Posts Tagged ‘amazon’

Résumé du séminaire PROTEUS

Posted in compte-rendu on juillet 13th, 2009 by Julien PIERRE – 2 Comments

Après le compte-rendu, le résumé du séminaire PROTEUS.

Carte mentale du séminaire PROTEUS

Carte mentale du séminaire PROTEUS

L’identité numérique est un récit, dont les briques sont fournies par l’individu-internaute et sont assemblées par le récepteur-lecteur (aussi internaute). On peut s’interroger sur la volonté de l’émetteur d’être producteur-narrateur de ce récit.Autant dans le web 2.0, l’internaute remplissait une plateforme vide, l’alimentait avec son contenu  (YouTube), autant le web 3 (sémantique) ne fera que structurer un contenu préexistant (provenant du web 2).

Il faut donc signaler que le récit est aussi déterminé par l’éditeur (du jeu ou de l’interface) et la norme technique des dispositifs (code -encodage, pseudonymat, a-synchronisme des conversations pseudo-oralisées et socio-hermétiques, culture de l’image et procès cognitif sensori-moteur).

L’identité numérique est tendue entre l’oubli et la mémoire, entre la recherche et l’exhibition de soi. L’internaute expérimente de nouvelles interactions individuelles (liens faibles de GRANOVETTER, distance, politesse, dématérialisation). Se mettent alors en place des stratégies relationnelles basées sur la calculabilité de l’affect et de la réputation. [Voir l'identité selon Paul RICOEUR ; voir aussi Norbert ELIAS].

Parallèlement s’organise une nouvelle forme de surveillance, transversale et mutuelle où disparaît la culpabilité au profit de la honte (il y a signalement de la faute sans application de la peine. Exemple donné : sur WoW, un joueur qui arrive en retard à un rendez-vous est hué par les membres du clan mais sans être exclu de la bataille qui va suivre). Sans punition, l’internaute est enclin à prendre plus de risque. Cependant, l’action rendue publique (en ligne) peut être observée par des tiers non anticipés (cf. Kevin le banquier).

La diffusion de ces données publiques peut faire fantasmer le secteur marketing (mais cela reste à prouver. Dans des discussions hors-cadre, plusieurs intervenants se sont interrogés sur l’efficacité commerciale du profilage des internautes, le marketing préférant la tactique du push-mailing).

La prospective est donc peu aisée, d’autant que les définitions de la ‘privacy‘ sont floues : qu’est-ce qui est privé ? En droit, en Europe, aux USA, etc… Il est donc nécessaire d’établir un habeas corpus de l’identité numérique. [lire Liberté, Egalité, Fraternité à l'ère du numérique, de Michel ARNAUD]

Une certitude cependant : l’apprentissage du numérique se fait sur le mode essai/erreur, qui donner l’illusion d’une virtuosité chez les adolescent. Mais l’acquisition de ces compétences se fait dans la souffrance, sans recul : usurpation d’identité, intimidation des pairs, pédopornographie, etc..

En ce qui concerne les échanges de l’après-midi, je retiendrai l’articulation autour des artefacts incorporant les titres d’identité : approche historique autour de la carte d’identité (DENIS, Vincent. Histoire de l’identité. 1715-1815. Editions Champ Vallon) et des puces RFID (ALBERGANTI, Michel. Sous l’oeil des puces. La RFID et la démocratie. Actes Sud).

  1. L’identité ne se prouve qu’avec un objet que l’on porte.
  2. L’identification est soumise à des cycles contextuels : c’est à cause d’épidémies (Peste de Marseille) et de mouvements de populations (Révolution française) que les dispositifs d’identification de la population ont connu une accélaration. Accélération que l’on retrouve aujourd’hui (voir aussi MATTELART, Armand. La globalisation de la surveillance. La découverte).

La présentation de soi, Erving Goffman

Posted in vu sur le web on juin 14th, 2009 by Julien PIERRE – 2 Comments

La mise en scène de la vie quotidienne, tome IDans La présentation de soi (tome I de La mise en scène de la vie quotidienne), Erving Goffman propose d’analyser les interactions microsociales sous l’angle de la dramaturgie. Il s’agit pour l’auteur d’apporter un appareillage théorique à cette notion très répandue que la vie est un théâtre. Il s’agira donc, dans un 1er temps, de collecter les concepts de cette théâtralisation. Il faudra souligner la spécificité des interactions décrites, due au contexte historique et social dans lequel évolua Goffman. Enfin, dans une 2ème partie, il s’agira de projeter ces notions dans les interactions en vigueur sur Internet.

Prise de notes au fil de la lecture, non achevée à ce jour : revenez régulièrement au besoin. Certains ajouts sont personnels, des associations d’idées avec d’autres notions extérieures à la thèse.

    Résumé

  • Individu = acteur qui se met en scène face à autrui : stratégies de face (masque), conscientes ou non.
  • Interaction bidirectionnelle : on montre ce que les autres attendent de nous ;
  • Permanente et exclusive : on ne peut jouer qu’un rôle avec un public (et un autre rôle avec un autre public).
  • Omniprésence du contrôle social, donc spectacle omniprésent.
  • la présentation de soi reste fragile, elle peut s’écrouler de manière involontaire comme elle peut être manipulée de manière volontaire.
  • MAIS, exemples : activités de service, ou interaction de type serveur-client. Il y a une distance sociale : (serveuse de restaurant = dominée par client) OU (médecin = domine son patient). Solennité toujours de mise aujourd’hui ?
  • Interaction de Goffman = projection de soi sur le Web ?
  • Prise de notes commentée (pages 2 – 3 – 4 – 5 – 6 – 7 – 8 – 9) + conclusion

Erving Goffman

Mais avant toute chose, un petit mot sur l’auteur.

Erving Goffman (1922-1982) : membre de la 2ème école de Chicago :

  • on parle de sociologie pragmatique, appliquée à un écosystème urbain.
  • Il s’agit alors d’analyser (observation participante) les interactions (pragmatique, interactionnisme de Mead) dans des microsociétés (urbaine).
  • Goffman situe son ouvrage dans les limites physiques d’un immeuble, d’un établissement. Pour sa thèse de doctorat (1953), Goffman se plonge dans les arcanes d’un hôtel des iles Shetland, où il peut observer les interactions entre autochtones et touristes, directeurs et clients, commerçants et habitants. Il en fait beaucoup mention dans cet ouvrage. On atteint presque un niveau nano avec ce système social en miniature que constitue l’interaction face à face.
  • A ce sujet, il faut préciser que La mise en scène de la vie quotidienne est publiée dans la collection Sens commun, dirigée par Pierre Bourdieu (habitus de classe, voir plus loin).
  • Par ailleurs, les travaux de Goffman empruntent à la phénoménologie (sans la transcendance) et à l’existentialisme : on retrouvera donc un questionnement sur l’intentionnalité de l’acteur.

C’est tous les jours Hollywood !

Tout cet ouvrage est articulé autour de cette lexique théâtral : l’individu est un acteur, qui réalise un spectacle (une présence plus qu’une représentation) devant un public.

Le whuffie ne marche qu’au Royaume enchanté

Posted in bazar on mai 10th, 2009 by Julien PIERRE – 3 Comments

Dans la dèche au royaume enchantéJe viens de terminer la lecture du 1er livre de Cory Doctorow : Dans la dèche au royaume enchanté (‘Down and out in the Magic Kingdom‘, 2003). C’est un très bon livre de SF en soi, qui combine plusieurs innovations, dont la plus fameuse reste son modèle économique, puisque le livre est paru à la fois en librairie et en téléchargement gratuit sur le web (licence creativecommons).

Mais c’est aussi dans ce roman qu’apparaît le whuffie, cette unité de mesure de la réputation des gens, qui a remplacé l’argent.

L’histoire

Julius est castmember (membre du personnel) à DisneyWorld, il y est même né et y a passé l’essentiel de sa vie. Son travail consiste à maintenir en activité l’une des attractions du parc, la Mansion (maison des horreurs). Il vit avec Lil, castmember aussi, et Dan, son meilleur ami, évangéliste de la société Bitchun.

C’est donc principalement une histoire d’amitié, d’amour que nous livre Doctorow. Mais les relations entre les 3 personnages principaux sont fortement conditionnées par la technologie environnante. A ce titre, on retrouve bien ce qu’Isaac Asimov disait de la SF :

On peut définir la Science-Fiction comme la branche de la littérature qui se soucie des réponses de l’être humain aux progrès de la science et de la technologie.

C’est une forme d’épistémologie prospective, qui passe ici par la littérature.

Quel est donc l’avenir selon Doctorow, et à quelle technologie consacre-t-il son travail d’obeservation et d’analyse ?

Dan passait me voir tous les soirs et, comme au bon vieux temps, on discutait des avantages et des inconvénients du whuffie, de la Société Bitchun, de la vie en général, assis sur mon balcon avec une cruche de limonade fraiche.
p. 183

La société Bitchun

La Société Bitchun découvrit un jour le remède à la mort et inventa la vie éternelle. Elle l’offrit à l’humanité, qui devint la société bitchun (après la société de consommation) : du loisir, de la créativité, des artistes !

Nous ne sommes pas dans un livre de hard science, et le procédé technique n’est absolument pas détaillé. Mais l’idée est la suivante : un individu sauvegarde sa mémoire sur un terminal informatique (fichier numérique qui peut être accessible en licence libre, par exemple). A sa mort, on clone le corps dans lequel on implante la sauvegarde.

— Tu veux donc dire qu’on est rayé de la carte, puis recréé atome par atome, on n’est plus soi-même ?
[...]
— Tu es un clone, avec un cerveau copié.
p. 49

  • Il s’agit ici du ressort même de toute l’histoire : notre rapport à la mémoire est affecté. Si j’ai honte de mes actes, je me restaure ; si j’ai un rhume, je me restaure ; mais si j’ai vécu de bons moments (comme les derniers avec Lil ou Dan), j’ai peur de me restaurer. Si je ne me sauvegarde pas souvent, je risque de perdre beaucoup de souvenirs, dont certains peuvent avoir une valeur économique et stratégique. Enfin, des bugs peuvent se glisser dans la sauvegarde.
  • Ce principe est aussi mis en application dans les attractions du parc : quand vous visitez la Mansion, on vous charge en mémoire une fausse sauvegarde du fantôme : horreur garantie !
  • Dans la société bitchun, vous pouvez choisir par chirurgie esthétique l’âge que vous aurez (réjuvénation) : tout le monde est jeune, sauf les médecins qui se choisissent quadra pour avoir plus d’autorité (mais ils n’ont plus personne à soigner).
  • Enfin, le temps mort (sorte de cryogénisation non détaillée) permet soit de ne pas vieillir pendant les longs voyages (aller-retour Terre-Espace), soit de se mettre en pause quelques temps, histoire de voir comment le Monde va évoluer (ce qu’ont fait les parents de Lil, par exemple).

Bref, la société bitchun, c’est l’immortalité. Nous sommes bien dans de la SF, d’autant plus que notre société actuelle ne s’est pas débarassée de la pénurie ni de la rareté (loin s’en faut, même).

Les premières idées de la société Bitchun s’insinuaient dans la conscience de chacun : la mort de la pénurie, la mort de la mort, la lutte pour réarranger une économie dont le développement ne s’était concentré que sur la pénurie et la mort.
p. 108

Nous vous promettons un enseignement très pertinent avec comme principaux sujets l’économie de la réputation, la dynamique sociale post-pénurie et la théorie sociale de la prolongation infinie de la vie. Fini Durkheim, les enfants, place au temps mort ! Ca va être chouette !
p. 195

Bref, la société bitchun, ce n’est pas encore pour nous. Mais les discussions entre Dan et Julius, et finalement l’ensemble des réflexions de leur auteur, Cory Doctorow, c’est de questionner cette forme d’organisation sociale.

Une fois qu’on avait adopté le système de sauvegarde/restauration, le reste de la Bitchunerie suivait automatiquement, vous imposant un système de valeurs.
Ceux qui n’avaient pas adopté la sauvegarde/restauration auraient pu soulever une objection… mais, ah tiens ? Ils sont tous morts.
p. 197

Et c’est sur ce paradigme que peut s’adosser l’adhocratie et le whuffie.

L’adhocratie

J’imagine que l’époque manque de défis pour eux. Ils sont trop coopératifs.
p. 88

Il y a peu d’explications sur l’adhocratie, et l’adhoc en général. Julius est un adhoc car membre d’une adhoc. On parlerait aujourd’hui de communauté, mais constituée autour d’un but précis (ad hoc = qui va vers ce quoi il doit aller). Ici, les adhocs sont organisées autour des différentes attractions du Parc. C’est une entité autogérée, démocratique, c’est à dire reposant sur un débat contradictoire suivi d’un vote. Les actions menées par l’adhoc impactent le whuffie de leurs membres, et inversement, une adhoc peut souffrir des agissements de l’un de ses membres.

Tout le principe de la société Bitchun consistait à se montrer plus honorable que les autres adhocs, à réussir au mérite et non par la supercherie, malgré les assassinats et autres.
p. 95

Au niveau de l’intrigue, qui se déroule à DisneyWorld (summum bitchun), on assiste à un affrontement entre 2 adhocs.

Les guerres bitchun sont rares.
p. 193

En vérité, il y a une véritable concurrence dans le Parc et les concurrents les plus coriaces sont ceux qui ont réhabilité le Hall of Presidents.
p. 172

La société Bitchun n’est donc pas si idyllique qu’elle n’y parait. La guerre économique est présente. Même si la rareté n’est plus de mise, même s’il n’y a plus d’argent en circulation, il reste une unité de mesure après laquelle tout le monde court : le whuffie !

Le whuffie

Encore une fois, Doctorow ne s’embarrasse pas avec l’économie du whuffie. On ne sait pas comment -techniquement- il s’échange, combien on gagne en travaillant, combien coûte une bière dans un bar, ni comment on la paye, etc.. Quelques définitions parcellaires nous éclairent cependant sans ambiguïté.

J’ai pingué son whuffie plusieurs fois, et j’ai remarqué qu’il grimpait avec régularité au fur et à mesure que Dan accumulait davantage d’estime de la part des gens qu’il rencontrait.
p. 16

A l’inverse :

J’ai pingué mon whuffie. Il avait gagné quelques pourcents -du whuffie de compassion – mais redescendait : Dan et Lil irradiaient la désapprobation. Qu’ils aillent se faire foutre.
p. 48

Voilà comment on peut se retrouver dans la dèche. Un whuffie faible va donc conditionner les interactions sociales :

J’ai compris qu’elle [Lil] pinguait son whuffie [Dan] et surpris son air de désapprobation étonnée. Nous autres anciens d’avant le whuffie savons son importance, mais pour les gamins, c’est le monde. Quelqu’un sans whuffie est automatiquement suspect. Je l’ai vu se ressaisir aussitôt, sourire et s’essuyer discrètement la main sur son jean. « Du café ? a-t-elle proposé
p. 27

Il existe 2 types de whuffie, ou en tout cas un calcul basé sur l’origine des dons.

J’ai pingué l’elfe [un ingénieur de la concurrence]. Il avait beaucoup de whuffie équivoque : du respect recueilli auprès de gens partageant très peu mes opinions. Je m’y attendais. Mais je ne m’attendais pas à ce que son score de whuffie pondéré, celui qui conférait de la crédibilité supplémentaire au genre de personnes que je respectais, soit si haut… supérieur au mien.
p. 60

La société bitchun impose une éthique : « don’t be evil », et de surcroit une éthique mesurable, quantifiable. Le whuffie mesure donc la réputation des gens, mais il est relatif à ceux qui donnent le whuffie, comme à celui qui interroge le whuffie d’un autre individu. Néanmoins, son utilité reste économique.

Ils [les parents de Lil] débordaient de whuffie, en quantité incommensurable, inutilisable. Dans un monde où même un raté au whuffie à zéro pouvait sans problème manger, dormir, voyager et accéder au réseau, leur fortune suffisait largement pour accéder à volonté et aussi qu’il leur plaisait aux quelques raretés restant sur Terre.
p. 86

Comme on le voit, l’approche de Doctorow est ambigüe à ce sujet, notamment avec ce passage.

J’arrivais à lui [Dan] faire admettre que le whuffie recréait la véritable essence de l’argent : dans l’ancien temps, quelqu’un de fauché mais de respecté ne mourrait pas de faim ; à l’inverse, quelqu’un de riche mais de détesté n’arrivait jamais à s’acheter paix et sécurité. En mesurant ce que représentait réellement l’argent -le capital social auprès de ses amis et voisins-, on jugeait le succès avec davantage de précision.
pp. 17-18

On peut vivre sans whuffie, mais les autres individus vous éviteront ; et avec plein de whuffie, vous accédez à des éléments qui restent soumis à la rareté et à la pénurie. On se retrouve donc dans un écosystème qui n’a rien changé, si ce n’est déplacer la valeur des choses sur les gens. Mais ça reste une valeur. Valeur à laquelle Julius (comme Dan) veut échapper.

J’ai alors pensé à partir, à tout abandonner, à quitter Walt Disney World pour recommencer une fois de plus ma vie, sans whuffie ni souci.
p. 175

Se trouver le ventre plein avec de bons amis et le Soleil qui se couchait derrière une troupe de danseuses de hula à moitié nues… Quel besoin avait-on de la Société Bitchun, après tout ?
pp. 225-226

Le whuffie appliqué au web d’aujourd’hui

The Whuffie Factor = final cover!

Le terme whuffie a émérgé conséquemment aux interrogations portant sur l’e-reputation, et principalement grâce au livre de Tara Hunt, le Facteur Whuffie, sous-titré Using the power of social networks to build your business. C’est un ouvrage clairement orienté marketing, d’autant plus que son auteur est aussi l’instigatrice du PinkoMarketing, basé sur le Manifeste des Evidences (ClueTrain Manifesto, les marchés sont des conversations).

Dans le monde du Web 2,0, c’est vers ceux qui ont un capital social élevé que coule l’argent. Sans Whuffie, vous perdrez vos connexions et toutes les recommandations que vous ferez seront considérées comme du vulgaire spam.
via InternetActu.

Au terme whuffie ont souvent été associées d’autres expressions : karma ou kudos, capital social, SocialRank ou PeopleRank. Dans l’applicatif, on trouve des expériences comme les twollars ou les exploracoeurs. L’idée est d’aboutir à une évaluation des intervenants dans la sphère de la conversation :

Elle s’appelle Kim Wright [...]. Bon whuffie, grosse fanactivité Mansion, lectorat important.
p. 150

On pourrait effectivement fabriquer un curseur whuffie, pondéré comme l’indique Doctorow, affiché via javascript à côté de chaque commentateur. Des systèmes similaires existent déjà, plus ou moins proches du whuffie originel. Néanmoins, comme l’auteur et d’autres individus sur la Toile (M.K. Smith ou Michelle Greer), j’avais déjà manifesté beaucoup de réserve vis-à-vis de cette numérisation de la réputation, et de l’individu.

L’arithmétique a remplacé le subjectif, le nombre a remplacé le verbe.

Quels sont alors les risques de la société bitchun, et plus particulièrement d’une relation basée sur une réputation chiffrée et indexée sur notre comportement ?

Puis il m’a conduit par une piste subtile et balisée avec soin à reconnaître que oui, [...], pour le moment, le monde affichait une homogénéité quelque peu déprimante.
p. 18

On retrouve l’idée d’homophilie (ad hoc) dont parlait Daniel Bougnoux et Patrice Flichy : des individus au comportement formaté par une technique éthique, aux jugements permanents et immanents, dont les actes mêmes peuvent être faux, manipulatoires (cf. l’assassinat de Julius).