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Compte-rendu du séminaire PROTEUS

Posted in compte-rendu on juillet 8th, 2009 by Julien PIERRE – 6 Comments
  • Mercredi 24 Juin 2009 – auditions Proteus
  • rue Damesme dans le 7è, Paris
  • Louise Merzeau (LM), Serge Tisseron (ST), Dominique Cardon (DC), Milad Doueihi (MD), Jacques Perriault (JP)
  • Pierre Piazza, Michel Alberganti
  • et plein d’autres (dont Gustavo, rencontré précédemment…)
  • (commentaire personnel)

Journée très agréable en ‘petit comité’. Un regret : pas de présentation des individus présents autour de la table (un comble !), et donc difficulté d’identifier ceux qui ont pris la parole ; et difficulté de se présenter quand on n’est pas ‘introduit’. Mais journée extrêmement riche en concepts, pistes et supports de réflexion.

Résumé

  • L’individu ne construit pas un récit : c’est le récepteur qui le produit.
  • acquisition des normes : nouvel apprentissage mais dangerosité du web
  • articulation (non formulée, et non idéalisée) autour de l’adhocratie (les clans dans WoW) et du P2P (rôle des pairs, surveillance transversale).

Compte-rendu

Exposition sur les SNS = représentation, visibilité, relation & traçabilité de l’identité (autogestion de son identité)

4 désirs, Serge Tisseron

  • Se raconter pour exister = « réseau coyote », psycho = compagnon imaginaire -> compagnon virtuel
  • Vouloir ne pas être oublié
  • Se cacher (intime) / se montrer (extime) = construction de l’estime de soi (fake) (cf. clair/obscur de Cardon)
  • Maitriser la distance relationnelle : nouvelle politesse : illusion de régler la distance
  • Immédiateté, pseudo oralité des SMS
  • Intimité associée à des espaces psychiques
  • Nlle économie de l’estime de soi
  • Nx esp de créativité
  • Espace de mémoire

Identité multiple ?

  • (effacement des caractéristiques  psychiques)
  • Il vaut mieux se faire remarquer que se faire aimer (google)
  • Prouver et se prouver
  • Rôle des pairs, effacement de la culpabilité : faire honte au lieu de culpabiliser (pas de sanction)
  • Culture de l’image (pensée par image, sensori-motrice, Cf. PIAGET)
  • Méthode d’apprentissage = par Essai/erreur
  • Surveillance de sujet/sujet, surveillance mutuelle (cf. Le meilleur des mondes)
  • Avatar, revue ‘adolescence’ : qu’est-ce qu’on cache, qu’est-ce qu’on montre  avec un avatar ?

LM = apprentissage des dispositifs ? formatage psychique

  • = apprentissage essai/erreur (cf. logique de drague), simuler la parité (être une fê sur un forum de séduction, découvrir, et revenir en hô, cf. Dominique Pasquier). Prise de risque car pas de culpabilité
  • WoW : meilleur espace de narration (car alternance du faire et du dire). Logique de relation > logique de jeu. Possibilité de rencontre IRL qui n’existe pas sur IRL

Dominique Cardon

  • Privacy : qui surveille ? (institutionnel + interpersonnel)
  • Dépasser la représentation, car Internet est basé sur le pseudonymat, et dc entrelacé à la vie réelle
  • WoW = autre univers de pratiques (! = univers scénarisé par l’éditeur prescripteur)

1.       Sociogeek = tendance à l’exposition finalement modérée. Présence n’est pas égale à exposition. Mais si stratégie de rencontre = alors besoin de visibilité.

A-traditionnel,  Quand on a séparé la chambre du salon, le salon est devenu un espace semi-public, avec les photos famille/vacances. Ce qu’on retrouve sur les SNS.

B-Corps amoureux, dénaturé.

C-théâtralisation, ‘exhib’, exagération, cool, avec les amis.

D-la provoc’ & le trash. E-le pudique (19%). Exposition non incontrôlée, ≠ paternalisme. Pas de naïveté des usagers, « on contrôle le décontrôle« . Réflexivité, en distance de soi.

2.       Débat sur la privacy = euphorie sur le potentiel marketing ou politique. Fermeture croissante des pages : embarras familial, amical, juridique, relationnel, etc.. (ils m’ont pas invité). = publication avec constitution (adhocratique) a posteriori (les repas d’avion sur Flickr). Un contenu qui provoque la constitution d’une communauté. Pas de visée communicationnelle des skybloggers (clair/obscur) = porosité du graphe social. S’accrocher à un contenu culturel

3.       Granovetter, liens faibles. Fréquence et intensité des liens affectifs (-> nb de dunbar). Périphérie = périmètre du web 2.0 (lee byron, tom lento, cameron marlow, itamar rosenn, facebook data).

= narration de soi. Quel récit réussit ? private joke, statut contexte-dépendant + nébuleuse relationnelle. Paradoxe du clair/obscur = sa porosité. Définition juridique = soit public, soit privé. Entre-deux conversationnel qu’on ne veut pas fermer, une sorte de fête ouverte à tout le monde mais où les participants sont -pas toujours- ratifiés. Cf. les recruteurs, kevin le banquier, le policier qui flique sur facebook le copain de celui urine sur un buisson

  • Danger du web sémantique !

ST = nécessité de la culture informationnelle et de l’apprentissage à l’identité numérique

  • Le récit participe-t-il d’une identité narrative ?
  • Hétéro-déterminisme de l’école de francfort

JP = digital natives (prensky). Barbier-Bouvet, statue du commandeur, chœur antique des manipulateurs à beaubourg. Théorie du sujet.

LM = immersion constante, sans recul.

  • Eviter la casse de l’apprentissage qui provoque la virtuosité des ados dans la relation sociale en ligne.
  • Nécessité d’une digital literacy, idéologie du libre = idéologie de l’apprentissage (cf. contrat social des développeurs de Debian)
  • Effet de récit dans la réception, mais pas dans la production
  • Voir twitter au brésil

Milad

  • Il n’y a pas de loi sur la privacy (tradition) : état plastique de la privacy = chez soi. Urbanisme virtuel. Identité polyphonique = anthologique, ontologique (philo & sémantique). SSO -> agrégat
  • Amitié = rôle de l’image, cartographie virtuelle de l’idnum ; rôle de calcul (bacon, cioran), stratégie de sociabilité numérique
  • Image = icône, portrait, embleme, économie de l’imag. Credo -> fides. Reputation framework
  • Autres mondes virtuels = myminilife ≠ SL
  • Construction des comparables dans la constitution de l’identité = territorial/généalogique Auj’hui = agrégat de l’historique, comparé au réseau intime = spécificité + lisibilité
  • Sortir du web social -> ontologie web sémantique, web 3.0, web d’un savoir structuré (wolfram alpha, google sware)
  • Visualisation : index -> sources ouvertes. Web2 = plateformes vides (contraintes ou opportunités) = l’utilisateur fournit le contenu. W3 = le contenu existe déjà
  • Réputation essentielle = fiabilité des données ; complexification du code -> tendance normative (gouvernement/contestation) = agrégat de format (microformats) = nlle juridiction, nlle pratique
  • Sf  = choix entre l’intelligent et le vivant (autonomie ou contrôle de l’avatar).

LM = zone conversationnelle en décomposition / inédit de la recomposition. Prospective impossible.

  • Cryptage (microblogging)
  • Faut-il insister sur la radicalité de la nouveauté ?

DC = Goffman = universalité du calcul relationnel (nous étions plus fragmenté il y a 100 ans). Pression normative de la transparence

  • Le numérique apporte une nouvelle matérialité : index = lieu d’oubli au lieu de la mémoire

JP = accepte-t-on l’hypothèse de l’interaction technique/société ? Le codage n’était pas présent il y a 50 ans. Question épistémologique du contrat proteus

  • Elias et le calculabilité

ST = Identité multiple ≠ pathologie, personnalité multiple

  • Les identités permettent de cerner LA personnalité
  • Idnum liée à l’interface = interface ≠ -> idnum ≠
  • Facilité de l’usurpation numérique
  • Nouveauté = régime de croyance. Je crois -ou non- à l’authenticité de l’identité d’autrui
  • Avatar ou robot = le répondeur téléphonique ?
  • Auj’hui = hyperidentité : j’ai la possibilité de mieux me connaitre, et dc pression normative
  • La certification par les pairs ≠ usurpation

ST : « Web = accélérateur de particularités »

JP = La question va devenir politque. Qui est le sujet ?

ST = viol virtuel sur SL. L’avatar visuel a un écho sensori-moteur

  • Numérique = dématérialisation ? ricoeur et l’identité
  • Binaire = espace sans valeur. Le oui équivaut au non.

JP = peut-on se passer de la notion de l’id.num. ? saut  conceptuel : à faire ou non ?

  • Il n’y a pas de modèle politique pour définir l’id.num. (cf. droits de l’homme et du citoyen)
  • Liberté, égalité, fraternité à l’heure du numérique, Michel Arnaud
  • La réalité économique et politique empêche la dissociation des identités numériques

Après-midi

  • Identification, authentification, traçabilité
  • Projet PERICLES = rapprocheur de fichiers gendarmerie+police+données ouvertes (stic+admin+internet) = profilage

Histoire

Identifier les pestiférés (bullette de santé), traçabilité des marchandises et des navires

  • Traçabilité des mouvements = normalisation de l’identité personnelle -> registre paroissial, police de la cité (repris de justice, soldat, commerces ambulants, migrants, ts ceux qui pénètrent les portes de la ville). Identifier par l’écrit/enregistrement : ceux qui hébergent. Port de document (papier, badge, plaque). Registre + certificat
  • Centralisation des données
  • Agents spécialisés
  • Réduction des formats papier, carte rigide, livret, numérotation (relation identifiant-individu)
  • Passeport obligatoire pour tte la population /s Nier = instrument de surveillance. Maires + fonctionnaires de police
  • Procédé lent : mouvement des populations, tps de contrôle des individus
  • MAIS changement de paradigme : réseaux = chemins de fer + télégraphe -> anthropométrie.
  • Nouvel âge de surveillance ? ré actualisation du débat du XVIIIe = nlle accélération
  • Cartes privées puis officialisées par un juge
  • Cartes dans des cadres privées (francs-maçons)

  • RFID = identification par radiofréquence, cf. pass navigo + passeports biométriques + péages automatiques, arbres et livres parisiens, animaux domestiques et d’élevage (voir aussi antivol magasin avec 1 info), surveillance des enfants, bracelets des nouveaux-nés
  • Conservation du flux du passager = 48h, cette traçabilité n’est pas le fait d’une organisation publique
  • Remplacement du code-barre : 1 objet = 1 identifiant (besoin  issu de la logistique)
  • Extension du domaine de la logistique -> supermarché : gestion des rayons, gestion du passage en caisse -> quid de la puce à la sortie du magasin ? Puce sur vêtement, dans le frigo, etc..
  • Consultation commission européenne = désactivation de la puce à la sortie ; sauf opt-in du consommateur (il demande à ne pas désactiver)
  • L’individu ne peut pas lire la puce aujourd’hui
  • Le contenu de la puce peut être modifiée a posteriori = cycle de vie du produit
  • Faible portée du lecteur aujourd’hui (quelle distance de lecture ?)
  • RFID = cookie délivré par le supermarché = profilage commercial et publicitaire = small brother
  • RFID = preuve du comportement IRL (utopie gestionnaire)
  • Logistique -> distribution -> consommation et usage.
  • Aucune transparence dans les projets et fonctionnements institutionnels impliquant la CNIL.
  • Permis + aux USA : RFID dans le permis pour suivre les migrations à la frontière US/Canada
  • Il n’y a pas de contrepouvoir sécuritaire (heureusement que la démocratie n’a été pas construite sur ce principe : si l’on a rien à se reprocher, on n’a rien à craindre).
  • Quand on veut surveiller, il n’y a pas de limite

Paradigme de l’identité réduite à ce que porte l’individu et non à ce qu’il est

  • P1 : il existe des contrepouvoirs : judiciaire.
  • Procédure pénale : témoignages + éléments factuels (preuve scientifiques) + traces numériques. Supériorité de la preuve scientifique ou numérique au témoignage. Quelle connaissance en a le juge ? Quel impact dans l’usage des policiers ?
  • Généralisation des procédés technologiques à toutes les activités et tous les acteurs : prélèvement ADN (FNAEG). On ne peut plus échapper à la technologie.
  • PN > DSP + DCI + DPJ + Préfecture de Police > 36, quai des orfèvres > Brigades centrales > Sous-direction financière > Répression de la délinquance des NTIC (29 personnes, + 2 groupes d’enquêtes délégués, 1 groupe d’initiative, + 1 de récupération des données = 7 personnes pour 10 millions d’habitants)
  • Criminalité infformatique (attaque des réseaux) + cyberdélinquance (délinquance sur le net). Plusieurs services dédiés à l’identification de la personne : identité = nom associé à celui qui commet la faute. Identification = ensemble des procédés pour obtenir l’identité. Identification de l’identité numérique = très difficile.
  • Il n’y a pas d’AOC sur l’identité : je peux prendre un pseudo tant que je ne cause pas de tort au titulaire légitime de l’identité.
  • Stratégie d’évitement des criminels.
  • Profilage grâce au ’sens policier’.
  • Moultes anecdotes croustillantes

  • P2 = centralisation des enquêtes sur les contenus (site néonazi et +ieurs enquêtes en cours), en partenariat avec les acteurs du web (MySpace, etc..) qui identifie le site frauduleux. Repositionnement sur compétence territoriale. 1000 signalements par semaine. Quel stockage pour ces signalements ?
  • Travail d’enquête sur l’affirmation (anonyme) : passage de la donnée impersonnelle à la donnée personnelle (code des telecoms). Adresse IP ? donnée identificatrice. IPv6 ?
  • Internet = ouverture d’un nouveau volume de criminalité, moyens d’investigations différents à étayer avec des moyens traditionnels.
  • Proxy, TOR, etc.. = nécessité d’en retourner aux moyens traditionnels.
  • Le policier a droit de prendre un pseudo pour son enquête = uniforme/civil
  • Police prédictive ? contraire au droit français positif qui repose sur le fait/la preuve.
  • Réserves du conseil constit. Sur hadopi = individualité de la peine / renversement de la charge de la preuve
  • Police administrative = prévention
  • Curseur à positionner entre liberté individuelle et bien collectif
  • Quel stockage pour l’identité ? STIC > ARDOISE, alimentation en tps réel (pb pour les policiers qui vont être fliqués)

Authentification et certification pour les newbies

Posted in bazar on avril 16th, 2009 by Julien PIERRE – 4 Comments

Article initialement prévu pour l’ebook « Cultivez votre identité numérique », mais trop long :-(

Petit billet sans prétention technique qui vise uniquement à vulgariser et clarifier les questions d’identification et authentification sur Internet. Certains puristes pourraient avoir les cheveux qui se dressent sur la  tête à la lecture de ce qui va suivre : qu’ils ne m’en tiennent pas rigueur, cet article ne leur est pas destiné ;-)

Pourquoi s’identifier ?

Sur le web, je mène des transactions très variées : j’achète et je vends sur des sites marchands, je consulte mes comptes bancaires, je télé déclare mon statut auprès de l’administration (impôts, pôle emploi). Au travail, je m’identifie pour ouvrir une session et avoir accès aux applications et aux bases de données. Le reste du temps, il faut encore que je m’identifie pour les mails, les forums, les commentaires et tous les services web que j’utilise (YouTube, Facebook, etc..).

De l’autre côté, j’ai parfois besoin d’avoir une garantie sur l’identité de mon interlocuteur : ce vendeur est-il un escroc, un marchand professionnel ? Qui est ce lecteur qui m’a laissé des commentaires ? Est-ce bien cet homme politique ou cette star de la chanson dont je suis en train de lire la page perso ? S’agit-il d’un fake (faux profil) ou d’un robot ?

Les risques

Préserver son identité, c’est se prémunir contre l’usurpation. Si quelqu’un dispose des informations nécessaires pour se connecter à vos outils, il peut avoir accès à votre boite mail, votre compte en banque, il peut faire de fausses déclarations au fisc, insulter n’importe qui dans des forums ou sur des blogs, et tout ça en votre nom. Il peut vous dépouiller de votre identité, de vos finances et de votre réputation. La sécurisation de l’identification est donc vitale dans une société où de plus en plus d’interactions ou transactions se font par Internet.

Nous allons voir qu’il existe finalement plusieurs façons de se connecter à une application web, avec pour chacune des avantages et des inconvénients. Mais d’abord, un peu de définition…

  • Identification : je dis qui je suis
  • Authentification : je prouve être celui que je prétends
  • Certification : un tiers prouve qui je prétends être
  • Autorisation : si l’authentification ou la certification sont valides, je dispose des droits pour pénétrer le système et en exploiter les ressources

Commet s’identifier ?

La façon la plus fréquente de s’identifier sur un site web (authentification simple) est encore de saisir le couple identifiant / mot de passe. Le premier m’identifie, le second m’authentifie : je prouve être le propriétaire de l’identifiant. Je suis moi !

  • Evitez les dates de naissance, surnom ou diminutifs ainsi que toute donnée personnelle pour construire vos mots de passe. Au contraire, choisissez un ensemble de lettres, caractères spéciaux et chiffres sans signification. Testez-le ici par exemple !

One password to rule them all

Ensuite la question est de savoir si ce couple sera le même sur tous les sites web auxquels on se connecte.

  • Si vous avez la certitude que votre mot de passe est suffisamment complexe, pourquoi pas. Mais gardez à l’esprit que vous mettez tous vos œufs dans le même panier (dans le jargon, on dit ‘donner les clefs du château’). Il existe aujourd’hui des outils en ligne (passpack.com ou clipperz.com) et des logiciels (KeePass) qui vous aident à mémoriser vos mots de passe. Ils sont d’autant plus utiles si vous êtes nomade et que vous vous connectés depuis différents ordinateurs.
  • Si ce sont des ordinateurs à accès public (plusieurs personnes peuvent l’utiliser : cybercafé, entreprise, réseau familial), n’oubliez pas d’effacer vos  traces après votre session de navigation (pour que le petit dernier n’aille pas jouer en bourse à votre place, ou que votre collègue n’aille pas draguer vos copines sur MSN).
  • Si vous utilisez un seul ordinateur, les navigateurs peuvent mémoriser tous vos mots de passe, avec l’aide d’extension par exemple (Sxipper). Ca n’évite pas de saisir à répétition les identifiants requis par chaque site web que vous visitez.

Aujourd’hui, beaucoup d’organismes (entreprises, associations) proposent ce qu’on appelle l’authentification unique. Avec un couple unique, et saisi qu’une seule fois (Single Sign-On, SSO), vous avez accès à tous services web, sans avoir à vous connecter sur chaque d’entre eux.

  • Fédération d’ID centralisée et localisée : Microsoft utilise et installe CardSpace dans Windows Vista. Vous saisissez votre Windows Live ID (adresse mail + mot de passe). Celle-ci est ensuite conservée sur votre ordinateur. A chaque sollicitation de la part d’un service web, CardSpace crypte votre identifiant et vous ouvre les portes du service. Mais peu de sites web ont adopté CardSpace (eBay l’a même abandonné). En guise de réponse, Microsoft va lancer Geneva, qui reposera sur OpenID.
  • Fédération d’ID décentralisée : OpenID. Il n’y a plus une entreprise seule qui vous authentifie (comme Microsoft) en lisant un fichier sur votre ordi, mais plusieurs qui partagent (plus ou moins) les informations que vous avez saisies sur leurs sites web.
    • Vous utilisez un couple de connexion (identifiant/mot de passe) sur un fournisseur d’identité (OpenID provider : orange.fr, claimID, MyOpenID).
    • Vous obtenez alors une URI, une adresse web (moi.openid.net).
    • Après, chez un fournisseur de service, un site web reconnaissant OpenID, vous tapez comme identifiant cette URI.
    • Vous êtes redirigé vers le fournisseur d’identité qui vous authentifie auprès du site web, le fournisseur de service.
    • Vous pouvez désormais surfez librement.
  • OpenID est de plus en plus reconnu par les grands acteurs du web d’aujourd’hui (IBM, Verisign, Google, Yahoo!, Microsoft, MySpace, Facebook, DailyMotion, etc..). Mais cette acceptation d’OpenID n’est pas suivie de contrepartie.Prenons un exemple avec Yahoo! (mais ça marche aussi avec les autres) :
    • vous pouvez créer un compte Yahoo! qui vous servira d’OpenID chez d’autres fournisseurs de service (principalement ceux de la galaxie Y!), mais vous ne serez pas autorisé à vous connecter avec une OpenID qui ne provient pas de chez Yahoo!
    • En échange, chaque grand acteur déploie sa plateforme d’authentification propriétaire, avec notamment le match entre Google Friend Connect et Facebook Connect (et MyBlogLog de Yahoo! en outsider). Ca veut dire que l’identité d’un commentateur est certifiée par Facebook, par exemple. Ca aide aussi à construire une communauté ‘certifiée’ et plus dynamique. Mais ça reste très compliqué techniquement, et encore un peu jeune…
    • Notez aussi qu’avec un peu de technique, et un serveur web, vous pouvez devenir votre propre fournisseur d’identité ! Et ça, ça élimine au moins plusieurs risques.

Les nouveaux risques

  • La confiance dans le tiers qui certifie votre identité : ce n’est pas parce qu’une identité est certifiée par un organisme dont j’ignore tout que cette identité est réelle. Le fournisseur doit donc adopter des méthodes de certification de mon identité réelle (par Carte bleue comme MyID.is ou en face à face comme Certinomis). De plus, il faut s’interroger sur l’utilisation de données personnelles par une entreprise commerciale, et sur leur devenir en cas de faillite.
  • Le phishing consiste à vous présenter la copie identique d’une page web à laquelle vous avez l’habitude de vous connecter. Quand vous saisissez vos identifiants, ils sont enregistrés dans la base de données pirate. Il n’y a plus qu’à les réutiliser sur le vrai site web pour avoir accès à votre compte en banque, etc..
  • Des keyloggers (installés par des virus ou des chevaux de Troie) peuvent enregistrer vos identifiants au moment où vous les saisissez au clavier. Ils sont transmis ensuite au pirate qui s’en servira allègrement.

Il est donc nécessaire de déployer de nouvelles règles d’authentification, ce qu’on appelle l’authentification forte. Il s’agit en fait de rajouter un moyen de certifier l’identité.

  • Ce que je sais: un mot de passe, la réponse à une question secrète; ou ce que je sais faire: lire un texte (captcha), une série de geste (ma signature), etc..
  • Ce que je suis(biométrie): photo, fréquence de la voix, lecture de l’iris, empreinte digitale ou palmaire, ADN
  • Ce que j’ai: une clé, un objet (un token) qui peut aussi me délivrer un mot de passe renouvelé toutes les heures, ou un mot de passe à usage unique One Time Password), une carte à puce (avec code PIN comme la carte bleue; Match on Card, qui dit oui un non sans envoyer d’autre information), un mobile sur lequel je reçois le mot en passe via SMS, etc..

C’est pourquoi, bientôt, peut-être, on se connectera avec des lecteurs de carte à puces, ou après s’être fait scanné les empreintes digitales. Une fois que nous serons authentifiés, le système nous laissera entrer sur le Web et nous pourrons surfer en toute liberté. Savoir si cette liberté sera effective, si ce scénario se réalisera ou si d’autres techniques d’usurpation apparaitront sont autant de questions intéressantes sur lesquelles il faudra débattre ailleurs ;-)

Narcisse et moi : une journée avec identité numérique

Posted in bazar on avril 16th, 2009 by Julien PIERRE – 1 Comment

Article initialement prévu pour l’ebook « Cultivez votre identité numérique », mais trop long :-(

Calendrier du parfait petit jardinier numérique

Mon identité numérique et moi, on ne se quitte plus ! Maintenant, c’est 24/24 ensemble. Il faut juste penser à l’arroser, la bichonner et le mieux c’est encore de le faire tous les jours. Mais à force de soins, mon identité s’est répandue sur tout le Web, et maintenant, il faut que je parcoure la Toile pour voir comment se porte Narcisse. Je dois vérifier comment mon identité apparait aux yeux des autres, ce qu’ils en pensent et aussi lutter contre les vilains chronophages.

Vous trouverez ici quelques conseils et astuces pour gérer votre identité numérique sans perdre votre temps ! Revue de détail de mon emploi du temps.

  • Il est 6h, je me réveille (si si), je mets à jour mon statut (j’en connais que ça intéresse). Le problème, c’est que mes amis à plantes vertes (ceux qui sont aussi matinal que moi) poussent dans des serres toutes différentes : les geeks sur Twitter, les musicos sur MySpace ou Blip.fm, les collègues sur LinkedIn, les graphistes sur Flickr, les copains sur Facebook, etc. Alors, pour ne pas perdre de temps, moi je passe en mode arrosage automatique : j’utilise hellotxt. Ça met à jour les services que j’ai cités + Pownce + Hi5 + Plurk + Tumblr et encore tout un tas d’autres… Je peux non seulement saisir du texte, mais aussi mettre des images et des vidéos en ligne, et le tout en bidirectionnel : je diffuse mon statut et en même temps je suis informé de celui des membres de ma tribu.
  • Si vous êtes du genre bavard, à laisser des commentaires partout, préférez plutôt des services comme cocomment (centralisation) ou disq.us (modération). Et si ce sont vos amis qui sont bavards, alors dirigez-vous vers FriendFeed ou MyBlogLog (qui apporte aussi des services communautaires lié à votre site web). Ainsi, que vous soyez bavards ou que ce soit vos amis, vous pourrez suivre toutes les conversations engagées partout sur Internet !
  • 10h, au travail. J’emmène aussi mon identité numérique. Mais là, c’est pour ouvrir ma session ou me connecter à des applications professionnelles. Cela dit, j’ai besoin de consulter mes mails (derniers commentaires, sollicitations de réseau social, lifestreaming des uns et des autres, etc..), de gérer mes priorités, mes documents, mes activités, etc… Tout ça aussi, ça appartient à Narcisse, ça fait partie de mon identité ! Pour m’aider, j’ai tout regroupé au sein de GMail : je peux centraliser tous mes comptes mails sur une seule interface, recevoir mes courriers de chez free ou hotmail par exemple, et en envoyer avec ces adresses-là. Idem, avec Firefox et les bonnes extensions, je gère depuis GMail mes taches (service rememberthemilk + extension), mes documents (Google Docs), mes activités (Google Calendar). On s’approche du bureau virtuel. Et si je suis très nomade, j’embarque tout ça sur mon smartphone.
  • 18h, de retour du travail. Je n’oublie pas de peaufiner mon identité numérique, des fois qu’elle intéresse un recruteur. Et là, mon identité numérique, je la bichonne : j’en fais un top CV ! J’ai mis mon CV au format PDF en téléchargement depuis mon site web, ainsi que sur une page web, avec plein de microformats à l’intérieur pour améliorer sa lisibilité par tous les navigateurs de demain. Mais attention, si je laisse mes coordonnées (tel, adresse, mail)  accessibles à tous, je risque le spam ou le vol d’identité ! Le mieux, c’est de passer par un site qui me mettra en relation avec les recruteurs, tout en cachant (obfuscation) les données sensibles aux yeux des malotrus. Avec DoYouBuzz par exemple, je peux de manière intuitive mettre en ligne mon parcours de formation et mes expériences professionnelles, le tout relié à LinkedIn ou Viadeo. Ziki mélange un peu les genres : c’est un connecteur de réseaux professionnels mélangé à un agrégateur de profil. Plus j’occupe le terrain, plus j’ai de chance d’être repéré par les recruteurs.
  • 20h. Le soir, mon identité numérique et moi, on fait le bilan : outre les commentaires que j’ai lâchés à tout va, tel la Semeuse, j’ai bookmarqué des liens avec del.icio.us ou Diigo, j’ai écouté de la musique sur Blip.fm ou Spotify, j’ai lancé plein de tweets et j’ai mis à jour mon statut avec Facebook. J’ai même eu le temps de poster quelques billets sur mon blog. Bavard, vous disais-je. Une vraie abeille butineuse ! Et j’aimerai que tout ça n’échappe à personne. Alors, pour me simplifier la vie, je regroupe l’ensemble et je le diffuse à un seul endroit : ça s’appelle le lifestreaming. Tout ma vie online et sur une seule page ! Je peux faire ça aussi avec FriendFeed ou Profilactic : ce sont des agrégateurs de profils. SecondBrain est pas mal aussi dans le genre !
  • L’intérêt de tous ces outils, c’est aussi qu’ils fournissent des badges et des scripts faciles à installer sur votre blogs, ou des applications à destination de Facebook par exemple. Si bien qu’en quelques clics, vous pouvez installer un bouton d’abonnement pour vos lecteurs, un player pour la musique que vous écoutez, etc..
  • Et le mieux pour faire voir son identité numérique, c’est encore de la montrer dans la vraie vie. Genre une photo de Narcisse imprimée sur mon T-shirt : iKodz me permet de faire ça : le site web génère un code 2D (un dessin que reconnaissent les téléphones mobiles et qui contient des infos). Je peux coller ce code 2D sur mon site, et les visiteurs atterriront sur un agrégateur de profils. Le must : je vais imprimer ce code sur un t-shirt, et dans une soirée, dans me métro, on pourra me photographier le code et arriver sur ma page !
  • Vu tous les services utilisés pour créer et gérer son identité numérique, je vous laisse imaginer le nombre d’identifiants et mots de passe à retenir.
  • Usernamez permet déjà de savoir si mon pseudo (genre Narcisse) est déjà pris sur les sites qui m’intéressent. Si c’est dispo, je m’inscris et j’utilise un mot de passe. Différent à chaque fois ? En guise de réponse,  je vous conseille de lire mon article dans cet ebook « Mon identité est certifiée ».
  • Vous avez vu qu’à chaque fois, je vous proposai plusieurs sites partageant le même objectif. C’est à vous de les tester : le design, le feel-n-like, les fonctionnalités ne plaisent pas à tout le monde. Inscrivez-vous de partout, testez-les et faites votre choix. Après, ne supprimez rien, mais investissez-vous à fond dans les sites que vous aurez choisis. C’est comme ça que vous aurez une belle identité numérique !