Enseigner l’identité numérique

Suite à dif­fé­rentes affaires plus ou moins reten­tis­santes (en France : Planète Facebook sur France2, Marc-​L et le Tigre), on sou­ligne de plus en plus la néces­sité d’une éduca­tion à l’identité numé­rique, et plus lar­ge­ment à la
infor­ma­tion­nelle ou une alpha­bé­ti­sa­tion numé­rique. Ce né sont là que quelques pro­po­si­tions, mais essayons de voir, par tranche d’âge, ce qui existe déjà et ce qu’on pour­rait mettre en place.

/​adolescent/​jeune adulte

en tant que parent

École pri­maire

  • De même qu’il y a une sen­si­bi­li­sa­tion à la sécu­rité rou­tière, ou aux risques domes­tiques, il est pos­sible d’envisager des jour­nées de sen­si­bi­li­sa­tion aux dan­gers et aux bonnes d’. Né pas don­ner Adresse, , Sexe (AVS), né pas jouer avec la CB de Papa (clin d’œil personnel).
  • Des livres ou des cof­frets péda­go­giques existent déjà : Max et Lili (merci Victor!), le DVD e-​enfance ; de même que des sites dédiés aux plus jeunes (Vinz et Lou)
  • Des séances de rédac­tion et échange via sites web sont aussi de plus en plus orga­ni­sées : c’est aussi l’occasion d’une pro­jec­tion de soi et du groupe, et l’occasion d’une pre­mière socia­li­sa­tion à dis­tance. Cette approche se pour­suit d’ailleurs au col­lège ou au lycée, comme sur le site On né nait pas inter­naute, on le devient.

Collège

  • L’éducation sexuelle est un cha­pitre abordé autour de la 3ème, il peut être judi­cieux d’organiser aussi (et même plus tôt dans le par­cours) des séances sur l’identité numé­rique, le poten­tiel social de cer­tains sites ou jeux, les dérives du cla­var­dage (entre ortho­graphe, défis et mau­vaises rencontres).
  • On entre plei­ne­ment dans une culture infor­ma­tion­nelle, avec l’apprentissage des outils de (, ; le copier/​coller, etc.) et de visua­li­sa­tion ( Earth, d’ailleurs sou­vent abordé en pri­maire), la bureau­tique, etc.

Lycée

  • Enfin, à l’approche du Bac, et de la pour­suite d’étude, on peut insis­ter sur le domaine pro­fes­sion­nel des réseaux sociaux, ou sur le trem­plin qu’il pro­cure aux plus créatifs.
  • Bref il s’agit cette fois de cen­trer l’approche autour des com­pé­tences sociales et tech­niques requises et appor­tées par les médias sociaux (voir les conclu­sions du Digital Youth)

en tant qu’enseignant

  • S’adapter aux nou­veaux outils (médias et réseaux sociaux)
  • Percevoir le poten­tiel et les limites de ces outils
  • Concevoir des modules péda­go­giques en fonc­tion des tranches d’âge

en tant qu’éducateur social, psy­cho­logue sco­laire ou pédopsychiatre

à l’approche d’un recrutement

  • En école de com­merce ou à l’université, de nom­breuses expé­riences ont déjà été menées (Lille, Toulouse), à tra­vers des conférences-​débat ou des modules de , sur l’intérêt d’activer une iden­tité numé­rique pour une meilleure employa­bi­lité : décou­verte des pla­te­formes prin­ci­pales et des tech­no­lo­gies asso­ciées, et défi­ni­tion de (per­so­nal bran­ding)

en tant que recruteur

  • Intégrer les outils per­ti­nents de l’identité numé­rique (, , DoYouBuzz, MyZiki, et dans une moindre mesure vidéo CV)
  • Accepter l’impertinence des pla­te­formes convi­viales (, ), et que l’image ren­voyée n’est pas for­cé­ment syno­nyme d’une incom­pé­tence professionnelle.
  • Comprendre le ris­qué juri­dique (, art. L1132-​1 du Code du Travail) de la dis­cri­mi­na­tion à l’embauche engen­drée par une (mau­vaise) répu­ta­tion numé­rique du candidat.

pour l’État et la Communauté européenne

pour les acteurs du numé­rique (FAI, sites web, éditeurs de jeux vidéos, blogueurs)

  • Pour le blo­gueur, gérer sa pré­sence et sa répu­ta­tion numé­rique (en sui­vant les 10 conseils de Presse-​citron) ; se trans­for­mer en marque per­son­nelle.
  • S’engager à fil­trer le contenu (avec dénon­cia­tion ou non auprès de la )
  • S’engager à fil­trer les uti­li­sa­teurs (ce que fait MySpace): res­pect de l’âge mini­mum d’une part, évic­tion des bad users de l’autre
  • Reconnaître sa res­pon­sa­bi­lité en tant qu’éditeur de contenu pour adulte en met­tant en place des sites de prévention
  • Pour un éditeur de site web (moteurs, ), garan­tir la confi­den­tia­lité des don­nées per­son­nelles et mettre en place des inter­faces intui­tives per­met­tant une ges­tion effi­cace et auto­nome des para­mètres de confi­den­tia­lité.
  • Reconnaître que la coha­bi­ta­tion entre adultes et publics jeunes est faus­sée du fait que le monde numé­rique est géré tech­ni­que­ment, juri­di­que­ment et idéo­lo­gi­que­ment par des adultes, dont les pro­blé­ma­tiques sont fort éloi­gnées de celles des jeunes. Or, très sou­vent, le Web est un espace alter­na­tif, dif­fé­rent de l’école, et que les jeunes inves­tis­se­ment avec des qui leur sont propres (“han­ging out”, “mes­sing out”, “gee­king out”, cf. Digital Youth). Cependant, l’expertise acquise par cer­tains ado­les­cents leur apporte une recon­nais­sance de la part de leurs pairs, et par­fois aussi de la part des adultes (qu’on pour­rait croire jus­te­ment déten­teurs de cette expertise).

Autres res­sources

Cette liste est évidem­ment loin d’être com­plète “cer­tains points sont beau­coup moins détaillé que d’autres). Si d’ailleurs vous connais­sez des pro­grammes éduca­tifs qui né sont pas men­tion­nés ici, merci de m’en faire part en . Idem, je suis pre­neur de tout acteur ou que j’aurai omis.

Un pro­verbe afri­cain raconte qu’il faut tout un vil­lage pour éduquer un . C’est d’autant plus vrai dans le vil­lage glo­bal. Parents, éduca­teurs, res­pon­sables poli­tiques, acteurs écono­miques sont impli­qués dans la construc­tion de la numé­rique des géné­ra­tions à venir. Les adultes né sont peut-​être pas des (pour ce que ce terme peut bien vou­loir signi­fier), ils doivent néan­moins consi­dé­rer les outils qu’ils pro­posent dans une approche plus glo­bale et durable.

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8 Responses to “Enseigner l’identité numérique”

  1. 1
    Jean baptiste Says:

    Salut,

    Très inté­res­sant cet article ! Je suis on né peut plus d’accord, notam­ment au sujet de l’identité numé­rique et les employeurs/​recruteurs.. J’espère te croi­ser ce soir à la soi­rée WIA ou plus tard au détour d’un cou­loir du gre­sec ;)

  2. 2
    F Tempez Says:

    Un excellent article, que je m’empresse de book­mar­ker pour mes étudiants : c’est un sujet hau­te­ment sen­sible, du pri­maire au supérieur.

    Les adultes devraient égale­ment en prendre de la graine.

  3. 3
    Julien PIERRE Says:

    Merci tous les 2 pour l’intérêt porté à cet article.
    @FTempez, vous êtes ensei­gnant dans quel domaine ?

  4. 4
    Unimaru Says:

    Bonjour!

    Bravo pour cet article très com­plet :)
    Juste pour signa­ler qu’il existe aussi pour les inter­nautes se posant des ques­tions sur la sécu­rité numé­rique le site http://​www​.jus​task​ge​malto​.com , qui est plu­tôt bien fait et participatif!

  5. 5
    MonsieurP Says:

    Très inté­res­sant en effet notam­ment dans l’approche par « cible ». Insécurité fore­ver : http://​is​.gd/​h​vei

  6. 6
    Philippe Bonneau Says:

    Salut Julien. Merci pour ton texte. J’en ai eu connais­sance lorsque j’étais en train d’écrire un billet (http://​phi​lip​pe​bon​neau​.net/...) sur le même sujet au Québec. J’y ai mis un lien vers ton très bon texte.

  7. 7
    Raph Says:

    Bön billet, qui rejoint les pré­oc­cu­pa­tions de l’éducation à l’image, aux médias en géné­ral et aux médias numé­riques connecté en particulier.

    Mais plu­tôt que de crier au loup avec des mes­sages alar­mistes qui tendent à dia­bo­li­ser inter­net, le rédui­sant à un repaire de pédo­philes, de frus­trés, de per­vers, de vio­lents, de mar­gi­naux (Cf.
    http://​www​.you​tube​.com/​w​a​t​c​h​?​v​=​c​E​6​f​Q​w​W​g​gVM ), il faut en effet pro­po­ser des voies d’apprentissage des pra­tiques construc­tives liées à ces médias.

    On appelle cela par­fois eCul­ture. Cf. : http://​nume​ri​cul​ture​.org/

  8. 8
    Sites sur les dangers du Net « Info & Arts Says:

    […] http://​www​.iden​tites​-nume​riques​.net/31 – 01-​2009/​enseigner-​lidentite-​numerique […]

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