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Narcisse et moi : une journée avec identité numérique

Posted in bazar on avril 16th, 2009 by Julien PIERRE – 1 Comment

Article initialement prévu pour l’ebook « Cultivez votre identité numérique », mais trop long :-(

Calendrier du parfait petit jardinier numérique

Mon identité numérique et moi, on ne se quitte plus ! Maintenant, c’est 24/24 ensemble. Il faut juste penser à l’arroser, la bichonner et le mieux c’est encore de le faire tous les jours. Mais à force de soins, mon identité s’est répandue sur tout le Web, et maintenant, il faut que je parcoure la Toile pour voir comment se porte Narcisse. Je dois vérifier comment mon identité apparait aux yeux des autres, ce qu’ils en pensent et aussi lutter contre les vilains chronophages.

Vous trouverez ici quelques conseils et astuces pour gérer votre identité numérique sans perdre votre temps ! Revue de détail de mon emploi du temps.

  • Il est 6h, je me réveille (si si), je mets à jour mon statut (j’en connais que ça intéresse). Le problème, c’est que mes amis à plantes vertes (ceux qui sont aussi matinal que moi) poussent dans des serres toutes différentes : les geeks sur Twitter, les musicos sur MySpace ou Blip.fm, les collègues sur LinkedIn, les graphistes sur Flickr, les copains sur Facebook, etc. Alors, pour ne pas perdre de temps, moi je passe en mode arrosage automatique : j’utilise hellotxt. Ça met à jour les services que j’ai cités + Pownce + Hi5 + Plurk + Tumblr et encore tout un tas d’autres… Je peux non seulement saisir du texte, mais aussi mettre des images et des vidéos en ligne, et le tout en bidirectionnel : je diffuse mon statut et en même temps je suis informé de celui des membres de ma tribu.
  • Si vous êtes du genre bavard, à laisser des commentaires partout, préférez plutôt des services comme cocomment (centralisation) ou disq.us (modération). Et si ce sont vos amis qui sont bavards, alors dirigez-vous vers FriendFeed ou MyBlogLog (qui apporte aussi des services communautaires lié à votre site web). Ainsi, que vous soyez bavards ou que ce soit vos amis, vous pourrez suivre toutes les conversations engagées partout sur Internet !
  • 10h, au travail. J’emmène aussi mon identité numérique. Mais là, c’est pour ouvrir ma session ou me connecter à des applications professionnelles. Cela dit, j’ai besoin de consulter mes mails (derniers commentaires, sollicitations de réseau social, lifestreaming des uns et des autres, etc..), de gérer mes priorités, mes documents, mes activités, etc… Tout ça aussi, ça appartient à Narcisse, ça fait partie de mon identité ! Pour m’aider, j’ai tout regroupé au sein de GMail : je peux centraliser tous mes comptes mails sur une seule interface, recevoir mes courriers de chez free ou hotmail par exemple, et en envoyer avec ces adresses-là. Idem, avec Firefox et les bonnes extensions, je gère depuis GMail mes taches (service rememberthemilk + extension), mes documents (Google Docs), mes activités (Google Calendar). On s’approche du bureau virtuel. Et si je suis très nomade, j’embarque tout ça sur mon smartphone.
  • 18h, de retour du travail. Je n’oublie pas de peaufiner mon identité numérique, des fois qu’elle intéresse un recruteur. Et là, mon identité numérique, je la bichonne : j’en fais un top CV ! J’ai mis mon CV au format PDF en téléchargement depuis mon site web, ainsi que sur une page web, avec plein de microformats à l’intérieur pour améliorer sa lisibilité par tous les navigateurs de demain. Mais attention, si je laisse mes coordonnées (tel, adresse, mail)  accessibles à tous, je risque le spam ou le vol d’identité ! Le mieux, c’est de passer par un site qui me mettra en relation avec les recruteurs, tout en cachant (obfuscation) les données sensibles aux yeux des malotrus. Avec DoYouBuzz par exemple, je peux de manière intuitive mettre en ligne mon parcours de formation et mes expériences professionnelles, le tout relié à LinkedIn ou Viadeo. Ziki mélange un peu les genres : c’est un connecteur de réseaux professionnels mélangé à un agrégateur de profil. Plus j’occupe le terrain, plus j’ai de chance d’être repéré par les recruteurs.
  • 20h. Le soir, mon identité numérique et moi, on fait le bilan : outre les commentaires que j’ai lâchés à tout va, tel la Semeuse, j’ai bookmarqué des liens avec del.icio.us ou Diigo, j’ai écouté de la musique sur Blip.fm ou Spotify, j’ai lancé plein de tweets et j’ai mis à jour mon statut avec Facebook. J’ai même eu le temps de poster quelques billets sur mon blog. Bavard, vous disais-je. Une vraie abeille butineuse ! Et j’aimerai que tout ça n’échappe à personne. Alors, pour me simplifier la vie, je regroupe l’ensemble et je le diffuse à un seul endroit : ça s’appelle le lifestreaming. Tout ma vie online et sur une seule page ! Je peux faire ça aussi avec FriendFeed ou Profilactic : ce sont des agrégateurs de profils. SecondBrain est pas mal aussi dans le genre !
  • L’intérêt de tous ces outils, c’est aussi qu’ils fournissent des badges et des scripts faciles à installer sur votre blogs, ou des applications à destination de Facebook par exemple. Si bien qu’en quelques clics, vous pouvez installer un bouton d’abonnement pour vos lecteurs, un player pour la musique que vous écoutez, etc..
  • Et le mieux pour faire voir son identité numérique, c’est encore de la montrer dans la vraie vie. Genre une photo de Narcisse imprimée sur mon T-shirt : iKodz me permet de faire ça : le site web génère un code 2D (un dessin que reconnaissent les téléphones mobiles et qui contient des infos). Je peux coller ce code 2D sur mon site, et les visiteurs atterriront sur un agrégateur de profils. Le must : je vais imprimer ce code sur un t-shirt, et dans une soirée, dans me métro, on pourra me photographier le code et arriver sur ma page !
  • Vu tous les services utilisés pour créer et gérer son identité numérique, je vous laisse imaginer le nombre d’identifiants et mots de passe à retenir.
  • Usernamez permet déjà de savoir si mon pseudo (genre Narcisse) est déjà pris sur les sites qui m’intéressent. Si c’est dispo, je m’inscris et j’utilise un mot de passe. Différent à chaque fois ? En guise de réponse,  je vous conseille de lire mon article dans cet ebook « Mon identité est certifiée ».
  • Vous avez vu qu’à chaque fois, je vous proposai plusieurs sites partageant le même objectif. C’est à vous de les tester : le design, le feel-n-like, les fonctionnalités ne plaisent pas à tout le monde. Inscrivez-vous de partout, testez-les et faites votre choix. Après, ne supprimez rien, mais investissez-vous à fond dans les sites que vous aurez choisis. C’est comme ça que vous aurez une belle identité numérique !

L’identité numérique entre impressionnisme et congruence

Posted in réflexions on février 23rd, 2009 by Julien PIERRE – 3 Comments

Je remets ici un commentaire que j’ai laissé sur un billet d’Emmanuel Gadenne, de webusage.net, et auquel Fadhila Brahimi avait préalablement réagi.

Au départ, Emmanuel Gadenne propose une vidéo de Brian Carter (a funny keynote speaker), et pose la question suivante :

Faut-il à tout prix être cohérent dans sa prise de parole pour se forger une identité numérique consistante ou faut-il être le plus sincère possible et montrer toutes les facettes de ses talents au risque de brouiller son image ?

Voici ma réponse :

Très intéressant en effet, très stratégique : ça touche en effet directement au personal branding, et à l’objectif qu’on se fixe, être cohérent dans sa parole numérique, mais aussi être cohérent avec son identité propre (IRL).
Or, notre identité réelle est-elle unique ou fragmentée ?
Si je prends mon cas : mes parents m’ont donné un prénom, l’État un n°INSEE, mes enfants m’appellent Papa et mes élèves Monsieur. Mes amis m’ont donné un surnom et je me suis choisi un pseudo sur le web. A chaque identifiant correspond une (facette de mon) identité. A chaque interlocuteur correspond une identité. Puis-je avoir le même discours pour chaque public ?
C’est bien l’idée que d’utiliser plusieurs outils pour gérer ses différentes facettes (Facebook = maison, LinkedIn = bureau, MySpace = bistro, comme le signalait un boss de LinkedIn et je complète avec Twittter = jardin public).
Il est dur d’assurer une cohésion au milieu de tout ça, mais est-elle seulement nécessaire ? Suis-je suivi par les mêmes sur chaque outil ?
Comme on dit, « la flèche n’a de sens que par rapport à l’objectif ».
Autrement dit, pour rebondir sur la remarque de Fadhila, nous sommes dans le « Et » (même si le « Ou » n’est pas exclusif en français).
On peut donc être cohérent dans sa prise de parole pour se forger une identité numérique consistante ET (tout en étant) le plus sincère possible et montrer toutes les facettes de ses talents au risque de brouiller son image.
C’est peut-être un peu vague comme réflexion, mais je pense justement que l’identité (numérique) se façonne un peu comme un tableau impressionniste !

Série "Cathédrale de Rouen", par Claude Monet

Série "Cathédrale de Rouen", par Claude Monet

Justement, sur la page de Brian Carter, on découvre qu’il est tout à la fois animateur de conférence, stand-up comedian, acunpucteur, enseignant, auteur, expert en référencement et marketing web (certification Adwords) et musicien. Tout ça sur sa homepage !

Il cumule les profils (avec profilactic et d’autres outils de lifestreaming). On est sur des facettes agrégées. La question qu’on se pose, comme Emmanuel Gadenne, est de savoir si ce melting pot est lisible ou non. C’est pourquoi je parle de tableau impressionniste. En fait, le pointillisme serait plus adapté !

Portrait pointilliste de Seurat

Portrait pointilliste de Seurat

Je pense pour ma part que cette agrégation est une construction, impermanente (comme la lumière chez Monet), au pire allusive mais qui essaye d’approcher au mieux ce qu’on est IRL.

Ça me fait penser à ce que disait Marguerite Duras à propos de sa tenue vestimentaire (l’uniforme MD, dans la Vie matérielle) :

La recherche de l’uniforme est celle d’une conformité entre la forme et le fond, entre ce qu’on croit paraitre et ce qu’on voudrait paraître, entre ce qu’on croit être et ce qu’on désire montrer de manière allusive dans les vêtements qu’on porte.

On retrouve cette recherche de cohésion, mais qui conduit ici à une uniformité (recherchée pour cacher une difformité, aux yeux de MD, à savoir le complexe physique qu’elle entretenait sur sa petite taille). Chez Marguerite Duras, cette uniformité sert aussi à la distinguer : on la remarque dorénavant non plus par sa taille mais par l’uniformité de sa tenue (Gaultier lui consacrera même un défilé).

Karl Zero déguisé en Marguerite pour un défilé Jean-Paul Gaultier

Karl Zero déguisé en Marguerite Duras pour un défilé Jean-Paul Gaultier

Le vêtement, ou l‘avatar, ou la projection de soi que l’on fait dans la sphère publique peut donc viser à une congruence entre l’énoncé et son énonciation, entre  l’identité et l’identité numérique . Tout le défi de l’identité numérique est d’atteindre cette congruence. Mais est-ce légitime ? Ou utile quand on sait ce terme appartient au registre de la psychothérapie, et que l’identité fragmentée pourrait être associée aux troubles dissociatifs de la personnalité, on a de quoi s’inquiéter.

Et vous, essayez-vous d’être cohérent dans la gestion de votre identité numérique ? Et y arrivez-vous ?

Le filtre humain

Posted in réflexions on janvier 5th, 2009 by Julien PIERRE – 2 Comments

Je suis en train de réfléchir à un papier suite à un appel à communiquer, mais qui concerne l’intelligence collective (Chapitre français de l’ISKO, organisé par l’ENSSIB de Lyon). Or il n’y est que très peu question de l’individu :

Nous pouvons aussi nous interroger sur le rôle donné à l’usager au sein de ces nouveaux dispositifs informationnels.

Ainsi, je me demandais comment insérer les problématiques de l’identité numérique dans le thème de l’intelligence collective.

j’ai trouvé un début de piste chez David Armano (sur son site Logic+Emotion) : Comment Twitter et les réseaux sociaux filtrent le bruit pour produire du signal. Il nomme ce filtre l’Human feed et l’illustre ainsi :

Human algorithm

Human algorithm

Je synthétise son développement :

  • Nous avons depuis longtemps dépassé notre capacité à gérer et retenir l’information.
  • C’est pourquoi nous nous équipons d’outils (comme Google ou delicious).
  • Mais aujourd’hui les composants humains de Twitter (les followers) sont plus susceptibles de me fournir des infos pertinentes que les moteurs traditionnels.
  • Et si j’enrichis le flux humain avec mes réponses, il m’enrichit en retour à mes questions.

The human feed—human beings will become even more essential in helping us all filter signal from noise so we can make the most of the medium. It will be messy, organic and serendipitous in some ways, combining conversation with content. But context will be key.

As we dive into streams, that’s where our attention will be. If our trusted peers are swimming in those streams as well, we will look to them to help us stay afloat.

Si je souligne les trusted peers (pairs de confiance), c’est bien pour indiquer que l’intelligence collective qui se co-construit ici ne peut reposer que sur la confiance, et la réputation de ses agents.