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Liens du 17/09/2009

Posted in veille on septembre 17th, 2009 by Julien PIERRE – Be the first to comment
"Il faut un vrai débat sur les technologies d'identification" – EiTB Actualites Societe
pierre-piazza fichage fichier FNAEG ADN genotypage collectifs opposition
Toute votre vie, indexée – La tectonique des clics – E24.fr
prospective telephone-mobile geolocalisation tracabilite donnees-personnelles profilage-commercial profilage
Présomption de pédophilie – BUG BROTHER – Blog LeMonde.fr
Independant Safeguarding Authority Article de Jean-Marc MANACH sur le prochain fichier anglais concernant les 20% de la population en contact avec des enfants, et qui devront payer pour être accrédité en vue de l'accompagnement des mineurs. jean-marc-manach enfant adulte presomption-d-innocence fichage angleterre ISA
Les menaces contre notre liberté – Free.korben.info – Pour un internet libre
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Une manifestation pour la vie privée tourne à la bavure en Allemagne – Numerama
Quid custodiet ipsos custodies ? Qui gardera les gardiens ? Boucle sans fin de la surveillance manifestation allemagne surveillance vie-privee bavure-policiere
The Whuffie Bank – Reputation is Wealth
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Meet The Whuffie, A New Currency That’s Based On Your Online Reputation
The Whuffie Bank is a nonprofit organization dedicated to building a new currency based on reputation that could be redeemed for real and virtual products and services. Basé sur un calcul algorithmique (SNS endorsement) Annotated link  whuffie banque currency e-reputation endorsement
recommandation, le web 3.0 vous propose – dream Orange
Le marketing de la recommandation se heurte au respect de la vie privée, et doit privilégier la transparence sur sa politique de confidentialité. Annotated link http://www.diigo.com/bookmark/http%3A%2F%2Fwww.orange-innovation.tv%2Fdreamorange%2F%3Ftitle%3Drecommandation-le-web-3-0-vous-propose%26p%3DPortal%2Fdocument%26JDocumentOid%3D3699 moteur-de-recommandations e-commerce web-marchand donnees-personnelles profilage consommation idnum
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Le web 2 est-il liberticide ? Annotated link  barack_obama USA privacy idnum donnees-personnelles tim-o-reilly web² web-squared politique transparence profilage secteur-prive
Parental control company sells data on what kids say | Safe and Secure – CNET News
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Carte de visite augmentée – culture mobile_le blog
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Le corps mis à nu…mérique

Posted in dispositifs on juin 11th, 2009 by Julien PIERRE – 2 Comments

C’est grave, docteur ?

Ca vous gratouille ou ça vous chatouille ?

Ca vous chatouille ou ça vous gratouille ?

Le cabinet médical est un lieu à part dans notre rapport à la nudité. Les soucis de santé nous obligent au dénudement : il faut se déshabiller, ôter ses vêtements. L’auscultation, la palpation, l’examen clinique sont nécessaires, mais peut-être encore plus désagréable est le regard du médecin. Alors qu’on le voit sublime ou faillible, notre corps devient objet d’étude. Le praticien sans a priori se débarrasse de nos complexes psychologiques pour se focaliser sur notre corps comme complexe physiologique, systémique. La médecine moderne va régler a posteriori les défauts, huiler la mécanique, et c’est rassurant : la cure n’est possible que parce que le corps a été considéré comme une machine. Dévoiler cette machine n’engage plus les mêmes enjeux dorénavant. Néanmoins des freins subsistent.

En effet, il faut dévoiler aussi des choses de l’intime, décrire par les mots des fluides autant que des états d’âme. Le discours procède également de l’objectivité : le médecin a besoin de traduire, de replacer dans son lexique les mots que nous déployons (selle, sécrétion). Il en vient même à filtrer les propos du patient, à réduire les maux|mots. On peut craindre alors la disparition de la parole du patient derrière la technicité du médecin.

Dites 33 !

La dimension technique apparait justement dans la mesure (cf. anthropométrie) : mensurations, températures, courbes ; et dans les outils de mesure, dont la prolifération apparente la visite chez le généraliste à celle d’un cabinet de curiosités : toise, balance pour faire simple, tensiomètre, cardiographe, doppler pour les plus complexe.

Afin d’établir un diagnostic plus précis, les progrès scientifiques permettent désormais une observation non invasive de l’intérieur du corps humain. On retrouve ce genre d’exploration dans les rayons X, l’échographie, l’IRM ou l’endoscopie. Dorénavant, le ressenti des patients est remplacé par l’analyse de l’image, même si une part de subjectivité persiste encore dans l’interprétation du médecin (par précaution) et dans celle du patient (qui retourne de l’image à l’imaginaire).

L’utilisation de l’imagerie peut accentuer une dissociation entre le corps subjectif ressenti par les malades et le corps objectivé et visualisé par l’appareillage technique.
DUTIER, Aurélien. La place de l’imagerie médicale dans la relation soignant/soigné lors de l’annonce en cancérologie. Thèse de doctorat en Éthique médicale, décembre 2008. Paris Descartes.

On arrive à cet homme transparent dont parle Serge Cacaly. Avec la télé-médécine, ce sera même un homme absent :

Elle [la télémédecine] crée donc le médecin-téléexpert, mais également, le malade « télésoigné ». Ce sont des concepts qu’il faut savoir rapporter dans ce qui fut la longue démarche de la constitution de l’individualité, de son autonomie, de la notion de ‘homo medicus’, [...] puis ‘homo biologicus’.
[...]
La standardisation des dossiers médicaux pour servir la télémédecine, n’est-elle pas une standardisation des malades?
HERVIER C., GAILLARD M., BONTEMPS A.-F. L’accès aux soins à l’aide de la télémédecine : enjeux éthiques.

Première photo au rayon X

Première photo au rayon X

De la piqure à la carte

Avec le Dossier Médical Personnal (DMP), la parole devient même complètement inutile : l’ensemble du parcours médical (antécédents, images médicales, comptes-rendus diagnostics ou thérapeutiques) est numérisé au sein de la puce, lue par le terminal du médecin ou du pharmacien. Le patient n’a plus à se présenter : la parole est niée.

La consultation d’un dossier est plus rapide et plus commode qu’un interrogatoire ? Oui, mais l’interrogatoire, déjà réduit en médecine générale, va donc tendre à disparaitre ? Et quand, par hasard, une discordance apparaitra entre le discours du patient à son médecin, et l’écrit du DMP, que croire ? L’écrit ayant toujours plus de valeur juridique que l’oral, les paroles d’un patient sont-elles condamnées à n’avoir plus de sens ?
Pierre-Charles Cristofari, psychiatre, membre du SNPP.

Sans rentrer dans le débat du fichage et de l’interconnexion des bases de données, qui fera l’objet d’un autre dossier, le DMP présente indéniablement des avantages en terme de diagnostic médical (dans les cas d’urgence, pour éviter les contre-indications médicamenteuses, par exemple). Mais l’éviction de la parole du patient oblige ce dernier à se tourner vers d’autres oreilles.

Automédication online

Doctissimo est le forum le plus consulté en France (cartographie et statistiques d’audience) : à peu près toutes les maladies y sont répertoriées, au point d’en devenir hypocondriaque. Ces forums permettent l’épanchement de toute la subjectivité des internautes, et des informations très intimes s’échangent. Hubert Guillaud avait rédigé un article pour InternetActu sur la documentation de soi. Il y listait notamment des services web assistant l’internaute dans son suivi sanitaire et médical (self tracking).

  • 23andMe propose de séquencer votre génome (société de l’épouse de Larry Page, co-fondateur de Google)
  • MyMonthlyCircles permet de suivre les cycles menstruels.
  • PatientsLikeMe est un réseau social pour malades.
  • BedPost permet même de recenser son activité sexuelle, summum de l’intime.

Ainsi, l’internaute a à sa disposition quantité de sites, et par là d’individus connectés, à destination desquels il peut dévoiler les troubles physiques (et parfois psychiques) dont il souffre (ou croit souffrir). L’individu, privé de parole, a été expulsé du cabinet médical par la technologie, et c’est cette dernière qui lui permet de reconnecter une subjectivité, cette fois dans un (hyper) texte, en la partageant non plus avec des experts habilités et légitimes, mais avec des internautes dont on ne sait finalement rien.

De l’art ou du cochon ?

Dernier aspect qui mérite d’être présenté, le spectacle de la médecine est également mis en scène à travers les arts et la télévision.

  • L’iconographie du corps médical est considérée comme une forme d’art de par l’objet représenté et par le procès pictural adopté (voir les travaux de Rodolphe van Gombergh ou la plastination de Gunther van Hagens). Cependant, ces expositions défraient régulièrement la chronique. Dernière en date, l’exposition Our Body vient d’ailleurs d’être interdite par la justice française pour atteinte à la dignité humaine.
  • On pensera aussi au body art dans le sens d’art corporel, où le corps devient medium, objet que la démarche plastique transforme, souvent dans un process radical (voir le site d’Orlan).
  • L’expression la plus populaire réside peut-être dans les séries télévisées hospitalières (Urgences, Grey’s Anatomy, Dr. House, Nip/Tuck), qui joue sur l’ambiguïté entre objectivation du patient et subjectivation du héros/téléspectateur. Quelle empathie ce dernier peut-il se permettre à propos du premier ? Jusqu’où sommes-nous capable de supporter la douleur -feinte- d’autrui ? Est-ce bien justement parce que la technique l’a distancié que nous sommes incapable de la supporter aujourd’hui ? Ou bien est-ce que parce que nous ne la supportions pas que la technique l’a éloigné de nous ?
  • On s’interrogera de même sur le degré zéro de la subtilité dans le rapport au corps avec tout le cinéma d’horreur, le gore (Hannibal, Chainsaw Murder) ; tendance qu’on retrouve aussi dans le cinéma d’action/émotion (thriller) et également un certain cinéma-vérité (Il faut sauver le soldat Ryan). Les cinéphiles complèteront…
Silence, on tourne !

Silence, on tourne !

A travers tout un appareillage électronique et numérique, le corps est considéré non plus comme le siège de l’esprit (voir aussi la perte de la valeur esprit, chez Stiegler) mais comme un objet et comme une donnée : la première considération entraine la réduction de la subjectivité dans la médiation (médicale, discursive, artistique) ; la seconde entraine la standardisation de l’individu, quantifié par des mesures, décrypté par des algorithmes, inscrit dans des registres.

Compléments d’information

J’ai listé ici une bibliographie (en construction) sur cette numérisation du corps, on pourra notamment y retrouver les travaux de ma directrice de thèse. Je signale aussi le blog du corps, ‘actualité de la recherche SHS sur le corps’.

1 semestre = 1 bilan

Posted in vie du site on juin 6th, 2009 by Julien PIERRE – 12 Comments

Bon, OK, j’ai trois mois de retard. En fait, j’attendais bêtement un certain document pour écrire ce billet : le document étant en retard, le billet s’est vu décalé petit à petit.

Qu’est-ce qui a causé ce retard ? Ma carte d’étudiant : auparavant, je n’étais pas officiellement inscrit en thèse de doctorat, même si j’avais commencé à travailler en ce sens avec ma directrice de thèse, Fabienne Martin-Juchat. Donc maintenant, je suis membre du GRESEC, avec tout ce que ça implique : la filiation à un courant de recherche (l’usage prime sur le déterminisme), la collaboration avec une équipe, une rigueur de travail, et l’accès aux ressources et événements (centre de doc, bureau, connection, séminaires, réseaux).

Je suis d’ailleurs convoqué à une journée doctorale sous peu, avec comme objectif de présenter l’avancée de mes travaux. Je remets donc ici le bilan commandé.

Sujet : pratiques, usages et enjeux sociopolitiques de l’identité numérique.

Résumé

  • « L’identité numérique » est un terme issu de la vulgate, à définir au regard des SIC.
  • Il s’agit plus précisément d’étudier le traitement de l’identité et des données personnelles par les dispositifs électroniques et numériques (vidéo surveillance, biométrie, géolocalisation, inscription dans des bases de données mais aussi traces et présences sur le web, stratégies de contenus et de réseaux, distinguer en quoi l’identité est définie par l’individu ou la technique)
  • Quels sont les enjeux sociopolitiques de la technicisation – ou numérisation – de l’identité ?
  • Il faut alors prendre en considération les logiques de tous les acteurs : État (logique de registre + prétexte sécuritaire, rationnalisation / standardisation des données personnelles), constructeurs et fournisseurs (logique de marché, stratégie de diffusion/adoption des innovations, action de lobbying, cf. GIXEL), internautes et citoyens (logique autobiographique, stratégie de faces, de présence, pression sociale), associations de surveillance et de préservation des libertés fondamentales (CNIL, LDH).
  • Ainsi, plusieurs modèles de société semblent apparaitre : système de contrôle social et de surveillance globale, société panoptique (BENTHAM ; cf. BigBrother), marchandisation des données personnelles, hyper-narcissisme et marketing de soi (personal branding ; évaluation et publication de la réputation) contre néo-luddisme ou culture de hackers (évitement), anonymat, P2P, philosophie du libre (STALMAN, LESSIG), culture informationnelle (sociabilité numérique ; BOYD, DONATH, TURKLE), management des organisations (participatif/collaboratif, adhocratie de Mintzberg), constitution d’un habeas corpus du numérique, etc..

Ancrage théorique

  • Goffman et sémiopragmatique, microsociologie
  • sociologie des usages (MIEGE, JOUET, PERRIAULT, PROULX)
  • privacy studies (MERZEAU, CARDON en France) ou surveillance studies (MATTELART)
  • fondamentaux des SIC : WIENER et la cybernétique, WATZLAWICK, BOURDIEU, performatif d’AUSTIN, médiologie, HABERMAS, McLUHAN, constructivisme, systémique, WOLTON, BRETON, CASTELLS
  • apports extérieurs (LIPOVETSKY, LEVY, FOUCAULT)

Avancement

Difficultés

  • Activité professionnelle parallèle (enseignement technique supérieur)
  • 10 ans loin des SIC, bagage théorique et terminologie à se réapproprier
  • Domaines d’application et champs théoriques très vastes : besoin d’élaguer le sujet/terrain (jeux vidéo, communautés en ligne, réseaux sociaux, usages des données personnelles chez les adolescents, les salariés d’entreprise, usages du mobile associé à la géolocalisation, zones de vidéosurveillance, etc..) = observation +/- participante, ethnométhodologie, analyse sémantique
  • méthodologie/terrain : prématuré, pas de visibilité sur le financement, ni sur la réduction du sujet.

Dans l’immédiat

  • Lecture de Goffman, Surveiller et punir de Foucault, La globalisation de la surveillance de Mattelart.
  • Liste des dispositifs électroniques et numériques
  • = billets à venir (mode brouillon pour l’instant)

En dehors de la thèse

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