage dans le n°71 de la revue Réseaux (FOURDIN, Monique).

Les théories de la communication, et par voie de conséquence la pensée communicationnelle elle-même, sont tout à la fois des constructions intellectuelles, des mythes ou des discours relevant de l’idéologie et des réponses aux questions « pratiques » que les hommes se posent dans des conditions sociales données. Affirmer que l’une de ces composantes est première (ou en tout cas antérieure aux autres) est une position difficilement défendable et reviendrait à séparer l’histoire des idées de celle des pratiques, alors qu ‘elles sont indissolublement liées.

C’est cette indissolubilité entre le concept et le pratique qui fonde l’interdisciplinarité des SIC, et qui fait de l’information-communication un objet de recherche à part entière. Ce point sera développer dans un billet consacré à la lecture d’Observer la communication, OLLIVIER, Bruno (CNRS Editions, 2000).

J’en retiens pour ma part :

  • un positionnement des SIC comme champ de recherche, comme interdiscipline, d’où la sollicitation de l’auteur pour une approche meso/macro, non-sectorielle, etsur le long terme ;
  • des ouvertures vers d’autres auteurs : De CERTEAU, Stuart HALL, Raymon WILLIAMS, Paul BEAUD, Louis QUERE, Edgar MORIN ;
  • dans l’optique du champ de recherche qui est le mien (identité, identité numérique, traitement des données personnelles, dispositifs de surveillance) :
    • modèle éditorial / modèle de flot + modèle diffusionniste de Everett ROGERS (critiqué par CALLON et LATOUR « modèle de traduction »; eux-mêmes critiqués par FLICHY). Voir aussi cette ressource sur les usages et les pratiques, et l’appropriation des innovations. Également, les travaux de Florence MIllerand sur Les Usages des NTIC.
    • « La médiation de l’objet technique n’est pas neutre et conduit à une technicisation de l’action qui se repère en effet dans l’accomplissement de toutes les activités ordinaires par le truchement des technologies digitales. La rationalité de la technique structure la pratique qui adopte en retour les valeurs de performativité de l’objet ».
      JOUET, Josiane. Réseaux n°60. 1993
    • Une convergence vers ce que j’appelle le paradigme de la numérisation : d’après Pierre LEVY, on assiste à « la prise du pouvoir du calcul sur le langage », ce qui rejoint le raccourci emprunté par certains lecteurs de Jack GOODY, qui voient aussi un changement de paradigme, avec le passage de l’écrit au calcul. Ce courant, in-vérifiable selon MIEGE, relève d’une nouvelle religion, « l’idéalité computationnelle » telle que l’a décrit Lucien SFEZ.

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