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MATTELART, Armand. La globalisation de la surveillance

Posted in vu sur le web on août 25th, 2009 by Julien PIERRE – 3 Comments

Dans la Globalisation de la surveillance (la découverte, 2008), Armand Mattelart revient sur les évènements et les concepts qui ont forgés, depuis les Lumières, la société de surveillance dans laquelle nous évoluons aujourd’hui.

La globalisation de la surveillance

On peut faire remonter l’histoire de la surveillance au début du XVIIIème siècle, avec la prise en compte du danger provoqué par certaines catégories d’individus : on peut reprendre ici les exemples donnés par Vincent Denis dans son ouvrage Une histoire de l’identité, 1715-1815.

  • Les pestiférés : avec la Peste de Marseille apparaissent les premiers migrants contagieux, et afin d’éviter la prolifération de la peste au reste du territoire français, les autorités vont instituer les premiers titres d’identité.
  • Les vagabonds : avec la démobilisation de l’Armée de Louis XIV, qui propulse sur les routes des milliers de mendiants.

Police moderne

Viendront s’ajouter bien évidemment les personnages et populations participant aux multiples révolutions (1789, 1830, 1848, 1870) : la police doit se moderniser et emprunte au paradigme des Lumières la rationalisation1 qu’elle applique à ses techniques d’identification et de contrôle.

  • Invention et diffusion de la dactyloscopie (lecture des empreintes digitales) et de la photographie judiciaire (des détenus), dont les données constitueront les premiers registres d’anthropométrie développés par Alphonse Bertillon.
  • Jérémy Bentham propose dans le Panopticon de réorganiser l’univers carcéral, en augmentant l’efficacité des gardiens qui d’un endroit unique pourront voir l’ensemble des cellules (vision panoptique)2.

Mais à cette modernisation des moyens d’identification à des fins sécuritaires se joint une autre forme de contrôle, qui vise aussi une meilleure productivité : l’industrie adopte l’Organisation Scientifique du Travail (OST) de Taylor, puis de Ford. La division du travail passe d’abord par l’observation (scientifique) de l’ouvrier, puis par le contrôle de son application des étapes du process.

Ainsi, il a d’abord été construit un concept de l’individu dangereux (le sauvage, l’aliéné, le délinquant), duquel il fallait se prémunir3. Cette logique assurantielle qui cherche à anticiper le risque a glissé vers l’industrie et le travailleur, et afin d’éviter les erreurs humaines a été développé la logique algorithmique (procédures dans le travail, interopérabilité des acteurs).

Guerre psychologique

Au XXème siècle, ses deux logiques vont perdurer : l’individu dangereux est l’insurgé (anti-colonialiste au début, puis terroriste aujourd’hui), et le travailleur est soumis aux règles du management.

  • A la 2ème guerre mondiale vont succéder de nombreux conflits localisés pour l’indépendance et la décolonisation. Les États colonisateurs vont mettre en place un système contre-insurrectionnel :
    • Réapparition des SAS en Malaisie, qui donneront naissance à toutes les troupes d’élite de par le monde (SWAT, GIGN, Spetnatz, etc..)
    • Doctrine de guerre urbaine inspirée de la Bataille d’Alger, notamment dans la manipulation psychologique et l’application de la torture, qu’on retrouve aujourd’hui à Guantanamo, Abou Ghraïb et dans les affaires d’extraordinary rendition, ou encore dans l’apologie qui en est faite dans la série 24.
    • Cloisonnement des zones sûres, ou à sécurisées, par la construction de murs équipés d’appareils de surveillance et de défense électroniques : projet du MacNamara Wall au Viet-Nam, clôture de la frontière US-Mexique (Gatekeeper), barrière de séparation israélienne, barrières de Ceuta et Mellila, sans parler du Mur de Berlin, de celui de la zone démilitarisée en Corée ; cloisonnement aussi par la construction de villages-enclaves sur le modèle panoptique : au XIXème, concentration camp en Afrique du Sud, à Cuba (alors sous domination espagnole), New Villages construit par les Anglais pour relocaliser 400.000 Malaisiens, 2 millions d’Algériens déplacés dans des postes-villages, strategic hamlets (hameaux stratégiques) au VietNam, etc..
    • La diffusion de ces doctrines et des dispositifs est rendu possible par un réseau de coopération internationale initié par les USA, principalement à travers les International Law Enforcement Academy (ILEA, situées au Botswana, à Budapest, à Bangkok, à Roswell et au Salvador), et qui sera particulièrement actif en Amérique du Sud (Chili : Allende>Pinochet ; Brésil, Argentine, Colombie)
  • La menace terroriste va migrer, d’une part articulée autour du conflit israélo-palestinien puis du Moyen-Orient (Hezbollah, Al-Qaeda, attentats de Munich ; 11-septembre, attentats de Londres et Madrid) ; d’autre part, au sein même de l’Occident avec l’IRA, les Brigades rouges, la RAF, ETA. La réponse à cette surenchère terroriste va être hautement techniciste :
    • Amélioration des dispositifs électroniques d’espionnage (Echelon)
    • Arsenal juridique : USA Patriot Act et 3ème pilier de l’UE (Schengen, Prüm)

Libéral ≠ Liberté

Ainsi, le capitalisme4 qui repose (entre autres) sur la liberté de circulation est biaisé par le principe d’exception qui devient la norme dans les démocraties contemporaines : on va postuler non pas que le voyageur est innocent, que les marchandises sont sans danger mais au contraire on va multiplier les identifiants et les contrôles afin de se prémunir du risque d’une attaque terroriste. Le risque devient la norme : « La France a peur ! »

Dans l’entreprise, désormais globale, connectée, actrice du néo-libéralisme, l’employé subit aussi ce principe d’exception. Il peut causer un risque et partant de là, il doit être contrôlé5 : à son embauche, à son entrée dans le territoire, à son accès au réseau et aux ressources, etc.. C’est donc sans surprise que le modèle symptomatique présenté par Mattelart n’est autre que la société IBM (International Business Machine), dont les ordinateurs équipent le Department of Defense, dont les cadres sont formés à l’ILEA ou dans d’autres War College, et grâce auxquels (ordinateurs et cadres) on peut démarrer le fichage des clients et des salariés dans toutes les entreprises équipées par IBM. Ce modèle6 se retrouvera par la suite chez Microsoft par exemple, ou plus récemment chez Google : chez le premier, il faudra identifier l’ennemi du marché (celui qui n’achète pas, ou qui ne dispose pas d’une licence) alors que le second identifiera l’ami du marché (celui qui consomme). Les données personnelles deviennent le crédo de la mercatique 7.

La vision binaire ennemi/ami se complète aussi par une autre vision idéalisée de l’individu : la démocratie libérale, explique Zbigniew Brzezinski, « exige une certaine mesure d’apathie et de non-participation de la part de certains groupes ou individus »8. En fait, pour tous, l’identification va être obligatoire et globale : standardisation de la biométrie sur les titres d’identité (Système d’Information des Visas, SIV), multiplication des fichiers et enregistrements, prolongation de leur durée de conservation, nécessité d’une identification même dans des transactions d’ordre privée (opérateurs de télécommunication, compagnies aériennes, sociétés bancaires).

La raison numérique

La loi qui est à l’œuvre derrière cette globalisation de la surveillance est celle de l’effet de masse :

  • les masses se révoltent au XVIIIème et donnent naissance à la démocratie moderne ; mais aussi à la sociologie (ou Psychologie des foules, pour reprendre le titre d’un ouvrage de Gustave Le Bon).
  • L’industrie se développe au XIXème, créant du même coup un prolétariat, et la croyance en un behaviorisme social.
  • Cette foule, cette masse devient public et audience : les mass-media apparaissent alors au XXème. Cela va engendrer la propagande (aux US, on parle de management gouvernemental de l’opinion), puis le marketing. C’est la Big Society dont parle Laswell : « S’il veut se libérer de ses chaines d’acier, l’individu doit accepter ses chaines d’argent »9
  • La fin du XXème est marquée par Internet : il semble qu’aujourd’hui, en ce début de XXIème, l’individu cherche à se distinguer dans cette masse, mais il n’en reste pas moins que les acteurs majeurs du Web ont émergé grâce à leur maîtrise de l’information (moteurs de recherche, réseaux sociaux, traçabilité de la navigation et des habitudes d’achat). La surveillance est donc toujours active et participe de ce système global dont parle Armand Mattelart, en tension entre liberté et sécurité.

Il ressort de ce livre les conséquences que la démocratie libérale a eu dans son rapport à l’individu : l’exception que pouvait être l’aliéné est devenue la norme virtuelle, et les gouvernants sur ce postulat (et les lois de la Science et l’Économie, c-a-d de la Raison) ont non seulement mis en place tout un dispositif de surveillance des citoyens, mais ont de l’individu une conception déshumanisée.

Those Who Would Sacrifice Liberty for Security Deserve Neither
citation à auteur flottant : Richard Jackson ? Benjamin Franklin ?

Dans l’esprit de la citation, on pourra s’intéresser aussi à l’interview qu’Armand Mattelart a accordé à la revue en ligne Article11 : La résistance est le devoir de tout citoyen.

  1. La rationalisation, d’après Norbert Elias, « n’est qu’un des aspects d’une transformation englobant toute l’économie psychique de l’homme, le contrôle des pulsions non moins que le contrôle du Moi et du Surmoi ». La civilisation des mœurs
  2. On complètera plus tard ces notions à la lecture de Surveiller et punir, de Michel Foucault
  3. Le seul moyen de délivrer l’homme du crime, c’est de le délivrer de la liberté, Armand Mattelart, La globalisation de la surveillance, p. 52
  4. « Le fascisme est une phase historique dans laquelle est entré le capitalisme. (…) le fascisme ne peut être combattu que comme la forme la plus éhontée, la plus impudente, la plus oppressive, la plus menteuse du capitalisme ». Bertold Brecht, Art et politique, 1970. Cité par Mattellart, p. 94
  5. cf. Milton Friedman
  6. La logique managériale s’est aussi diffusée dans l’organisation militaire (nombre de cadres de chez Ford vont enseigner à la Rand Corporation, think tank civil qui alimente la doctrine militaire US).
  7. « Les trois questions les plus angoissantes sont celles du glissement du contrôle de l’identité à celui des conduites, celle de l’interconnexion des données et leur obtention à l’insu des personnes concernées ». Avis n°98 du Comité Consultatif National d’Ethique. 26/04/2007
  8. Introductory note, in CROZIER et al., The crisis of democracy. New York University Press. 1975. Cité par Mattelart
  9. Propaganda technique in the World War, 1927

Résumé du séminaire PROTEUS

Posted in compte-rendu on juillet 13th, 2009 by Julien PIERRE – 2 Comments

Après le compte-rendu, le résumé du séminaire PROTEUS.

Carte mentale du séminaire PROTEUS

Carte mentale du séminaire PROTEUS

L’identité numérique est un récit, dont les briques sont fournies par l’individu-internaute et sont assemblées par le récepteur-lecteur (aussi internaute). On peut s’interroger sur la volonté de l’émetteur d’être producteur-narrateur de ce récit.Autant dans le web 2.0, l’internaute remplissait une plateforme vide, l’alimentait avec son contenu  (YouTube), autant le web 3 (sémantique) ne fera que structurer un contenu préexistant (provenant du web 2).

Il faut donc signaler que le récit est aussi déterminé par l’éditeur (du jeu ou de l’interface) et la norme technique des dispositifs (code -encodage, pseudonymat, a-synchronisme des conversations pseudo-oralisées et socio-hermétiques, culture de l’image et procès cognitif sensori-moteur).

L’identité numérique est tendue entre l’oubli et la mémoire, entre la recherche et l’exhibition de soi. L’internaute expérimente de nouvelles interactions individuelles (liens faibles de GRANOVETTER, distance, politesse, dématérialisation). Se mettent alors en place des stratégies relationnelles basées sur la calculabilité de l’affect et de la réputation. [Voir l'identité selon Paul RICOEUR ; voir aussi Norbert ELIAS].

Parallèlement s’organise une nouvelle forme de surveillance, transversale et mutuelle où disparaît la culpabilité au profit de la honte (il y a signalement de la faute sans application de la peine. Exemple donné : sur WoW, un joueur qui arrive en retard à un rendez-vous est hué par les membres du clan mais sans être exclu de la bataille qui va suivre). Sans punition, l’internaute est enclin à prendre plus de risque. Cependant, l’action rendue publique (en ligne) peut être observée par des tiers non anticipés (cf. Kevin le banquier).

La diffusion de ces données publiques peut faire fantasmer le secteur marketing (mais cela reste à prouver. Dans des discussions hors-cadre, plusieurs intervenants se sont interrogés sur l’efficacité commerciale du profilage des internautes, le marketing préférant la tactique du push-mailing).

La prospective est donc peu aisée, d’autant que les définitions de la ‘privacy‘ sont floues : qu’est-ce qui est privé ? En droit, en Europe, aux USA, etc… Il est donc nécessaire d’établir un habeas corpus de l’identité numérique. [lire Liberté, Egalité, Fraternité à l'ère du numérique, de Michel ARNAUD]

Une certitude cependant : l’apprentissage du numérique se fait sur le mode essai/erreur, qui donner l’illusion d’une virtuosité chez les adolescent. Mais l’acquisition de ces compétences se fait dans la souffrance, sans recul : usurpation d’identité, intimidation des pairs, pédopornographie, etc..

En ce qui concerne les échanges de l’après-midi, je retiendrai l’articulation autour des artefacts incorporant les titres d’identité : approche historique autour de la carte d’identité (DENIS, Vincent. Histoire de l’identité. 1715-1815. Editions Champ Vallon) et des puces RFID (ALBERGANTI, Michel. Sous l’oeil des puces. La RFID et la démocratie. Actes Sud).

  1. L’identité ne se prouve qu’avec un objet que l’on porte.
  2. L’identification est soumise à des cycles contextuels : c’est à cause d’épidémies (Peste de Marseille) et de mouvements de populations (Révolution française) que les dispositifs d’identification de la population ont connu une accélaration. Accélération que l’on retrouve aujourd’hui (voir aussi MATTELART, Armand. La globalisation de la surveillance. La découverte).

Compte-rendu du séminaire PROTEUS

Posted in compte-rendu on juillet 8th, 2009 by Julien PIERRE – 6 Comments
  • Mercredi 24 Juin 2009 – auditions Proteus
  • rue Damesme dans le 7è, Paris
  • Louise Merzeau (LM), Serge Tisseron (ST), Dominique Cardon (DC), Milad Doueihi (MD), Jacques Perriault (JP)
  • Pierre Piazza, Michel Alberganti
  • et plein d’autres (dont Gustavo, rencontré précédemment…)
  • (commentaire personnel)

Journée très agréable en ‘petit comité’. Un regret : pas de présentation des individus présents autour de la table (un comble !), et donc difficulté d’identifier ceux qui ont pris la parole ; et difficulté de se présenter quand on n’est pas ‘introduit’. Mais journée extrêmement riche en concepts, pistes et supports de réflexion.

Résumé

  • L’individu ne construit pas un récit : c’est le récepteur qui le produit.
  • acquisition des normes : nouvel apprentissage mais dangerosité du web
  • articulation (non formulée, et non idéalisée) autour de l’adhocratie (les clans dans WoW) et du P2P (rôle des pairs, surveillance transversale).

Compte-rendu

Exposition sur les SNS = représentation, visibilité, relation & traçabilité de l’identité (autogestion de son identité)

4 désirs, Serge Tisseron

  • Se raconter pour exister = « réseau coyote », psycho = compagnon imaginaire -> compagnon virtuel
  • Vouloir ne pas être oublié
  • Se cacher (intime) / se montrer (extime) = construction de l’estime de soi (fake) (cf. clair/obscur de Cardon)
  • Maitriser la distance relationnelle : nouvelle politesse : illusion de régler la distance
  • Immédiateté, pseudo oralité des SMS
  • Intimité associée à des espaces psychiques
  • Nlle économie de l’estime de soi
  • Nx esp de créativité
  • Espace de mémoire

Identité multiple ?

  • (effacement des caractéristiques  psychiques)
  • Il vaut mieux se faire remarquer que se faire aimer (google)
  • Prouver et se prouver
  • Rôle des pairs, effacement de la culpabilité : faire honte au lieu de culpabiliser (pas de sanction)
  • Culture de l’image (pensée par image, sensori-motrice, Cf. PIAGET)
  • Méthode d’apprentissage = par Essai/erreur
  • Surveillance de sujet/sujet, surveillance mutuelle (cf. Le meilleur des mondes)
  • Avatar, revue ‘adolescence’ : qu’est-ce qu’on cache, qu’est-ce qu’on montre  avec un avatar ?

LM = apprentissage des dispositifs ? formatage psychique

  • = apprentissage essai/erreur (cf. logique de drague), simuler la parité (être une fê sur un forum de séduction, découvrir, et revenir en hô, cf. Dominique Pasquier). Prise de risque car pas de culpabilité
  • WoW : meilleur espace de narration (car alternance du faire et du dire). Logique de relation > logique de jeu. Possibilité de rencontre IRL qui n’existe pas sur IRL

Dominique Cardon

  • Privacy : qui surveille ? (institutionnel + interpersonnel)
  • Dépasser la représentation, car Internet est basé sur le pseudonymat, et dc entrelacé à la vie réelle
  • WoW = autre univers de pratiques (! = univers scénarisé par l’éditeur prescripteur)

1.       Sociogeek = tendance à l’exposition finalement modérée. Présence n’est pas égale à exposition. Mais si stratégie de rencontre = alors besoin de visibilité.

A-traditionnel,  Quand on a séparé la chambre du salon, le salon est devenu un espace semi-public, avec les photos famille/vacances. Ce qu’on retrouve sur les SNS.

B-Corps amoureux, dénaturé.

C-théâtralisation, ‘exhib’, exagération, cool, avec les amis.

D-la provoc’ & le trash. E-le pudique (19%). Exposition non incontrôlée, ≠ paternalisme. Pas de naïveté des usagers, « on contrôle le décontrôle« . Réflexivité, en distance de soi.

2.       Débat sur la privacy = euphorie sur le potentiel marketing ou politique. Fermeture croissante des pages : embarras familial, amical, juridique, relationnel, etc.. (ils m’ont pas invité). = publication avec constitution (adhocratique) a posteriori (les repas d’avion sur Flickr). Un contenu qui provoque la constitution d’une communauté. Pas de visée communicationnelle des skybloggers (clair/obscur) = porosité du graphe social. S’accrocher à un contenu culturel

3.       Granovetter, liens faibles. Fréquence et intensité des liens affectifs (-> nb de dunbar). Périphérie = périmètre du web 2.0 (lee byron, tom lento, cameron marlow, itamar rosenn, facebook data).

= narration de soi. Quel récit réussit ? private joke, statut contexte-dépendant + nébuleuse relationnelle. Paradoxe du clair/obscur = sa porosité. Définition juridique = soit public, soit privé. Entre-deux conversationnel qu’on ne veut pas fermer, une sorte de fête ouverte à tout le monde mais où les participants sont -pas toujours- ratifiés. Cf. les recruteurs, kevin le banquier, le policier qui flique sur facebook le copain de celui urine sur un buisson

  • Danger du web sémantique !

ST = nécessité de la culture informationnelle et de l’apprentissage à l’identité numérique

  • Le récit participe-t-il d’une identité narrative ?
  • Hétéro-déterminisme de l’école de francfort

JP = digital natives (prensky). Barbier-Bouvet, statue du commandeur, chœur antique des manipulateurs à beaubourg. Théorie du sujet.

LM = immersion constante, sans recul.

  • Eviter la casse de l’apprentissage qui provoque la virtuosité des ados dans la relation sociale en ligne.
  • Nécessité d’une digital literacy, idéologie du libre = idéologie de l’apprentissage (cf. contrat social des développeurs de Debian)
  • Effet de récit dans la réception, mais pas dans la production
  • Voir twitter au brésil

Milad

  • Il n’y a pas de loi sur la privacy (tradition) : état plastique de la privacy = chez soi. Urbanisme virtuel. Identité polyphonique = anthologique, ontologique (philo & sémantique). SSO -> agrégat
  • Amitié = rôle de l’image, cartographie virtuelle de l’idnum ; rôle de calcul (bacon, cioran), stratégie de sociabilité numérique
  • Image = icône, portrait, embleme, économie de l’imag. Credo -> fides. Reputation framework
  • Autres mondes virtuels = myminilife ≠ SL
  • Construction des comparables dans la constitution de l’identité = territorial/généalogique Auj’hui = agrégat de l’historique, comparé au réseau intime = spécificité + lisibilité
  • Sortir du web social -> ontologie web sémantique, web 3.0, web d’un savoir structuré (wolfram alpha, google sware)
  • Visualisation : index -> sources ouvertes. Web2 = plateformes vides (contraintes ou opportunités) = l’utilisateur fournit le contenu. W3 = le contenu existe déjà
  • Réputation essentielle = fiabilité des données ; complexification du code -> tendance normative (gouvernement/contestation) = agrégat de format (microformats) = nlle juridiction, nlle pratique
  • Sf  = choix entre l’intelligent et le vivant (autonomie ou contrôle de l’avatar).

LM = zone conversationnelle en décomposition / inédit de la recomposition. Prospective impossible.

  • Cryptage (microblogging)
  • Faut-il insister sur la radicalité de la nouveauté ?

DC = Goffman = universalité du calcul relationnel (nous étions plus fragmenté il y a 100 ans). Pression normative de la transparence

  • Le numérique apporte une nouvelle matérialité : index = lieu d’oubli au lieu de la mémoire

JP = accepte-t-on l’hypothèse de l’interaction technique/société ? Le codage n’était pas présent il y a 50 ans. Question épistémologique du contrat proteus

  • Elias et le calculabilité

ST = Identité multiple ≠ pathologie, personnalité multiple

  • Les identités permettent de cerner LA personnalité
  • Idnum liée à l’interface = interface ≠ -> idnum ≠
  • Facilité de l’usurpation numérique
  • Nouveauté = régime de croyance. Je crois -ou non- à l’authenticité de l’identité d’autrui
  • Avatar ou robot = le répondeur téléphonique ?
  • Auj’hui = hyperidentité : j’ai la possibilité de mieux me connaitre, et dc pression normative
  • La certification par les pairs ≠ usurpation

ST : « Web = accélérateur de particularités »

JP = La question va devenir politque. Qui est le sujet ?

ST = viol virtuel sur SL. L’avatar visuel a un écho sensori-moteur

  • Numérique = dématérialisation ? ricoeur et l’identité
  • Binaire = espace sans valeur. Le oui équivaut au non.

JP = peut-on se passer de la notion de l’id.num. ? saut  conceptuel : à faire ou non ?

  • Il n’y a pas de modèle politique pour définir l’id.num. (cf. droits de l’homme et du citoyen)
  • Liberté, égalité, fraternité à l’heure du numérique, Michel Arnaud
  • La réalité économique et politique empêche la dissociation des identités numériques

Après-midi

  • Identification, authentification, traçabilité
  • Projet PERICLES = rapprocheur de fichiers gendarmerie+police+données ouvertes (stic+admin+internet) = profilage

Histoire

Identifier les pestiférés (bullette de santé), traçabilité des marchandises et des navires

  • Traçabilité des mouvements = normalisation de l’identité personnelle -> registre paroissial, police de la cité (repris de justice, soldat, commerces ambulants, migrants, ts ceux qui pénètrent les portes de la ville). Identifier par l’écrit/enregistrement : ceux qui hébergent. Port de document (papier, badge, plaque). Registre + certificat
  • Centralisation des données
  • Agents spécialisés
  • Réduction des formats papier, carte rigide, livret, numérotation (relation identifiant-individu)
  • Passeport obligatoire pour tte la population /s Nier = instrument de surveillance. Maires + fonctionnaires de police
  • Procédé lent : mouvement des populations, tps de contrôle des individus
  • MAIS changement de paradigme : réseaux = chemins de fer + télégraphe -> anthropométrie.
  • Nouvel âge de surveillance ? ré actualisation du débat du XVIIIe = nlle accélération
  • Cartes privées puis officialisées par un juge
  • Cartes dans des cadres privées (francs-maçons)

  • RFID = identification par radiofréquence, cf. pass navigo + passeports biométriques + péages automatiques, arbres et livres parisiens, animaux domestiques et d’élevage (voir aussi antivol magasin avec 1 info), surveillance des enfants, bracelets des nouveaux-nés
  • Conservation du flux du passager = 48h, cette traçabilité n’est pas le fait d’une organisation publique
  • Remplacement du code-barre : 1 objet = 1 identifiant (besoin  issu de la logistique)
  • Extension du domaine de la logistique -> supermarché : gestion des rayons, gestion du passage en caisse -> quid de la puce à la sortie du magasin ? Puce sur vêtement, dans le frigo, etc..
  • Consultation commission européenne = désactivation de la puce à la sortie ; sauf opt-in du consommateur (il demande à ne pas désactiver)
  • L’individu ne peut pas lire la puce aujourd’hui
  • Le contenu de la puce peut être modifiée a posteriori = cycle de vie du produit
  • Faible portée du lecteur aujourd’hui (quelle distance de lecture ?)
  • RFID = cookie délivré par le supermarché = profilage commercial et publicitaire = small brother
  • RFID = preuve du comportement IRL (utopie gestionnaire)
  • Logistique -> distribution -> consommation et usage.
  • Aucune transparence dans les projets et fonctionnements institutionnels impliquant la CNIL.
  • Permis + aux USA : RFID dans le permis pour suivre les migrations à la frontière US/Canada
  • Il n’y a pas de contrepouvoir sécuritaire (heureusement que la démocratie n’a été pas construite sur ce principe : si l’on a rien à se reprocher, on n’a rien à craindre).
  • Quand on veut surveiller, il n’y a pas de limite

Paradigme de l’identité réduite à ce que porte l’individu et non à ce qu’il est

  • P1 : il existe des contrepouvoirs : judiciaire.
  • Procédure pénale : témoignages + éléments factuels (preuve scientifiques) + traces numériques. Supériorité de la preuve scientifique ou numérique au témoignage. Quelle connaissance en a le juge ? Quel impact dans l’usage des policiers ?
  • Généralisation des procédés technologiques à toutes les activités et tous les acteurs : prélèvement ADN (FNAEG). On ne peut plus échapper à la technologie.
  • PN > DSP + DCI + DPJ + Préfecture de Police > 36, quai des orfèvres > Brigades centrales > Sous-direction financière > Répression de la délinquance des NTIC (29 personnes, + 2 groupes d’enquêtes délégués, 1 groupe d’initiative, + 1 de récupération des données = 7 personnes pour 10 millions d’habitants)
  • Criminalité infformatique (attaque des réseaux) + cyberdélinquance (délinquance sur le net). Plusieurs services dédiés à l’identification de la personne : identité = nom associé à celui qui commet la faute. Identification = ensemble des procédés pour obtenir l’identité. Identification de l’identité numérique = très difficile.
  • Il n’y a pas d’AOC sur l’identité : je peux prendre un pseudo tant que je ne cause pas de tort au titulaire légitime de l’identité.
  • Stratégie d’évitement des criminels.
  • Profilage grâce au ’sens policier’.
  • Moultes anecdotes croustillantes

  • P2 = centralisation des enquêtes sur les contenus (site néonazi et +ieurs enquêtes en cours), en partenariat avec les acteurs du web (MySpace, etc..) qui identifie le site frauduleux. Repositionnement sur compétence territoriale. 1000 signalements par semaine. Quel stockage pour ces signalements ?
  • Travail d’enquête sur l’affirmation (anonyme) : passage de la donnée impersonnelle à la donnée personnelle (code des telecoms). Adresse IP ? donnée identificatrice. IPv6 ?
  • Internet = ouverture d’un nouveau volume de criminalité, moyens d’investigations différents à étayer avec des moyens traditionnels.
  • Proxy, TOR, etc.. = nécessité d’en retourner aux moyens traditionnels.
  • Le policier a droit de prendre un pseudo pour son enquête = uniforme/civil
  • Police prédictive ? contraire au droit français positif qui repose sur le fait/la preuve.
  • Réserves du conseil constit. Sur hadopi = individualité de la peine / renversement de la charge de la preuve
  • Police administrative = prévention
  • Curseur à positionner entre liberté individuelle et bien collectif
  • Quel stockage pour l’identité ? STIC > ARDOISE, alimentation en tps réel (pb pour les policiers qui vont être fliqués)