L’homme a-​t-​il encore une perspective ?

Sous la direc­tion de MESNARD Philippe. Communications, n°85. 2009. Editions du Seuil

MESNARD, Philippe. Y a-​t-​il encore une pers­pec­tive pour l’homme ?

La pers­pec­tive entre sémio­tique et politique.

D’un modèle de repré­sen­ta­tion de la réa­lité à une construc­tion idéo­lo­gique, la pers­pec­tive est un pro­jet tota­li­taire, tant au niveau poli­tique qu’au niveau sémio­tique (celui qui mai­trise le code mai­trise la réa­lité).

  • Caverne de Platon
  • Empire romain et trompe-l’œil,
  • Cour de Versailles, avec Louis XIV au coeur du dispositif
  • Cités idéales (Salines d’Arc-en-Senans)
  • Camps de concentration
  • Constructions archi­tec­tu­rales dans les méga­lo­poles, entre déme­sure et trans­pa­rence = laby­rinthe d’Escher

On rajou­tera évidem­ment les Murs.

Logique de ratio­na­li­sa­tion, des désirs et des espaces

  • Congruence de la logique de ren­ta­bi­lité et la logique de contrôle
  • Panoptique de Bentham : ceux qui sont pri­vés de pers­pec­tive (alié­na­tion et dépen­dance) et ceux qui peuvent tout voir (tota­li­ta­risme). « Le dis­po­si­tif est effrayant », dit le chercheur

On arrive donc à Foucault, p.16 :

« Cet espace clos, découpé, sur­veillé en tous ses points, où les indi­vi­dus sont insé­rés en une place fixe, où les moindres mou­ve­ments sont contrô­lés, où tous les événe­ments sont enre­gis­trés, où un tra­vail inin­ter­rompu d’écriture relie le centre et la pré­iphé­rie, où le pou­voir s’exerce sans par­tage, selon une figure hié­rar­chique conti­nue, où chaque indi­vidu est constam­ment repéré, exa­miné et dis­tri­bué entre les vivants, les malades et les morts — tout cela consti­tue un modèle com­pact du dis­po­si­tif disciplinaire ».

Cet espace est-​il la pri­son de Bentham… ou l’entreprise ? Ou la ville ?

« Je vou­lais sim­ple­ment des­si­ner un mou­ve­ment en sou­li­gnant que, si la moder­nité a per­mis l’émancipation de l’individu et le déve­lop­pe­ment de celui-​ci dans une pers­pec­tive huma­niste, au fur et à mesure que ce pro­jet se réa­li­sait, les dis­po­si­tifs de la moder­nité, subor­don­nés à des visées poli­tiques ségré­ga­tion­nistes et coer­ci­tives, pri­vaient cha­cun de son point de vue, men­ta­le­ment et phy­si­que­ment, ins­tru­men­ta­li­saient la sub­jec­ti­vité jusqu’à ten­ter de la réi­fier, l’assignaient à une fonc­tion plus qu’à une posi­tion d’existence. » p.17

  • « Marché du regard », Paul Virilio = catas­tro­phisme ou dénon­cia­tion tota­li­taire du totalitarisme ?
  • Les tech­no­lo­gies sont liber­ti­cides, certes = sens du bra­con­nage de Michel de Certeau (aujourd’hui, on par­le­rait de bidouillage ou hackability)

La pers­pec­tive comme détour

« Il faut apprendre à pen­ser – mais c’est aussi notre per­cep­tion qui est en cause – que la pers­pec­tive puisse être courbe, incur­vée, voire cir­cu­laire, rami­fiée, arbo­res­cente (tenant éven­tuel­le­ment du rhi­zome deleu­zien), et non seule­ment rectiligne.« p. 19

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3 Responses to “L’homme a-​t-​il encore une perspective ?”

  1. 1
    Guillaume Says:

    Bien le bon­jour ami doctorant !

    Je tombe sur ce blog par hasard, et il se trouve que je suis moi aussi étudiant à l’ICM, mais en Master1.
    Je pré­pare actuel­le­ment un mémoiré sur les réseaux sociaux…autant dire que je vais me pen­cher sur l’identité numé­rique et que ce blog m’intéresse.

    J’espère pou­voir échan­ger avec toi à l’occasion.

    A bien­tôt

    PS: Je suis aussi moni­teur à la BU…

  2. 2
    Julien PIERRE Says:

    Salut,
    avec quel prof” fais-​tu ton mémoiré ? Ca avance ?

  3. 3
    Guillaume Says:

    Avec Fabienne, comme toi.

    Ça avance oui, mais c’est le début donc je suis plu­tôt en phase de « débrous­saillage » du sujet. Je m’intéresse plus par­ti­cu­liè­re­ment à l’aspect social donc en ce moment je m’efforce à défi­nir les notions et les concepts qui vont être récur­rents dans le mémoiré (lien social, inter­ac­tion sociale, iden­tité numé­rique, rites, etc.)

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