Les identités numériques

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L’avatar

NYC - Metropolitan Museum of Art - Stela of a Four-Armed Vishnu
Creative Commons License photo credit : wallyg

L’avatar, c’est cette image qui nous représente sur le web.

  1. Définitions
  2. Typologie
  3. Services dédiés aux avatars
  4. Croissance de l’avatar
  5. Vers un format standard ?
  6. Conclusion

Définitions

Étymologiquement, avatar vient du sanscrit, langue indienne : ça désigne une incarnation divine sur Terre. Le plus friand de ce genre de transformation était Vishnu : il compte notamment 10 avatars successifs (les derniers sont Rama, Krishna et Bouddha) dont la mission est de faire respecter le Dharma1.

Zeus, en s’incarnant sous forme de cygne ou de taureau, utilise lui aussi l’avatar, mais dans un but de séduction.

L’avatar est donc une forme parmi d’autres d’un principe divin : on peut lier cette singularité à l’idée d’identité multiple, ou fragmentée.

Sur Internet et dans les mondes numériques, l’avatar est une représentation (re-présentation) graphique, un pictogramme, un signe.

Avatar = alter ego numérique ?

Fanny Georges a rédigé une thèse sur le sujet (soutenue en décembre 2007 à la Sorbonne) : Sémiotique de la représentation de soi dans les dispositifs interactifs – 9Mo, 467 pages (voir la prise de notes).

Elle précise que l’avatar divin est une forme agissante au milieu des humains ; pour l’avatar numérique, on peut parler aussi d’identité active. Mais cette descente du divin chez l’humain, ou de l’internaute dans le virtuel peut ressembler à une immersion, voire une désorientation.

A travers des enquêtes, observations, des recueils de témoignages, Fanny Georges aborde l’avatar à la fois comme un processus identitaire (ontique, création de soi) et comme un rapport à l’altérité : comment me montrer aux autres ? Que voient-ils de moi ? Qu’attendent-ils de moi et vais-je satisfaire cette attente ?

Il y a donc un affect dans le choix de l’avatar : nous le chargeons de symbolique au-delà de sa dimension purement technique. Et cet affect facilite l’immersion, l’hexis (grosso modo : occuper le terrain).

L’avatar est donc à la fois un discours énonciatif (descriptif : je suis comme ça) et performatif (déclaratif : je suis, j’existe, j’agis, je me crée). Mieux : le support prévaut sur l’individu, le remplace en son absence. Même sans son maître, la marionnette continue de bouger.

Il y a donc tout intérêt à privilégier le choix de son avatar.

  1. la Loi, mot dont la racine va donner firmus en latin, forme, qui donnera information : action de donner une forme à quelque chose. L’avatar donne une forme, une image, à quelqu’un. []

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