Les identités numériques

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Yoan D + Marc L = les dangers de l’analyse

  • Quand A interroge l’identité numérique de B, il dévoile des informations sur B.
    • Il peut s’agir de données personnelles et confidentielles
    • Il peut s’agir de réputation, fondée ou non.
  • Quand A interroge l’identité de B, il construit aussi la réputation de A (tout récit implique son auteur).

Partons de ce raisonnement et appliquons-le à des affaires récentes :

Je vous laisse lire les 2 billets ; pour Marc L***, je renvoie aussi à cette liste d’articles.

YD

  • Tranquillosse parle de Yoan Demarq : « C’est un escroc ! » [je résume, c’est fait exprès].
  • Ruiz et Brahimi parlent de Yoan Demarq : il subit la réputation construite par Tranquillosse.
  • Les commentateurs parlent de Ruiz, Brahimi et Demarq : « C’est un escroc, il l’a bien mérité ! Qu’est-ce qu’on peut bien y faire… »
  • Les auteurs répondent aux commentateurs
  • Au final, on obtient une réputation pour Tranquillosse, Yoan Demarq, Ruiz et Brahimi, et l’ensemble des commentateurs sur le Facebook de JFRuiz ou sur le billet (où j’y suis allé aussi de mes commentaires 😉 ). Réputation aussi pour les (vrais faux) homonymes ou le site leboncoin.fr, à travers lequel l’arnaque a eu lieu.
  • Mais qui est Tranquillosse ? YD existe-t-il vraiment (voir ce lien pour un éclairage) ? Si la 1ère ligne s’effondre, comment les autres peuvent encore tenir debout ?

Marc L

  • Raphaël Meltz parle de Marc L : il dit TOUT sur lui (en anonymant quand même un p’tit peu)
  • Les journalistes de PresseOcean, lepost.fr, certains portails thématiques ou des grands médias traditionnels parlent de Raphaël Meltz et Marc L : ils redisent TOUT
  • Les commentateurs des articles précédents parlent de Raphaël Meltz, Marc L et des journalistes : « Il l’a bien mérité ! »
  • Au final on obtient tout un tas de réputations, et l’étalage en boucle de la vie de Marc L : est-il content qu’on parle autant de lui ? Combien de temps cela va-t-il durer ?
  • Mais Raphaël ou Marc existent-ils vraiment ou sont-ce des fakes ?

La présence dans le village (global)

Le travail sur l’identité numérique pose la question du rapport observateur-observé : si tout le monde est sur la Toile, comment conserver une distance avec le sujet observé ?

  • Un observé qui se cache derrière un pseudo ou alors qui se dévoile sans discernement.
  • Un observé qui dispose des mêmes outils de gestion de son identité numérique que l’observateur.
  • Un observateur qui peut devenir à son tour observé du moment qu’il diffuse son analyse. Sur la Toile ou ailleurs.

Est-ce qu’en relayant une identité ou une réputation numérique, on ne la surconstruit pas un peu aussi ?

  • Dans quelles mesures ce relais n’est-il pas un recel ? Anonymer les noms est-il suffisant ? Quelle précaution dans l’enquête faut-il prendre ? Voir les intervenants IRL ?
  • Dans le cas contraire, a-t-on légitimité juridique, morale et déontologique  à traiter de l’identité d’autrui ?
  • La réponse à la question précédente ne risque-t-elle pas de faire avorter tout travail sur l’identité numérique ? Suffit-il d’annoncer dès le départ le postulat, le parti pris, pour éliminer aussitôt les contradicteurs ?
  • Est-ce que, comme le dadaïsme de Raphaël Meltz ou comme le proposait Yann le Guennec à propos de Sociogeek, l’approche artistique est là seule valide car se débarrassant d’emblée des exigences (et des impasses) scientifiques ?

Encore une fois, comment interroger l’identité numérique ?

Un commentaire pour Yoan D + Marc L = les dangers de l’analyse

  1. yann dit :

    un article qui aborde l’identité sous l’angle de la propriété, c’est peut-être la bonne formulation du problème (tel qu’il n’est pas souvent aussi clairement posé):
    http://yalelawjournal.org/content/view/739/1/

    a+

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