thèse

Résumé de la thèse

Posted in thèse on avril 3rd, 2009 by Julien PIERRE – Be the first to comment

Une gageure en 300 mots : résumer un objet non fini, et non commencé, sensé faire dans les 1000 pages.

A but purement administratif : le résumé de thèse sert à indiquer l’ancrage théorique, le choix méthodologique et l’objet d’étude, le tout dans des acceptions les plus larges possibles. La réduction s’opérera plus tard. Les explications sur ce résumé aussi :

Le terme d’ «identité numérique» est aujourd’hui à définir car englobant des activités émergentes dans des champs différenciés. Ainsi l’identité d’un individu (ou d’une entité) est fragmentée entre d’une part une identité soumise par un tiers : inscription (dans des registres publics ou privés) et authentification (par des technologies de contrôle au sein des espaces public ou professionnel) ;  et d’autre part une identité plurielle mais choisie grâce à la présentation de soi (GOFFMAN) dans les réseaux et médias sociaux, les communautés en ligne (MARCOTTE, SENECAL) ou dans des jeux vidéos (TREMEL). L’identité numérique repose ainsi sur l’usage d’outils avec des degrés de technicité variables : informatique et biométrie pour commencer, puis appareillement autour du couple pseudonyme / avatar (GEORGE), et à l’intérieur d’un hypertexte nécessitant diverses compétences (rédactionnelles, logicielles ou relationnelles). L’identité numérique engage des pratiques variables (PERRIAULT ; du choix d’un identifiant à une stratégie d’hyper présence, en passant par la gestion de sa réputation numérique) et des responsabilités morales et juridiques (droit à l’image, respect de la personne et de la vie privé). L’identité numérique implique donc des enjeux (TURKLE ; NEGROPONTE) aussi bien pour l’individu (son identité, KAUFMANN ; perception par autrui et interactions, DONATH, CARDON ; sociabilisation, BOYD ; privacy paradox ; présence traçable) que pour les acteurs économiques et institutionnels (fédération d’identités, éducation à l’identité dans le cadre de l’alphabétisation numérique, marché de l’authentification forte, sécurité des territoires et surveillance des citoyens, MATTELART). L’étude portera donc sur les interactions entre un corpus de technologies et leur appropriation par les usagers, suivant en cela des modes d’adoption similaires ou distincts de pratiques socioculturelles antérieures (magnétoscope, mobile). Pour construire le concept d’ «identité numérique», cette thèse s’appuiera, au-delà des auteurs précités, sur ceux fondamentaux des SIC et s’inscrira plus particulièrement dans le champ théorique de la sociologie des usages (MIEGE, PROULX, JOUET). Il s’agira finalement de mener une réflexion d’ensemble sur l’ancrage social de l’identité numérique.

Journées doctorales

Posted in thèse on mars 29th, 2009 by Julien PIERRE – Be the first to comment

Le GRESEC (mon labo) organisait ce week-end les Journées doctorales 2009, un événement issu du calendrier de la SFSIC (à laquelle il faut que je m’inscrive).

L’occasion pour moi d’assister à des présentations de doctorants et d’écouter les conseils d’enseignants-chercheurs. L’idée de ces rencontres est que chaque doctorant expose son objet d’étude, sa problématique, sa méthodologie et son ancrage théorique.

J’en ai retiré :

  • la nécessité d’adapter son discours et son diaporama au format de l’événement (10 min chrono) ;
  • des outils logiciels, des notions, des auteurs ;
  • des contacts, avec des enseignants et d’autres doctorants, et notamment Gustavo Gomez-Mejia, qui mène une thèse sur l’identité culturelle sur Internet, dans une approche sémiotique (analyse et suivi de 120 profils).

Vous trouverez plus d’info sur le blog des doctoriales, et notamment la photo suivante, où je suis en pleine réflexion.

Quel modèle économique pour faire une thèse aujourd’hui ?

Posted in thèse on mars 12th, 2009 by Julien PIERRE – Be the first to comment

Bon OK, « modèle économique » est un peu excessif, il n’en reste pas moins que le problème du financement d’une thèse est l’épine dans le pied du thésard. Une épine qui tient parfois d’un ICBM.

Je m’explique.

En tant que doctorant (en sciences humaines et sociales), plusieurs possibilités s’offrent à moi (si si) :

  1. Compter sur soi-même (arghl…)
  2. Trouver une entreprise (ou une institution) qui accepte de me ’salarier’ pendant 3 ans.
  3. Trouver une âme généreuse qui accepte, etc… (rêvons un peu).

La proposition 1 est éliminée : c’est celle que je vis en ce moment, à savoir des heures de cours, de correction de copies, de préparation de cours. Le tout est particulièrement chronophage. Sans parler de la vie de famille, des activités annexes etc.. Cependant, la recherche sur l’identité numérique apporte des compétences valorisables dans des ateliers ou des conférences, sur l’employabilité des jeunes diplômés par exemple, ou sur les enjeux sociopolitiques.

Voyons maintenant la proposition 2.

  • Convention CIFRE : jusqu’à présent réservée aux jeunes titulaires d’un master recherche, sans expérience professionnelle, le dispositif est aussi ouvert aux candidats ne disposant pas d’une expérience professionnelle significative. Après envoi de mon CV, et retour par mail, je suis éligible au dépôt de demande pour une convention CIFRE. C’est une excellente nouvelle qui m’autorise à prospecter les grands acteurs de l’identité numérique et des TIC.
    • Avantages : un salaire consistant et régulier, une employabilité accrue (aux yeux de l’entreprise accueillante qui pérennise son investissement, comme à ceux des autres recruteurs) et un sésame pour de nombreux réseaux ‘institutionnels’.
    • Inconvénients : l’indépendance et la charge de travail (car ce sont en fait des objets distincts qu’il faut construire : la thèse et les projets de l’entreprise).

Je n’élimine pas cette possibilité, loin s’en faut d’ailleurs, mais j’aimerai toutefois explorer la dernière proposition.

  • Je rêverai d’une thèse en donationware. Comme je ne suis pas sûr que le terme soit exact, je précise ma pensée : sachant que les enjeux sociopolitiques de l’identité numérique concerneront, à plus ou moins brève échéance, non pas tous les internautes mais tous les individus, j’invite chacun d’entre eux à collaborer financièrement à l’élaboration d’un travail d’exploration des libertés de demain (carrément !). Concrètement, comment cela fonctionnerait ?
    • De nombreux développeurs d’applications mettent en ligne (à travers Paypal) un tip jar, un pot (virtuel) dans lequel ceux qui le veulent versent quelques monnaies sonnantes et trébuchantes (numériquement parlant bien sûr), d’un montant libre, genre 1€, 5€, 10€, 50€, etc.. Je m’engagerais alors à n’utiliser que des logiciels en licence libre et à voyager au meilleur prix (hébergement inclus). Je m’engagerais aussi à publier régulièrement la comptabilité de ma thèse.
    • Dans le même esprit, on pourrait imaginer contribuer à une wishlist : les contributeurs alimenteraient le fonds documentaire de la thèse, soient en finançant l’achat de livres (via Amazon), soit en les faisant parvenir à mon adresse postale. Je m’engagerais également à les redistribuer gratuitement au terme du doctorat.
    • Je n’abandonne pas le monde de l’entreprise puisque j’appliquerais à la thèse le principe de financement des barcamps avec des micro-sponsors. Chaque société, chaque association, institution, fondation, entité qui le désire pourrait déposer via le tip jar la somme qu’elle désire : 100€, 500€, 5.000€ (soyons fou !)
    • J’accepterais aussi les twollars et autres exploracoeurs, même si ça ne remplit pas le frigo, comme dirait l’autre…
  • L’idée est très attractive, dans la continuité des micro-crédits, des openmoney et de la culture libre
    • Avantages : au pire, un bon buzz. Au mieux, une réelle indépendance. Quoique…
    • Inconvénients : imaginons que l’idée prenne, me voilà avec x mille contributeurs (j’ai dit: rêvons un peu) en droit d’exiger un travail de qualité (ce que je n’aurais pas manqué de faire sans eux, cela dit) ; x mille contributeurs en train de lire par dessus mon épaule et sourcillant de mes hypothèses, signalant sans cesse des oublis et des imprécisions, corrigeant mes fautes de frappe (d’ailleurs, il ne saurait s’agir de fautes d’orthographe, je n’en fais pas, moi !) ; et x mille contributeurs qui de surcroit s’inviteront tous dans l’amphi le jour de ma soutenance. Bigre !
    • Inconvénient n°2 : imaginez la page de remerciements. Et pire encore : le nombre de logos à insérer sur la page de couverture, faisant ressembler cette dernière au véhicule d’un amateur participant au rallye Paris-Dakar, avec des stickers dans tous les coins.
    • Inconvénient n°3 : toutes les factures que je vais devoir envoyer pour permettre le crédit d’impôt de ces âmes généreuses ! Et comment je déclare ça, de mon côté ?
    • Inconvénient n°4 : et puis surtout, une thèse, c’est -au moins- 3 ans. Ça c’est de la longue traine ! Vous m’imaginez tous les ans sonner le rappel des troupes charitables au moment de mon thèsothon !?

Alors, petite question simple comme pour le vrai téléthon : quelle serait votre promesse de don ?