Entre strip-​tease et coming out, le dévoilement né conduit qu’au spam ?

Une pro­duc­tion du Commissariat à la pro­tec­tion de la vie pri­vée du Canada.

[via Florence Meichel, et twit­ter of course !]

Je raconte ce que je fais sur Facebook, ce que j’aime sur uLike, et je dé tout un tas d’infos très per­son­nelles sur nombre de pla­te­formes web estam­pillées réseau social ou .
Avec quelles conséquences ?

Need cash ?

Ce qu’il faut craindre en pre­mier est de savoir ce que nos don­nées devien­dront aux mains des entre­prises qui sont der­rière les réseaux sociaux. Même s’il n’y a pas eu effec­ti­ve­ment de cas de spam­ming majeur issu d’un lis­ting de réseau social (ce qui bri­se­rait la confiance), on peut ima­gi­ner sans pro­blème ce que par exemple, ou , feront de leurs bases de don­nées quand les limites de leur modèle écono­mique conju­guées à la crise les for­ce­ront à vendre ce qui fait l’intérêt de leur capi­ta­li­sa­tion : c’est-à-dire nous !

En effet, quand on sait (à tort ?) que le pre­mier à se faire sabrer en temps de crise est celui de la com­mu­ni­ca­tion ou de la publi­cité, et que 98,9% du CA de Google pro­vient de cette même publi­cité, il faut s’intéresser aux pos­si­bi­li­tés de qui leur restent.

Comme le disait Didier Durand de Media-​Tech, en février 2008 :

Il fau­dra juste voir com­ment ce modèle va résis­ter à la pro­chaine réces­sion écono­mique qui fera des ravages dans le busi­ness de la publi­cité comme toutes les précédentes.

Surtout quand on voit la baisse du taux de crois­sance des reve­nus ou du revenu net sur les 4 der­niers tri­mestres 2008…

En ce qui concerne , plu­sieurs infos récentes font dou­ter du res­pect des don­nées personnelles :

per­met­tra bien­tôt aux mul­ti­na­tio­nales de sélec­tion­ner et de cibler ses membres afin de tes­ter leur inté­rêt à l’égard de nou­veaux pro­duits. Les entre­prises pour­ront poser des ques­tions à cer­tains de nos membres, en fonc­tion de cri­tères per­son­nels, comme le fait d’être céli­ba­taire ou marié, ou encore homo­sexuel ou hété­ro­sexuel
via the Telegraph, en date du 02 février 2009

  • enfin, tout cela est à relier avec la (dis­crète) modi­fi­ca­tion des termes de ser­vice (ToS), ou plus exac­te­ment avec l’effacement de cette clause, en date du 04 février 2009 (soit 2 jours après) :

Votre contenu d’utilisateur peut être effacé du site à n’importe quel moment. Si vous l’effacez, le accordé à évoqué pré­cé­dem­ment expi­rera auto­ma­ti­que­ment, mais notez que l’ peut en conser­ver des copies archi­vées.
via Ecrans​.fr
[PS : c’est moi qui souligne]

Si l’envie vous en prend, vous pou­vez tou­jours essayer de sup­pri­mer votre compte Facebook, non sans avoir é de net­toyer vos traces.

Quant à , essayez de vous pas­ser du moteur, de , de Agenda, Docs, Maps, de Picasa, de Blogger, de Feedburner, de , AdSense, Android, Chrome, etc., etc.. La liste des ser­vices Google est aussi longue que notre dépen­dance est forte.

Strip-​tease

J’aimerais ter­mi­ner sur un autre point tout aussi inquié­tant, mais loin des consi­dé­ra­tions écono­miques de ce qui pré­cède, car celles-​ci sont hypo­thé­tiques : nos don­nées n’ont pas encore été bra­dées.

Le coeur du web social, c’est l’utilisateur.

Times person of the year 2006

En 2006, Time élisait la per­sonne de l’année : « You! » . Ainsi, les inter­nautes, sacra­li­sés par les médias et le mythe du User Generated Content ou User Created Content, étaient invi­tés à réin­ves­tir le Web, dans sa nou­velle ver­sion 2.0.

Nos pho­tos sur , nos vidéos sur , nos pen­sées sur notre blog, et main­te­nant nos acti­vi­tés (ou absences d’activité) sur : l’ se peo­plise en ligne, en tout cas plus faci­le­ment qu’avec la télé­réa­lité (car il faut peut-​être encore moins de talent).

L’ est star de son (micro) réseau social, entouré d’une cour faite d’amis, de fol­lo­wers, de contacts en tout genre, par­fois incon­nus, par­fois même pas vrai­ment amis… Sa valeur se compte en whuf­fie ou people rank, comme la côte de popu­la­rité des hommes poli­tiques, tan­tôt en hausse, tan­tôt en baisse.

Calvin et Hobbes, de Bill Waterson

Calvin et Hobbes, de Bill Waterson

Or, l’engagement de l’ sur ce nou­veau Web a un cout, son inti­mité ; et l’accession au trôné fait que doré­na­vant, le Roi est nu.

En effet, le modèle écono­mique pré­senté plus haut (une publi­cité ciblée) repose sur l’existence de don­nées per­son­nelles. Or qui mieux que l’utilisateur peut four­nir des don­nées le concernant ?

Ainsi, poussé par:

l’ se dévoile tou­jours un peu plus, mal­gré ses récri­mi­na­tions (c’est le fameux pri­vacy para­dox).

On obtient alors une espèce de coming out forcé (dans ce cas, c’est du outing ?) sur son inti­mité : on nous force au strip-​tease. On peut aussi se deman­der dans quelle mesure nous sommes vic­time de l’effet de masse et de mode.

Ainsi, que faut-​il craindre, d’après vous : un excès de et de sol­li­ci­ta­tions com­mer­ciales (par­fois bien ciblées mais peut-​être omni­pré­sentes) ou la conscience tar­dive (et irré­cu­pé­rable) de notre com­plète nudité dans la sphère publique ?

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One Response to “Entre strip-​tease et coming out, le dévoilement né conduit qu’au spam ?”

  1. 1
    leafar Says:

    Je pense qu’il né faut pas se concen­trer trop sur les Terms of ser­vice par contre le fond de l’analyse est assze juste. La ques­tion c’est quelle niveau de privacy.

    Pour ulike​.net nous né deman­dons rien et pous­sons nos uti­li­sa­teurs à prendre un nom d’emprunt, un avatar.

    Mais encore beau­coup de choses à voir avant de savoir ou nous allons vraiment.

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