L’individu réduit à une marque

Cyril Gaillard de Benefik (création de nom de marque) s’inquiète sur AdmirableDesign du glissement opéré de la réputation individuelle vers l’image de marque.

A partir d’un sondage mené aux USA et mettant Obama meilleur marketeur qu’Apple, il alerte de la confusion des genres entre marque et individu.

En effet, le phénomène du personal branding est à la mode en ce moment, et il craint que le spectre mercatique (le marché ou le marketing) ne contamine toute définition de l’humain et des relations humaines.

c’est là un travers de nos sociétés actuelles que de tout analyser par le prisme du commerce, de l’économie et du marketing.

Parce qu’il utilise les mêmes outils (marketing) que les marques, et les mêmes capteurs (le whuffie, le personal ou social rank, l’indice de popularité), l’homme, le candidat, son idéologie, mais aussi les événements sont réduits à des produits de consommation, avec tout ce que cela entraine en conséquence : durée de vie raccourcie, rapport marchand, logique de consommateur critique, réification de l’être.

Cette transformation est évidemment nocive : pour reprendre les exemples de Cyril Gaillard, le 11-septembre ou le tsunami deviennent des bibelots, tel candidat ou président est apparenté à un super-héros, avant qu’une autre superproduction ne le détrône et ne le renvoit aux oubliettes, le programme politique devient une tendance, éphémère, qui sera vite passée de mode. Finalement tout se vaut, ou tout est valorisable, même l’immatériel et l’humain.

Si l’on s’inquiète donc de cette perversion, que faut-il condamner ? L’outil ou l’usage de l’outil ?

A mon avis, c’est moins la logique marchande que le discours quasi obsessionnel du personal branding qui est condamnable. Et vous, qu’en pensez-vous ?

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