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Yoan D + Marc L = les dangers de l’analyse

Posted in méthodologie on janvier 19th, 2009 by Julien PIERRE – 1 Comment
  • Quand A interroge l’identité numérique de B, il dévoile des informations sur B.
    • Il peut s’agir de données personnelles et confidentielles
    • Il peut s’agir de réputation, fondée ou non.
  • Quand A interroge l’identité de B, il construit aussi la réputation de A (tout récit implique son auteur).

Partons de ce raisonnement et appliquons-le à des affaires récentes :

Je vous laisse lire les 2 billets ; pour Marc L***, je renvoie aussi à cette liste d’articles.

YD

  • Tranquillosse parle de Yoan Demarq : « C’est un escroc ! » [je résume, c'est fait exprès].
  • Ruiz et Brahimi parlent de Yoan Demarq : il subit la réputation construite par Tranquillosse.
  • Les commentateurs parlent de Ruiz, Brahimi et Demarq : « C’est un escroc, il l’a bien mérité ! Qu’est-ce qu’on peut bien y faire… »
  • Les auteurs répondent aux commentateurs
  • Au final, on obtient une réputation pour Tranquillosse, Yoan Demarq, Ruiz et Brahimi, et l’ensemble des commentateurs sur le Facebook de JFRuiz ou sur le billet (où j’y suis allé aussi de mes commentaires ;-) ). Réputation aussi pour les (vrais faux) homonymes ou le site leboncoin.fr, à travers lequel l’arnaque a eu lieu.
  • Mais qui est Tranquillosse ? YD existe-t-il vraiment (voir ce lien pour un éclairage) ? Si la 1ère ligne s’effondre, comment les autres peuvent encore tenir debout ?

Marc L

  • Raphaël Meltz parle de Marc L : il dit TOUT sur lui (en anonymant quand même un p’tit peu)
  • Les journalistes de PresseOcean, lepost.fr, certains portails thématiques ou des grands médias traditionnels parlent de Raphaël Meltz et Marc L : ils redisent TOUT
  • Les commentateurs des articles précédents parlent de Raphaël Meltz, Marc L et des journalistes : « Il l’a bien mérité ! »
  • Au final on obtient tout un tas de réputations, et l’étalage en boucle de la vie de Marc L : est-il content qu’on parle autant de lui ? Combien de temps cela va-t-il durer ?
  • Mais Raphaël ou Marc existent-ils vraiment ou sont-ce des fakes ?

La présence dans le village (global)

Le travail sur l’identité numérique pose la question du rapport observateur-observé : si tout le monde est sur la Toile, comment conserver une distance avec le sujet observé ?

  • Un observé qui se cache derrière un pseudo ou alors qui se dévoile sans discernement.
  • Un observé qui dispose des mêmes outils de gestion de son identité numérique que l’observateur.
  • Un observateur qui peut devenir à son tour observé du moment qu’il diffuse son analyse. Sur la Toile ou ailleurs.

Est-ce qu’en relayant une identité ou une réputation numérique, on ne la surconstruit pas un peu aussi ?

  • Dans quelles mesures ce relais n’est-il pas un recel ? Anonymer les noms est-il suffisant ? Quelle précaution dans l’enquête faut-il prendre ? Voir les intervenants IRL ?
  • Dans le cas contraire, a-t-on légitimité juridique, morale et déontologique  à traiter de l’identité d’autrui ?
  • La réponse à la question précédente ne risque-t-elle pas de faire avorter tout travail sur l’identité numérique ? Suffit-il d’annoncer dès le départ le postulat, le parti pris, pour éliminer aussitôt les contradicteurs ?
  • Est-ce que, comme le dadaïsme de Raphaël Meltz ou comme le proposait Yann le Guennec à propos de Sociogeek, l’approche artistique est là seule valide car se débarrassant d’emblée des exigences (et des impasses) scientifiques ?

Encore une fois, comment interroger l’identité numérique ?

A la croisée des chemins

Posted in vu sur le web on décembre 3rd, 2008 by Julien PIERRE – 1 Comment

Le Who’s who d’Internet, ou petit bestiaire numérique.

Où l’on se repose la question du chien

Qui puis-je croiser sur Internet ? Quels sont les risques encourus par les rencontres malheureuses ? Comment me prémunir contre ces risques ?

Autant de questions qui, même si elles peuvent paraître alarmistes, peuvent se poser quand on lance son navigateur, qu’on soit parent, éducateur, ado, salarié ou simple citoyen internaute.

Liste à compléter dans les types et les ressources, à vérifier. Travail inachevé.

Qui est derrière l’écran ?

On a déjà vu que l’avatar peut être considéré comme un camouflage. Dans ce jeu de cache-cache, on peut parfois croiser le Grand Méchant Loup. Quel profil a-t-il ? Peut-on le découvrir ? Ou à tout le moins s’en prémunir ?

un humain versus une machine

Dans le monde minéral
Dans le monde végétal
  • On peut donc citer quelques plantes vertes qui « écrivent » sur Internet : le kit botanicalls permet à une plante en pot de réclamer à boire via twitter.
  • Les Japonais ne sont pas en reste avec Midori-San, une plante verte dans un bistro tokyoite qu’il faut arroser et éclairer. Le projet est aussi présenté sur le blog de PinkTentacle. Pour les 2, l’idée est, recevant l’alerte, d’interagir avec la plante en l’arrosant ou l’éclairant. L’échange est quand même limité. De plus, comme le signale Fluctuat, le dispositif peut provoquer une illusion de responsabilité, de pouvoir sur la plante : peut-elle se passer de moi ? Il remet aussi en question notre rapport à la nature en adoptant une réponse technocratique.

Ainsi, il est tout à fait envisageable de consulter un contenu qui n’a pas été composé par un humain. Il est même possible d’interagir avec un artifice. Mais la plupart du temps, cette particularité est explicite, et l’internaute est informé de la nature logicielle de son interlocuteur. Ce n’est pas toujours le cas.

une proie versus un prédateur

cyber sexualité
Spammeur, troller
  • individus ou robots (pour la 1ère catégorie) dont l’activité essentielle consiste à saturer le réseau avec des messages non sollicités. Du spam (message commercial, mais pas toujours) ou du troll (réponse impertinente à un commentaire) — A éradiquer le plus rapidement possible ;
Cyber criminalité
  • groupe de gendarmes attaché à la poursuite des infractions numériques (piratage, pédopornographie en ligne);
Cyber dissident

un vrai versus un faux

  • les fakes sont légion sur le web, surtout autour des célébrités. Stéphane Zibi dresse ici une liste de quelques twitteurs célèbres (parmi lesquels Barack Obama ou Britney Spears).
  • Facebook est donc au coeur de l’usurpation d’identité aujourd’hui : on peut citer comme cas d’école l‘affaire Alain Juppé. Idem avec Twitter et le faux profil SegoRoyal.
  • Dans un registre moins people, on peut citer le cas de Fouad Mourtada, condamné à 3 ans de réclusion au Maroc (et gracié par le Roi) pour avoir créé un faux profil sur Facebook : il avait usurpé l’identité du frère du Roi.
  • En France, l’usurpation d’identité est aussi un délit (art. 434-23 du Code pénal), mais le dispositif juridique n’est plus à la mesure des pratiques en cours sur Internet.
  • cf. phishing

Identité(s) 2.0

Posted in vu sur le web on octobre 19th, 2008 by Julien PIERRE – 11 Comments
Heroes : M

Où l’on compte les points, mais surtout les théories concernant l’identité (pas seulement) numérique.

Dominique Cardon a posté un message sur le groupe Facebook dédié au site (jeu/expérience?) sociogeek (voir aussi le geek est un animal social + quand les timides se lâchent)

Il invite les premiers participants (6500) à inviter leurs ‘amis’ à répondre aux questions sur la pudeur et l’impudeur, histoire d’obtenir un échantillon un peu moins blogosphérique.

Car pendant ce temps, sur la blogosphère justement, la polémique enfle à propos de sociogeek.

Les photos sont choquantes, c’est un fait, même si elles peuvent heurter certaines personnes #1 : on ne peut évaluer l’impudeur sans en passer par des images -subjectivement- impudiques (au premier rang des reproches on retrouve les enfants nus).

Mais le gros de la critique porte néanmoins sur la méthode de l’exercice : entre jeu et expérience sociologique, les internautes sont partagées. Est-ce une bonne idée ou une imposture ? Voici les arguments :

  • faible représentativité de l’échantillon. C’est corrigé semble-t-il par l’invite de Dominique Cardon : il n’empêche que le titre (accrocheur) est bien destiné à une certaine catégorie de personnes (les geeks) ;
  • Zemblanité de la recherche : on sait d’avance quels seront les résultats. Les gens ne sont pas si impudiques, et ne sont pas si facilement catégorisables que ça. Mais la puissance de calcul moderne et le tri croisé des données (sexe, age, CSP, localisation) permettront peut-être d’établir des statistiques nouvelles ;
  • Méthode de crowdsourcing (accumulation de données par le biais de la foule) : c’est normal, c’est un sondage. Mais que vont devenir ces données ? Certains #10 craignent leur récupération dans des bases de données marketing (d’autant, et d’une, qu’on peut laisser son mail ; et de deux, que l’un des acteurs de l’opération n’est autre qu’Orange, #28). C’est peut-être même cette crainte qui provoque notre pudeur.
  • Des commentaires ont disparu dans les conversations, certains interviennent sous couvert d’anonymat, d’autres usent d’ironie et de second degré, la bonne vieille théorie du complot et le mépris (ou la méprise) font alors leur apparition, ce qui ne gâte rien.
  • L’enquête se situe dans un contexte où les référents culturels (les valeurs transcendantales de Debray, l’épistémè) sont remises en cause : ne faut-il pas aussi souligner l’inanité de l’enquête ? A quoi bon s’interroger sur la pudeur quand les bourses s’effondrent ?

Enfin, des points intéressants sont soulevés concernant l’identité numérique et les médias sociaux :

  • la nécessité de développer cette ‘confiance’ [se faire des amis sur Facebook] pour développer des marchés #11. C’est l’idée que développe Karl Dubost du site LaGrange dans le billet : It’s all about you, mais c’est surtout all about your data. Ça rejoint aussi le dernier argument sur la méthode : que nous propose-t-on derrière les atours aguicheurs de sociogeek ? Au-delà du complot marketing, quelle vision de l’identité émerge des concepteurs ?
  • Si on part du postulat d’une identité fragmentée, d’autant plus par le web, qu’est-ce qui confirme que les sondés vont répondre de manière univoque ? Quelle part de leur identité va participer ? Celle qui joue, celle qui a peur de se faire spammer, celle qui est choquée, celle qui veut rester objective ? Si on laisse de côté ce risque, ça veut dire que l’enquête voit l’internaute comme une entité autonome, non fragmentée. Sur le site culturemobile, on parle d’alter ego numérique : ce que regrette Yann le Guennec de design-system. Ce dernier oppose donc à la vision réductionniste de sociogeek une approche plus systémique de la construction identitaire : [...] un réseau non hiérarchique d’entités diverses et variées qui ont toutes une forme de réalité, qu’elle soit numérique, biologique, etc… Le réseau composé de ces entités en interactions est l’identité numérique. #18.
Pour résumer

Soit on part d’un individu (l’internaute) avec une identité unique qui serait fragmentée sur la Toile (profils), dans ce cas le Web est fautif (ou son usage). Soit l’identité est fragmentée préalablement à son exposition sur Internet, auquel cas on est tous schizo.

Est-ce que j’ai bien compris la perception des uns et des autres (et des uns concernant les autres) ?

Si Dominique Cardon, Yann le Guennec, Olivier Auber veulent confirmer leur position ici ?