Réinventer la démocratie : internet, un nouvel espace démocratique ? compte-rendu personnel
Posted in bazar on mai 9th, 2009 by Julien PIERRE – 4 CommentsJ’ai assisté ce matin à la table ouverte “Internet : un nouvel espace démocratique ?”, qui se tenait à la MC² de Grenoble, à l’occasion du colloque “Réinventer la démocratie”, organisé par Pierre Rosanvallon de la république des idées et médiatisé par France Culture.
Introduction
Pierre Rosanvallon présente le Forum République des Idées
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Internet : nouvel espace démocratique ?
Participants :
- Caroline Braoué, journaliste et productrice à France Culture
- Dominique Cardon, sociologue (OrangeLabs)
- Patrice Flichy, sociologue (revue Réseaux)
- Daniel Bougnoux, philosophe et prof’ de Comm (auteur de La crise de la représentation, revue Médium avec Régis Debray)
“la démocratie est ce lieu où chacun est en relation avec tous”, dixit Claude Lefort, invité d’honneur du forum, philosophe aqui a travaillé sur le totalitarisme.
cf. Pierre Rosenvallon et l’idée de contredémocratie.
Ci-dessous la retranscription des propos (avec commentaires perso)
Daniel Bougnoux
- médiologie = graphosphère -> numérosphère, glissement capital
- Borges = bibliothèque de Babel (nouvelles/fictions) = “bonheur extravagant”, “dépression excessive”.
- Marx = les philosophes ont interprété le monde, il est temps de le transformer
- La représentation n’est plus satisfaisante / suffisante
- Nouvelle forme de présence = récepteur devient émetteur. Nouvel ordre non plus vertical mais transverse, appel à l’expertise de chacun.
- Démocratie = représentation censitaire. Les représentés sont plus nombreux que les représentants (règne de la majorité, minorité invisible, voir aussi nombre de Dunbar). Cf Rosanvallon = internet corrige la représentation
- Intelligence du réseau, en tant que réseau (mise en lien), intelligence cognitive et connective (danah boyd) + cf. wisdom of crowd
- Parité = on ne rencontre que ses pairs = autisme, narcissisme, homophilie (on apprécie ceux qui sont pareils que nous). Peur d’affronter les autres communautés ? Faux pour DB, la conversation est ouverte, espace de confrontation
- Internet, quand le média devient médium, Transformation (cf nouveau journalisme, où est la littérature sur le web ?). Il ne faut avoir de vision fixiste. Critique de la raison numérique
- La vérité devient pertinence → traiter le réseau comme la valeur (nétiquette émergente), éthique de la coopération
- Ce n’est pas une culture de contenu, culture de bidouilleur (hacker, cf. Stephenson le samouraï virtuel), acquisition d’une expertise technique : nous devenons moins influençable.
- Pour résumer :
- espace de contre démocratie
- égalisation profane/expert
- univers narcissique
Patrice Flichy
- Pères fondateurs
- Internet ≠ médias classique > libre expression
- Internet = prise de parole (age athénien de la démocratie, cf. discours d’Al Gore chez Clinton) = nouvelle opinion publique ?
- Nouveaux intervenants (partis, cf. les nonistes sur le web en 2005, contre le référendum européen) → montée en charge des blogs
- Morcellement : monologue interactif. Critique discutable = il n’y a pas morcellement de l’audience (audience concentrée sur les grands sites). Cf algo de google (googlarchie)
- Si morcellement = homophilie (s’adresser à ses pairs). Avec qui parle-t-on politique ? Avec ses proches !
- Expression d’une opinion publique sur internet = oui (cf. doctissimo et les élections présidentielles, 2007)
- Tradition de la mesure d’audience (lachez vos comm’) = référendum permanent. En zappant, je vote avec ma souris = Internet = agrégateur de mes intérêts personnels. Débat public, activité politique = marché
- Y a –t-il débat délibératif s’il me suffit de cliquer pour ne plus entendre mes contradicteurs ?
- Risque de conformité (cf. mymajorcompany, l’internaute devient producteur > choix mainstream)
- Procédure, règle (cf désir d’avenir de ségo) : intégration/cadrage des internautes
- Expression d’opinion hétérodoxe venant de ≠ regroupements
- Pour résumer :
- manque de délibération (construire du consensus sur du dissensus)
Dominique Cardon
- 6 leçons/propriétés définissant la forme politique de l’internet
- massification des usages : nouveaux usagers
- ce qui fait le caractère démo, c’est qu’il présuppose l’égalité des participants. (cf. P2P). Responsabiliser. Hypocrite (variable socio traditionnelle)
- ouverture à la subjectivité = individualisme
- conversation sur le web = espace pas si public. Discussion au sein des niches. Vigilance critique (surveillance= délibération). rationalité discursive
- coopération faible = collectif constitué exposte. D’abord je publie mes actions > opportunités > collectifs = communautés électives, performées
- tendance procédurale = refus de la délégation, du centre, de la représentaion politique > Autoorganisation, collectif acentré (wikipedia). Risque de bureaucratie procédurale
- comment on fait de la hiérarchie ? Fondement de l’autorité. Agrégats des sources, logique sociale : certains sont plus visibles que d’autres (wikio). Mimétisme viral
- moment charnière : du censitaire au réseaux sociaux
- approche esthétique (culture du hacking) ≠ école de francfort : culture de masse
on se laisse redéfinir par lees autres : on publie une id qui va plaire aux autres => redéfinition de l’identité.
Débat
- à relativiser avec le régime politique dans lequel nous sommes ? cf. Chine
- internet = surveillance des traces
Questions du public
- Internet = nouvelle révolution ?
- propriété intellectuelle (à qui appartient le débat démocratique ?)
- angélisme = internet antidémocratique -> BigBrother, impudeur, sondagite
- nouveau populisme
- Pour résumer : risque de la surveillance contre chance de la révolution
- DB : ombre numérique, visibilité performative
- PF : il n’y a plus un seul Internet
- DC : révolution du savoir accessible
Moi
- est-ce qu’on peut fonder une (meilleure) démocratie sur le l’anonymat, le pseudonymat ?
- Je faisais référence à la volonté des pères fondateurs de créer un réseau anonyme (l’IP étant une norme de routage), anonymat qu’on retrouve dans l’isoloir par exemple, mais où l’identité est certifiée. Aujourd’hui (cf. Sur internet, personne ne sait que tu es un chien”), on peut discuter (débat démocratique) avec un internaute dont on ignore tout (cf. les pousse-a-crime de wikipédia). Si j’ignore l’identité de mon contradicteur, comment débattre avec lui ?
CONCLUSION
- DB = raison divisée
- DC = les individus au cœur du système -> mobilisation des internautes sur la privacy
- PF = régulation législative mondiale
- l’algo de google est secret , et l’institution qui organise notre accès au savoir est dans le domaine du secret.






