Les identités numériques

carnet de recherche vie privée données personnelles identité numérique dispositif identitaire sciences de l'information et de la communication facebook google réseaux socionumériques

Qui ne tente rien n’a rien !

J’ai présenté un article (extended abstract, déposé sur HAL) à l’occasion de Web Science 2013, LA conférence de l’ACM qui se déroulait cette année à Paris (Palais des Congrès, 01-04 mai). Les reviewers m’ont orienté vers le « Poster » : j’ai donc étrenné pour la première fois  ce mode de présentation (on raconte 6 à 8 fois la même histoire en 2 heures), en anglais de surcroit. Assez fun, mais usant. Mon voisin venait de Chicago, il y avait en face des Italiens. J’ai discuté avec des Irlandais, des Anglais, des Américains, j’ai assisté à des conf’ de Chinois et d’Allemands : c’était vraiment pour le coup une conf’ internationale. J’ai croisé dans les couloirs Quinn Norton, Cory Doctorow, Richard Rogers, Bernhard Rieder, Vint Cerf ! Bref, un truc de malade !

Poster WebScience 2013

Quant à mon poster (format A0, une seule imprimante sur le campus capable de sortir ça), il reprend une partie de mes travaux de thèse, eux—même reprenant des éléments que j’avais présenté dans mon billet sur L’ingénierie de la vie privée. Rapidement, je propose de repenser les applications de socialisation en ligne à partir de l’observation des conversations en face-à-face, et notamment des modes de privatisation des échanges. L’explicitation du cadre privatif, qui est une condition sine qua non de la vie privée (Identification de l’interlocuteur – le récipiendaire ; message-cadre du type « Tu gardes ça pour toi »), est minimisée dans les réseaux socionumériques (les paramétrages dans le logiciel ne correspondent pas aux routines sociales). De même, le modèle social de l’hospitalité (cf. l’apéro à la maison, ou la soirée à l’extérieur) ne correspond pas au modèle économique de l’opérateur (nos conversations n’appartiennent pas au bistro). J’avais évoqué ces possibilités de modélisation à propos de la SocialAPI de Firefox. Je mentionne pléthore d’outils qui proposent/expérimentent des modèles d’usage plus conformes aux pratiques sociales : RockMeIt, SnapChat, diaspora, identi.ca, priv.ly, whatsapp, gryphn, même Facebook Poke.

Maintenant que la thèse est terminée, cette recherche appliquée est l’une des pistes que j’aimerai poursuivre : sur les questions de vie privée, la sociologie des usages peut être grandement mobilisée par des équipes en informatique. C’était d’ailleurs le sous-titre du poster : from social theory to computer engineering.

Laisser un commentaire