Hyper Ka !

(doctorant-​ATER à Lyon 3) a mis en ligne un dia­po­rama inti­tulé : le Ka docu­men­ta­risé et la culture de l’information. Il approche la ques­tion de l’identité et de la répu­ta­tion numé­rique avec un bagage théo­rique autre (mytho­lo­gies, pen­seurs et auteurs “ori­gi­naux”). On peut com­pa­rer le Ka à ce que d’autres nomment alter ego numérique :

Double uni au , il est de toutes les acti­vi­tés quo­ti­diennes de l’homme. Puissance vitale, il confère , bon­heur, santé et joie. Le Ka est capable de pour­suivre une vie dans l’au-delà ins­pi­rée de sa vie antérieure.

On pen­sera par exemple au à l’ : le Ka nous sur­vit, en tous cas au-​delà des dif­fé­rentes étapes de notre vie (les pho­tos de quand j’étais jeune et con !)

Je fais le rap­pro­che­ment entre ce billet, notam­ment la conclu­sion, et celui d’Hubert Guillaud paru sur InternetActu : le nou­veau monde de l’intimité numé­rique.
O. Le Deuf cite Stiegler :

Prendre soin, ici, signi­fie aussi faire atten­tion, et d’abord por­ter et prendre atten­tion à soi-​même, et par la même occa­sion, aux siens, et aux amis des siens, et donc de proche en proche, à tous : aux autres quels qu’ils soient, et au monde que l’on par­tage avec eux en sorte que la d’une telle atten­tion consti­tue une conscience d’universalité fon­dée sur (et pro­fa­née par) une conscience de singularité.

De son côté, H. Guillaud(1) déclare, en s’appuyant sur Clive Thompson (jour­na­liste au NY Times) :

C’est ce que les cher­cheurs appellent la “sen­si­bi­li­sa­tion ambiante”, c’est-à-dire ce contact en ligne inces­sant qui per­met d’avoir tou­jours un œil sur l’humeur d’un ami en sur­veillant la moindre de ses actions en ligne, du coin de l’œil.

Avec cette idée d’inti­mité ambiante, on est proche de ce que le lexique d’identites-actives nomme sous­veillance, et plus pré­ci­sé­ment de la par­ti­ci­pa­tive (on aprle aussi de lit­tle sis­ters).

Un exemple : j’ai comme amis sur cer­tains de mes étudiants. Des jeunes autour de la ving­taine, qui découvrent le monde du tra­vail, et sur­tout un monde loin de papa et maman. Ces chan­ge­ments les désta­bi­lisent et les conduisent par­fois à adop­ter des com­por­te­ments à ris­qué (troubles ali­men­taires, addic­tion, actes tabous, etc.). Mais des com­por­te­ments autour des­quels ils com­mu­ni­que­ment sur . On voit alors se mettre en brale toute une chaine d’amitié, de conseils et d’encouragements. Les “amis” prennent soin de l’, comme une grand frère sur­veille ses petites soeurs : les rela­tions faibles ren­forcent les liens sociaux à tel point par­fois que, comme le signale le jour­na­liste, ces rela­tions sont plus fortes que les liens tra­di­tion­nels, avec les propres membres de sa famille par exemple.

parle de rela­tion “para­so­ciale”, parce que sou­vent elles sont uni­la­té­rales ; en effet la réci­pro­cité n’est pas de mise sur des outils comme : je né suis pas for­cé­ment ceux qui me suivent, et inver­se­ment. Hubert Guillaud illustre avec les dont on sait “presque” tout, mais qui ignorent tout de nous.

L’information à laquelle nous nous abon­nons via un flux, n’est pas la même que celle que nous échan­geons dans une rela­tion sociale profonde.

Cependant, je né pense pas que ces rela­tions soient autant à sens unique, Hubert Guillaud me contre­dira peut-​être. En effet, sur par exemple, on est plu­tôt sur un échange de pair à pair. Dans l’une de ses dia­pos, O.Le Deuff cite Rosen :

Aujourd’hui, nos auto­por­traits sont démo­cra­tiques et digi­taux ; ils sont faits de pixels plu­tôt que de pigments.

L’autoportrait dit-​on est le meilleur exer­cice pour un peintre. Et effec­ti­ve­ment, à la manière des impres­sion­nistes, l’ pro­cède par tou­ché () pour se connaître (self ) et se faire connaître (per­so­nal bran­ding).

Cette construc­tion passé donc par le texte et l’image, et c’est à tra­vers eux que se construisent les rela­tions “para­so­ciales”. Et si un texte construit une rela­tion, nous sommes à la fois dans un hyper­texte et dans une rela­tion hyper­so­ciale ren­due pos­sible grâce à des hyper­tech­no­lo­gies.

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Notes

  1. Le prendre atten­tion à soi-​même peut être mis en rela­tion avec un autre article d’H. Guillaud sur le self tra­cking, dont je par­lais ici.

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