L’identité numérique appartient à ceux qui se lèvent tôt

Samedi 13/​06, à 06h10 heure fran­çaise : gros rush sur face​book​.com/​u​s​e​r​n​ame.

Le célèbre réseau social se lance dans la vanity URL, autre­ment dit vous pour­rez dis­po­ser d’une adresse web à votre nom, du genre face​book​.com/​j​u​l​i​e​n​p​i​e​rre, ce qui est tou­jours mieux que face​book​.com/​p​r​o​f​i​l​e​.​p​h​p​?​i​d​=​5​0​1​3​9​7​046.

Le navi­ga­teur comme un miroir : “dis-​moi que je suis le plus beau fameux”

On ima­gine tout ceux qui vont mettre leur réveil demain à 06 heures du mat” pour obte­nir leur nomi­na­tive : les VIP, les char­gés de comm” des VIP et entre­prises, les stars du net et de l’école, les Sun-​Tzu du per­so­nal bran­ding et autres accros égoma­niaques qui kif­fe­ront grave de voir leur nom en .

La pro­po­si­tion de étant sur le mode pre­mier arrivé, pre­mier servi, et vu fina­le­ment le peu de dif­fu­sion de cette nou­velle (un ban­deau à sup­pri­mer dans le ), il y a fort à parier que le nombre de “fakes” va gros­sir dans le but d’avoir son .com/​britney ou .com/​sarkozy !

La guerre des homo­nymes aura-​t-​elle lieu ?

On ima­gine donc sans peine tout le cybers­quat­ting que cela va engen­drer, même si et –déjà– des entre­prises se chargent d’authentifier la légi­ti­mité à dis­po­ser d’une telle URL. Chris Messina rap­pelle ce que Tim O’Reilly pré­di­sait pour l’ère du 2.0 et du cloud com­pu­ting : la néces­sité du “names­pace domi­nance”, pour les entre­prises autant que pour les individus.

Quoi qu’il en soit, en ce qui me concerne, vu le nombre d’homonymes auquel je suis confronté, je crains de devoir m’y col­ler de bonne heure (tout dépend de l’apéro de ce soir, en fait…)

Mais en fait, il faut se rap­pe­ler que nous n’avons aucune visi­bi­lité sur l’avenir écono­mique de , et nous conti­nuons cepen­dant à confier à cette pri­vée de amé­ri­cain la pos­si­bi­lité de dis­po­ser de notre nom patro­ny­mique ou comme d’un nom de marque. A ce pro­pos, où sont les CGU à pro­pos de ces “vanity ” ? Dans la FAQ, il est expli­qué que la confi­den­tia­lité de l »user­name” est la même que celle du ( set­tings), c’est tout…

Brian Oberkirch racon­tait à quel point il trouve ridi­cule aujourd’hui le fait de se pré­sen­ter par son nom d’utilisateur twit­ter.

— “Hi I’m @jack”

Mais il faut signa­ler que , par exemple, pro­pose depuis peu les Profiles, et l’ qui va avec (google​.com/​p​r​o​f​i​l​e​s​/​a​r​t​x​tra par exemple). La plu­part des réseaux sociaux ont cette fonc­tion­na­lité dans leurs bagages. Encore avant, il y avait eu la même vanité à né don­ner comme iden­tité que son adresse mail. Cette logique est constante dans le web.

Oberkirch pré­co­nise d’axer l’essentiel de son iden­tité numé­rique sur un (comme le conseille Eric Dupin pour nos enfants). Pourquoi ?

  • Pour éviter le cybersquatting.
  • Parce que c’est plus attrac­tif que n’importe quelle autre !
  • C’est SEO-​friendly !
  • Ça per­met une plus grande dans les rela­tions connec­tées (une fois déba­rassé des fakes)
  • Ça limite la frag­men­ta­tion de l’identité
  • Et enfin pour res­ter maitre d’identifiants qui à terme pour­raient deve­nir aussi uni­ver­sels que le nom de famille.

En Estonie par exemple, les citoyens dis­posent d’une carte d’identité élec­tro­nique asso­ciée à une : 1 par habi­tant ! Pourquoi né pas ima­gi­ner la même chose dans le reste de l’ et en France ?

Chris Messina note aussi que le nom patro­ny­mique tend à rem­pla­cer le pseu­do­nyme dans les logi­ciels sociaux (réseaux, médias, graphes).

Dans la liste pré­cé­dente, 2 argu­ments sont ambigus :

  1. la , et donc l’impossibilité de se cacher. Pour vivre heu­reux, peut-​on encore vivre caché ? Happiness only real when sha­red, dirait Christopher McCandless. Mais si l’on consi­dère les réseaux sociaux comme des dis­po­si­tifs de , cette devient dangereuse.
  2. l’unicité de l’identité, et donc l’obligation de tenir un seul rôle (cf. Goffman). Or si l’identité non connec­tée est plu­rielle (civile, fami­liale, ami­cale, pro­fes­sion­nelle, etc.) : l’identité connec­tée devrait l’être aussi (1 rôle = 1 ).

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