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Liens du 23/07/2009

Posted in veille on juillet 23rd, 2009 by Julien PIERRE – Commentaires fermés
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L’identité numérique appartient à ceux qui se lèvent tôt

Posted in réflexions on juin 12th, 2009 by Julien PIERRE – Be the first to comment

Samedi 13/06, à 06h10 heure française : gros rush sur facebook.com/username.

Le célèbre réseau social se lance dans la vanity URL, autrement dit vous pourrez disposer d’une adresse web à votre nom, du genre facebook.com/julienpierre, ce qui est toujours mieux que facebook.com/profile.php?id=501397046.

Le navigateur comme un miroir : ‘dis-moi que je suis le plus beau fameux’

On imagine tout ceux qui vont mettre leur réveil demain à 06 heures du mat’ pour obtenir leur URL nominative : les VIP, les chargés de comm’ des VIP et entreprises, les stars du net et de l’école, les Sun-Tzu du personal branding et autres accros égomaniaques qui kifferont grave de voir leur nom en URL.

La proposition de Facebook étant sur le mode premier arrivé, premier servi, et vu finalement le peu de diffusion de cette nouvelle (un bandeau à supprimer dans le profil Facebook), il y a fort à parier que le nombre de ‘fakes’ va grossir dans le but d’avoir son facebook.com/britney ou facebook.com/sarkozy !

La guerre des homonymes aura-t-elle lieu ?

On imagine donc sans peine tout le cybersquatting que cela va engendrer, même si Facebook et -déjà- des entreprises se chargent d’authentifier la légitimité à disposer d’une telle URL. Chris Messina rappelle ce que Tim O’Reilly prédisait pour l’ère du 2.0 et du cloud computing : la nécessité du ‘namespace dominance‘, pour les entreprises autant que pour les individus.

Quoi qu’il en soit, en ce qui me concerne, vu le nombre d’homonymes auquel je suis confronté, je crains de devoir m’y coller de bonne heure (tout dépend de l’apéro de ce soir, en fait…)

Mais en fait, il faut se rappeler que nous n’avons aucune visibilité sur l’avenir économique de Facebook, et nous continuons cependant à confier à cette entreprise privée de droit américain la possibilité de disposer de notre nom patronymique ou comme d’un nom de marque. A ce propos, où sont les CGU à propos de ces ‘vanity URL’ ? Dans la FAQ, il est expliqué que la confidentialité de l »username‘ est la même que celle du profil (privacy settings), c’est tout…

Brian Oberkirch racontait à quel point il trouve ridicule aujourd’hui le fait de se présenter par son nom d’utilisateur twitter.

— ‘Hi I’m @jack’

Mais il faut signaler que Google, par exemple, propose depuis peu les Profiles, et l’URL qui va avec (google.com/profiles/artxtra par exemple). La plupart des réseaux sociaux ont cette fonctionnalité dans leurs bagages. Encore avant, il y avait eu la même vanité à ne donner comme identité que son adresse mail. Cette logique est constante dans le web.

Oberkirch préconise d’axer l’essentiel de son identité numérique sur un nom de domaine (comme le conseille Eric Dupin pour nos enfants). Pourquoi ?

  • Pour éviter le cybersquatting.
  • Parce que c’est plus attractif que n’importe quelle autre URL !
  • C’est SEO-friendly !
  • Ça permet une plus grande transparence dans les relations connectées (une fois débarassé des fakes)
  • Ça limite la fragmentation de l’identité
  • Et enfin pour rester maitre d’identifiants qui à terme pourraient devenir aussi universels que le nom de famille.

En Estonie par exemple, les citoyens disposent d’une carte d’identité électronique associée à une OpenID : 1 par habitant ! Pourquoi ne pas imaginer la même chose dans le reste de l’Europe et en France ?

Chris Messina note aussi que le nom patronymique tend à remplacer le pseudonyme dans les logiciels sociaux (réseaux, médias, graphes).

Dans la liste précédente, 2 arguments sont ambigus :

  1. la transparence, et donc l’impossibilité de se cacher. Pour vivre heureux, peut-on encore vivre caché ? Happiness only real when shared, dirait Christopher McCandless. Mais si l’on considère les réseaux sociaux comme des dispositifs de surveillance, cette transparence devient dangereuse.
  2. l’unicité de l’identité, et donc l’obligation de tenir un seul rôle (cf. Goffman). Or si l’identité non connectée est plurielle (civile, familiale, amicale, professionnelle, etc.) : l’identité connectée devrait l’être aussi (1 rôle = 1 profil).

Le corps mis à nu…mérique

Posted in dispositifs on juin 11th, 2009 by Julien PIERRE – 2 Comments

C’est grave, docteur ?

Ca vous gratouille ou ça vous chatouille ?

Ca vous chatouille ou ça vous gratouille ?

Le cabinet médical est un lieu à part dans notre rapport à la nudité. Les soucis de santé nous obligent au dénudement : il faut se déshabiller, ôter ses vêtements. L’auscultation, la palpation, l’examen clinique sont nécessaires, mais peut-être encore plus désagréable est le regard du médecin. Alors qu’on le voit sublime ou faillible, notre corps devient objet d’étude. Le praticien sans a priori se débarrasse de nos complexes psychologiques pour se focaliser sur notre corps comme complexe physiologique, systémique. La médecine moderne va régler a posteriori les défauts, huiler la mécanique, et c’est rassurant : la cure n’est possible que parce que le corps a été considéré comme une machine. Dévoiler cette machine n’engage plus les mêmes enjeux dorénavant. Néanmoins des freins subsistent.

En effet, il faut dévoiler aussi des choses de l’intime, décrire par les mots des fluides autant que des états d’âme. Le discours procède également de l’objectivité : le médecin a besoin de traduire, de replacer dans son lexique les mots que nous déployons (selle, sécrétion). Il en vient même à filtrer les propos du patient, à réduire les maux|mots. On peut craindre alors la disparition de la parole du patient derrière la technicité du médecin.

Dites 33 !

La dimension technique apparait justement dans la mesure (cf. anthropométrie) : mensurations, températures, courbes ; et dans les outils de mesure, dont la prolifération apparente la visite chez le généraliste à celle d’un cabinet de curiosités : toise, balance pour faire simple, tensiomètre, cardiographe, doppler pour les plus complexe.

Afin d’établir un diagnostic plus précis, les progrès scientifiques permettent désormais une observation non invasive de l’intérieur du corps humain. On retrouve ce genre d’exploration dans les rayons X, l’échographie, l’IRM ou l’endoscopie. Dorénavant, le ressenti des patients est remplacé par l’analyse de l’image, même si une part de subjectivité persiste encore dans l’interprétation du médecin (par précaution) et dans celle du patient (qui retourne de l’image à l’imaginaire).

L’utilisation de l’imagerie peut accentuer une dissociation entre le corps subjectif ressenti par les malades et le corps objectivé et visualisé par l’appareillage technique.
DUTIER, Aurélien. La place de l’imagerie médicale dans la relation soignant/soigné lors de l’annonce en cancérologie. Thèse de doctorat en Éthique médicale, décembre 2008. Paris Descartes.

On arrive à cet homme transparent dont parle Serge Cacaly. Avec la télé-médécine, ce sera même un homme absent :

Elle [la télémédecine] crée donc le médecin-téléexpert, mais également, le malade « télésoigné ». Ce sont des concepts qu’il faut savoir rapporter dans ce qui fut la longue démarche de la constitution de l’individualité, de son autonomie, de la notion de ‘homo medicus’, [...] puis ‘homo biologicus’.
[...]
La standardisation des dossiers médicaux pour servir la télémédecine, n’est-elle pas une standardisation des malades?
HERVIER C., GAILLARD M., BONTEMPS A.-F. L’accès aux soins à l’aide de la télémédecine : enjeux éthiques.

Première photo au rayon X

Première photo au rayon X

De la piqure à la carte

Avec le Dossier Médical Personnal (DMP), la parole devient même complètement inutile : l’ensemble du parcours médical (antécédents, images médicales, comptes-rendus diagnostics ou thérapeutiques) est numérisé au sein de la puce, lue par le terminal du médecin ou du pharmacien. Le patient n’a plus à se présenter : la parole est niée.

La consultation d’un dossier est plus rapide et plus commode qu’un interrogatoire ? Oui, mais l’interrogatoire, déjà réduit en médecine générale, va donc tendre à disparaitre ? Et quand, par hasard, une discordance apparaitra entre le discours du patient à son médecin, et l’écrit du DMP, que croire ? L’écrit ayant toujours plus de valeur juridique que l’oral, les paroles d’un patient sont-elles condamnées à n’avoir plus de sens ?
Pierre-Charles Cristofari, psychiatre, membre du SNPP.

Sans rentrer dans le débat du fichage et de l’interconnexion des bases de données, qui fera l’objet d’un autre dossier, le DMP présente indéniablement des avantages en terme de diagnostic médical (dans les cas d’urgence, pour éviter les contre-indications médicamenteuses, par exemple). Mais l’éviction de la parole du patient oblige ce dernier à se tourner vers d’autres oreilles.

Automédication online

Doctissimo est le forum le plus consulté en France (cartographie et statistiques d’audience) : à peu près toutes les maladies y sont répertoriées, au point d’en devenir hypocondriaque. Ces forums permettent l’épanchement de toute la subjectivité des internautes, et des informations très intimes s’échangent. Hubert Guillaud avait rédigé un article pour InternetActu sur la documentation de soi. Il y listait notamment des services web assistant l’internaute dans son suivi sanitaire et médical (self tracking).

  • 23andMe propose de séquencer votre génome (société de l’épouse de Larry Page, co-fondateur de Google)
  • MyMonthlyCircles permet de suivre les cycles menstruels.
  • PatientsLikeMe est un réseau social pour malades.
  • BedPost permet même de recenser son activité sexuelle, summum de l’intime.

Ainsi, l’internaute a à sa disposition quantité de sites, et par là d’individus connectés, à destination desquels il peut dévoiler les troubles physiques (et parfois psychiques) dont il souffre (ou croit souffrir). L’individu, privé de parole, a été expulsé du cabinet médical par la technologie, et c’est cette dernière qui lui permet de reconnecter une subjectivité, cette fois dans un (hyper) texte, en la partageant non plus avec des experts habilités et légitimes, mais avec des internautes dont on ne sait finalement rien.

De l’art ou du cochon ?

Dernier aspect qui mérite d’être présenté, le spectacle de la médecine est également mis en scène à travers les arts et la télévision.

  • L’iconographie du corps médical est considérée comme une forme d’art de par l’objet représenté et par le procès pictural adopté (voir les travaux de Rodolphe van Gombergh ou la plastination de Gunther van Hagens). Cependant, ces expositions défraient régulièrement la chronique. Dernière en date, l’exposition Our Body vient d’ailleurs d’être interdite par la justice française pour atteinte à la dignité humaine.
  • On pensera aussi au body art dans le sens d’art corporel, où le corps devient medium, objet que la démarche plastique transforme, souvent dans un process radical (voir le site d’Orlan).
  • L’expression la plus populaire réside peut-être dans les séries télévisées hospitalières (Urgences, Grey’s Anatomy, Dr. House, Nip/Tuck), qui joue sur l’ambiguïté entre objectivation du patient et subjectivation du héros/téléspectateur. Quelle empathie ce dernier peut-il se permettre à propos du premier ? Jusqu’où sommes-nous capable de supporter la douleur -feinte- d’autrui ? Est-ce bien justement parce que la technique l’a distancié que nous sommes incapable de la supporter aujourd’hui ? Ou bien est-ce que parce que nous ne la supportions pas que la technique l’a éloigné de nous ?
  • On s’interrogera de même sur le degré zéro de la subtilité dans le rapport au corps avec tout le cinéma d’horreur, le gore (Hannibal, Chainsaw Murder) ; tendance qu’on retrouve aussi dans le cinéma d’action/émotion (thriller) et également un certain cinéma-vérité (Il faut sauver le soldat Ryan). Les cinéphiles complèteront…
Silence, on tourne !

Silence, on tourne !

A travers tout un appareillage électronique et numérique, le corps est considéré non plus comme le siège de l’esprit (voir aussi la perte de la valeur esprit, chez Stiegler) mais comme un objet et comme une donnée : la première considération entraine la réduction de la subjectivité dans la médiation (médicale, discursive, artistique) ; la seconde entraine la standardisation de l’individu, quantifié par des mesures, décrypté par des algorithmes, inscrit dans des registres.

Compléments d’information

J’ai listé ici une bibliographie (en construction) sur cette numérisation du corps, on pourra notamment y retrouver les travaux de ma directrice de thèse. Je signale aussi le blog du corps, ‘actualité de la recherche SHS sur le corps’.