Barcamp eReputation : le retour !
Posted in événements on avril 6th, 2009 by Julien PIERRE – 7 CommentsMessage rédigé dans le train de retour.
J’ai participé hier au barcamp eReputation, qui se déroulait à la Cantine sous les bons offices de Nicolas Bermond, Christophe Ducamp, Jean Mariotte et Emilie Ogez.
- D’abord, je signale l’excellente organisation, le très bon état d’esprit et les excellents petits plats qui nous ont accompagné toute cette journée.
- Ensuite, liste largement non exhaustive des participants.
- Fadhila Brahimi, avec qui j’ai eu l’occasion d’échanger pendant l’after
- Charles Nouyrit, de MyID.is, qui a initié et démarré l’atelier “Enjeux de la certification numérique”
- Jacques Froissant d’Altaïde
- Maureen Dumans d’Identinet et Camille de CaddE-reputation, tout deux en master Intelligence économique
- Les Geemiks de l’ESC Lille, instigatrices de YouOnTheWeb, qu’elles ont synthétisé dans un atelier “Retour d’expérience”, animé par Isabelle Brisset, Claire Leblond et France du Prey.
- Les étudiants et lauréats de YouOnTheWeb, dont Jérémy Viault et Jérémie Juraver
- Marc Tirel, apôtre des opencurrency ainsi que Glenn Roland
- Noël Cambessédès, des Comptoirs du Multimédia, excellent animateur du dernier atelier sur les “Nouveaux comportements, identité numérique et libertés individuelles”
- Thibault Brousse
- Ludovic Simon, fondateur de DoYouBuzz
- Sandrine Joseph, qui souffre (comme moi) d’une homonymie et d’un prénom comme nom.
- Lionel Kaplan, qui a initié uune table ronde autour des moteurs de recherche de personne.
- Et certainement encore plein d’autres qui ont participés aux tables rondes
Bref, ensemble, nous avons un peu refait le monde de demain, autour de la question de l’avenir de l’identité dans une société numérique. Dingue comme ça ressemble à mon sujet de thèse !
Une petite synthèse ici des grands axes abordés, et maintenant celle des ateliers auxquels j’ai participé :
- éthique des acteurs du numérique
- nouvel apprentissage
- nouveaux comportements
- open currency
Éthique des acteurs du numérique
Face au Google Masterplan, à son crédo “Don’t be evil” ; face à l’incurie des contrôleurs financiers mondiaux ; face au lobbyisme que dénoncent les BigBrothers Awards, qui avaient lieu le soir même, il est nécessaire que les entreprises adoptent une éthique.
La question a notamment été soulevée autour de la certification numérique et des tiers de confiance. Pour savoir avec qui je discute sur Internet (Fadhila en sait quelque chose), l’identité de l’internaute a besoin d’être certifiée. Par un tiers : l’État, les banques (qui disposent de cette certitude car elles connaissent de visu leurs clients) ou une entreprise comme MyID.is. Or, le problème est de savoir si l’on peut avoir confiance en ce tiers.
Le proverbe “Qui gardera les gardiens ?” s’applique tout autant à la finance mondiale qu’à ces tiers de confiance.
Nouvel apprentissage
Les Geemiks sont partis d’un constat qui démystifie la génération Y. Elle n’est pas si connectée que cela, ou au mieux elle n’a qu’un usage très ludique des applications web typée 2.0 (Youtube, Facebook). Ce que je confirme au vu du comportement de mes propres étudiants. Il est donc nécessaire de faire mûrir les usagers de ces outils, notamment dans une approche professionnalisante.
On retrouve l’idée des nouveaux formats de CV, ou ePortfolio (portefeuille de compétences). Mais aussi la nécessité de faire comprendre d’abord aux candidats le potentiel attractif de leur parcours et leurs expériences, quel qu’elles soient, sans à priori de ce que les recruteurs pourraient attendre, et donc l’effacement d’une forme d’autocensure au profit d’une correspondance entre leur personnalité (avec toutes ses composantes) et leur profil affiché. Les Geemiks revendiquent le droit à l’erreur (sortie de boîte un peu bourré), les profils non lissés (rien de plus inquiétant qu’un individu qui n’aurait rien à cacher), tout autant que la revendication de passions désuètes (le Feng-shui, les fraises Tagada). Il faut tendre vers une porosité entre le personnel et le professionnel. A compétences égales, ce sont ces détails qui feront la différence. Comme je l’explique souvent à mes étudiants, c’est la capacité à parler d’autre chose que boulot autour de la machine à boulot qui motivera votre recrutement ! Même salarié, vous restez des êtres humains. Il faut veiller par contre à ne pas afficher un comportement exclusif (le fêtard, l’engagement politique) à moins de l’assumer et ne pas s’en plaindre (si l’on affiche un engagement politique, il faut accepter l’idée qu’il soit discriminant).
Ensuite, cet accompagnement doit aussi être mené auprès des managers et recruteurs, qui doivent accepter les erreurs de jeunesse, la spécificité des profils, et l’exploit(ation) qu’on peut réaliser avec.
Nouveaux comportements
Qu’il s’agisse d’éthique professionnelle ou de congruence dans l’identité numérique, le web et les technologies électro-numériques induisent des nouveaux comportements, ou en catalysent d’autres déjà ancrés socialement :
- profilage du comportement à des fins commerciales par les traces de consommation (historique d’achat, géolocalisation) mais aussi par l’analyse sémantique (lecture des mails, historique des requêtes). Un individu est inscrit dans des bases de données dont le nombre moyen varie entre 600 et 800.
- rapports parents/enfants : ou comment couper le cordon numérique ? plusieurs anecdotes sur les punitions ou chantage en mode 2.0 : changer le mot de passe du facebook des enfants pendant x semaines, menace de diffusion en ligne de photo compromettantes de l’adolescent (en train de faire pipi sur la plage à 3 ans).
- hésitation/panique dès qu’apparait un APN : où cette photo va-t-elle se retrouver ?
- Schizophrénie numérique : un individu gère plusieurs profils, parfois sur des plateformes identiques (“j’ai plusieurs profils Facebook, un trash, un soft”). Mais en cas de profil unique, celui-ci se lisse. La réputation est une forme de pression sociale, de violence symbolique, encore plus quand elle est couplée avec un dispositif de surveillance (mené par l’Etat, les entreprises ou les parents). Avec le risque d’une dérive vers la radicalisation de comportements extrèmes et offline.
Il est là aussi nécessaire d’évangéliser sur les enjeux sociopolitiques de l’identité numérique (rhoo, ça me rappelle quelque chose).
open currency
Dernier point que j’aimerai aborder. Même si je n’ai pas assisté au dernier atelier dédié à ce sujet, j’ai eu l’occasion d’en parler avec Marc et d’autres au cours du lunch qui a précédé le barcamp. Le sujet est si vaste, complexe, et prometteur que je me garde ça pour un autre jour !




