étapes de la recherche

Quel protocole de recherche pour l’identité numérique ?

Posted in étapes de la recherche on octobre 22nd, 2008 by Julien PIERRE – 2 Comments

Au delà de la question de la pudeur, sociogeek interroge sur le déroulement d’une enquête sociologique  menée sur Internet. De nombreux commentaires vont en tout cas dans ce sens(1).
Plus que tout autre sujet d’enquête en ligne, l’identité numérique nécessite un dispositif particulier parce que :

  • je ne sais du sondé que ce qu’il veut me dire/montrer de lui ;
  • je dois admettre le risque d’incomplétude/manipulation dans ses résultats.

Donc, s’il y a soupçon sur l’identité du sondé, il y a soupçon sur ses réponses : mon enquête est invalide.
Pour cela, il faut envisager un protocole d’enquête qui garantissent l’identité de l’internaute :

  • je dois connaître l’internaute avant de le sonder ;
  • je dois donc rencontrer IRL l’individu avant son entrée dans le monde numérique, avant qu’il devienne internaute, avant qu’il endosse une identité numérique.

Pour savoir comment l’individu intervient dans le monde numérique, je dois l’interroger aussi dans le monde réel et éliminer toute distanciation engendrée par l’écran ou l’ordinateur.
Je dois donc :

  • obtenir un échantillon démographique et représentatif de la population d’internautes ;
  • vérifier l’identité administrative de chaque sondé ;
  • établir sa personnalité non numérique ;
  • interroger IRL l’internaute sur ses interactions numériques (motivations, usages et conséquences).

(On peut imaginer la nécessité de constituer une équipe multidisciplinaire : statisticiens, psychosociologues, médiologues, etc..)

Inconvénients

(parce qu’il y en a, et beaucoup, et pas forcément solvables)

Mise en place du protocole :
  • Moyens économiques nécessaires pour interroger l’échantillon (ressources temps + lieu + budget + personnel + puissance de calcul).
  • Composition des questionnaires.
Nature des résultats obtenus :
  • Validité de l’échantillonnage (on tourne en rond : comment découvrir qui va sur Internet ?)
  • Même IRL, le phénomène de fragmentation de l’identité/personnalité subsiste (incomplétude)
  • Catégorisation des individus (réductionnisme sur base d’incomplétude).
  • Quantité de données (a priori iniques et fausses) à traiter.
  • Devenir des données (double sens du terme : que vont devenir les données et allons-nous devenir des données ?)

Bref, l’identité numérique peut-elle être objet d’étude ?
Comme je ne cherche pas à scier la branche sur laquelle je me trouve ;-) , il est nécessaire de fonder une méthodologie de l’administration pour les enquêtes en ligne portant sur l’identité numérique. Voilà un beau sujet de thèse. Y a pas quelqu’un qui veut m’aider à la financer ?
PS : cette dernière boutade, qui n’en est pas vraiment une, soulève un autre problème(2). Que vont devenir les données d’une enquête financée par un fournisseur de services en ligne, un think tank, un cabinet de sondage, etc. ? Quelle légitimité aurais-je à présenter des résultats dont la finalité m’échappe peut-être ?

Notes

  1. # ou # ou encore #
  2. # ou # ou encore #

MindMap#1

Posted in étapes de la recherche on septembre 20th, 2008 by Julien PIERRE – 2 Comments

MindMap de septembre 2008
J’entame une nouvelle série basée sur des cartes heuristiques (mindmap) tracée à partir de mes réflexions et des billets rédigés sur ce site.
Ca sera intéressant dans quelques semaines mois quand on verra croître la carte.

problématique de l’identité dans la démarche scientifique

Posted in étapes de la recherche on août 14th, 2008 by Julien PIERRE – Be the first to comment

Dans un travail de recherche, tout ce qu’on dit doit être prouvé, comme dans un procès. Il peut s’agir de faits et de preuves matérielles ou bien d’écrits émanent de chercheurs éminents.

Cette problématique liée à la recherche est doublement contraignante dans ce thème de l’identité numérique : en effet, je vais citer des individus dont l’identité ne m’apparaît que sur Internet, et rien ne me permettra de garantir la véracité de cette identité, ou la légitimité dans l’expertise avancée. Les risques d’usurpation ou de falsification sont augmentés.

La preuve par l’exemple.

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